La première consultation gynécologique

Quand doit avoir lieu la première consultation gynécologique ?

Lorsque la jeune fille en éprouve le besoin. Voilà, la réponse est toute simple.

Il n’est pas question de pratiquer un examen intrusif chez une jeune fille qui passe une puberté sans aucun problème. La puberté et la post puberté (les deux années qui suivent l’âge des premières règles) ne sont pas des maladies.

Bien sûr, il existe des pathologies qui doivent alerter :

Des troubles des règles : règles trop douloureuses qui font manquer l’école, règles trop abondantes qui anémient, règles trop espacées qui inquiètent.

Des pertes blanches qui démangent, signe de mycose.

Les seins qui se développent trop vite et qui font apparaître des vergetures rouges très faciles à soigner à leur tout début ou des seins qui se développent de façon asymétrique avec, parfois, l’absence totale de développement d’un sein ce qui est handicapant esthétiquement et nécessite une consultation de chirurgie esthétique en vue de la pose d’une prothèse et ce, même à 14 ans.

Mais le plus souvent, la première consultation a pour motif le souhait d’une vie sexuelle et une demande de contraception.

L’âge moyen de mes jeunes patientes est de 15 ans. Je rencontre de très rares jeunes filles de treize ans qui ont besoin d’une contraception et je suis toujours partagée : faut-il déjà donner un traitement hormonal, même léger, à un corps en construction ? Les seins sont très fragiles à cet âge : est-on vraiment sûr de ne pas provoquer un futur cancer du sein par une hormonothérapie donnée de si bonne heure ? Mais, si on préconise l’utilisation du préservatif, ne va-t-on pas revoir dans quelques mois cette toute jeune fille pour une IVG , puisque l’efficacité contraceptive du préservatif est loin d’égaler celle de la pilule ? J’opte, à contre coeur, pour la délivrance d’une pilule très faiblement dosée.

Je parlerai plus longuement dans un prochain billet des solutions contraceptives pour les jeunes filles.

Comment se passe l’examen ? Tout en douceur et en dehors de la présence de la maman, ce qui n’est pas toujours gagné !

En effet, très rares sont les mamans qui restent discrètement dans la salle d’attente en attendant la fin de la visite.

Le plus souvent, les mères accompagnent leur fille dans mon bureau et j’ai le plus grand mal à laisser s’exprimer la fille qui n’ose guère dire quoi que ce soit devant sa mère. Heureusement, la salle d’examen est séparée de mon bureau par une cloison et une porte que l’on peut fermer à clef !

C’est dans cette salle d’examen que j’entends parfois :

« Docteur, je prends déjà la pilule, ma mère ne le sait pas »

« Docteur, j’ai déjà eu des rapports sexuels, ne le dites pas à ma mère surtout !

Ces petites cachotteries sont de bon augure et signifient le plus souvent qu’il existe une autonomie réelle de la jeune fille et non pas un manque de communication. J’encourage toutes mes patientes, les jeunes comme les moins jeunes, à garder un jardin secret et à préserver une part d’intimité. Il n’est pas nécessaire de donner tous les détails de sa vie intime ni à une mère ni à un mari.

Mais, parfois, il ne s’agit pas d’une petite cachotterie mais d’une grossesse que la jeune fille aurait souhaité garder secrète. Malheureusement, dans ce cas,il n’est pas question de garder le secret. De plus en plus de jeunes filles, séduites par des films et téléfilms comme « Juno » et  » Clem », rêvent d’une grossesse à 16 ans aussi faut-il toujours demander la date des dernières règles aux jeunes patientes et ne pas hésiter à utiliser l’appareil d’échographie pour vérifier la vacuité utérine au moindre doute et ce même si la jeune fille est déclarée vierge par sa mère !

Si vous vous demandez pourquoi le taux d’IVG ne baisse pas en France malgré le pass contraception, les infirmières scolaires, le planning familial, la gratuité des visites et des pilules, ne cherchez pas : regardez ces deux films de quasi propagande pour les grossesses des adolescentes !

Pour effectuer l’examen clinique, je demande à la jeune fille de se déshabiller et c’est un moment difficile pour elle que de se montrer nue face à une parfaite inconnue. Il est très naturel d’avoir de la pudeur.  Alors, je procède par étapes  et j’aménage la séance d’examen clinique en fonction de ce que je ressens de la pudeur de la jeune fille. J’essaie, si possible,  de faire un examen complet sans pose de spéculum bien sûr : il s’agit de vérifier que l’hymen est bien perméable, qu’il n’y a pas d’anomalie qui empêcherait la première pénétration. Lorsque je pressens une forte réticence au déshabillage, je n’insiste pas et me contente d’examiner les seins, de noter le poids, la pression artérielle, l’état veineux des membres inférieurs, une acné légère ou importante, un début de cellulite ou déjà un surpoids…et de demander si ma jeune patiente fume !

Je prescris un bilan sanguin pour doser le cholestérol, l’immunité vis à vis de la rubéole. Le test VIH doit être proposé mais jamais imposé sous peine de poursuites judiciaires.

Mais je n’ai pas besoin de ce bilan pour ma prescription : le poids de la jeune fille, son éventuel tabagisme, l’examen corporel, les antécédents familiaux de phlébite, me donnent le nom de la pilule. J’explique la façon de prendre la pilule, je remet un fascicule à ce sujet et  j’indique que le premier mois de prise sera émaillé d’incidents (maux de tête, douleurs de seins, saignements, nausées) qui disparaitront à la seconde plaquette . Mais , surtout, je mets en garde sur la prise de poids : il ne faut pas accepter une augmentation de plus de deux kilos le premier mois, et revenir au plus tôt afin de changer la marque de la pilule si cette prise de poids se produit !

L’ordonnance est délivrée pour un an avec la possibilité de changer ma prescription si le bilan sanguin montre des anomalies.

La maman me presse de

parler du préservatif indispensable malgré la pilule et là je temporise un peu les ardeurs hygiéniste de la maman . Un peu de romantisme dans les premières relation ne nuit pas !

parler des méfaits du tabagisme ce que je fais volontiers….après avoir demandé à la maman si elle fume. Quand la réponse est oui, je lui fais comprendre que mon discours moralisateur n’aura aucune prise sur le tabagisme débutant de la fille puisqu’il existe à la maison un contre modèle. Il est alors préférable que mère et fille consultent ensemble un médecin pour arrêter de fumer. Souvent, je pose la question de l’argent de poche et je m’aperçois avec stupéfaction que la mère qui me sollicite pour faire la leçon à sa fille, achète elle même les cigarettes de sa fille chérie  » Vous comprenez, Docteur, cela lui fait si plaisir !  » J’obtiens le même genre de réponse quand la mère insiste pour que j’établisse un régime à sa fille en surpoids mais ne lui propose jamais de légumes verts … pour lui faire plaisir ! Eduquer un enfant, ce n’est pas passer son temps à lui faire plaisir …C’est à moi de jouer le rôle d’éducatrice et ce pendant une consultation de 15 minutes !

Les consultations se passent sans problème, surtout quand la jeune fille apprend qu’elle ne sera pas examinée de façon intrusive.

Parfois, je suis obligée de faire rentrer la maman dans la salle d’examen parce qu’il existe une relation fusionnelle entre mère et fille. La jeune fille réclame la présence de sa mère avec insistance. Il y a quinze ans, j’ai fait tout un suivi de grossesse chez une patiente mariée qui venait toujours avec sa mère : je n’ai jamais vu le futur papa. Ce n’est qu’à la troisième grossesse, que ma patiente est venue seule.

Je refuse catégoriquement de faire rentrer les pères dans mon bureau :ils restent dans la salle d’attente. Beaucoup de pères ont désormais la garde de leurs enfants et ce sont eux qui sont en charge du suivi gynécologique de leur fille. Certains sont furieux d’être écartés de la consultation et se sentent discriminés mais je reste ferme sur mes positions qu’ils jugent rigides : un père ce n’est pas une mère !

Je refuse la présence du papa poule parce que je considère qu’un père n’a rien à connaître de la vie intime de sa fille : quantité des règles, nombre de rapports sexuels … je me fais presque insulter mais  je tiens bon.

Idem, pour les frères. Un jour, j’ai reçu une jeune patiente accompagnée d’un tout jeune homme. J’ai pensé qu’il s’agissait du fiancé mais quand j’ai su que le motif de la visite était une constatation de virginité, j’ai demandé au jeune homme qui il était. C’était un frère qui venait vérifier la virginité de sa soeur ! Il est reparti vite fait en salle d’attente.

Un motif, hélas ,de plus en plus fréquent de visite gynécologique des jeunes filles est l’obtention d’un certificat de virginité et je parlerai plus longuement de l’hymen et du fameux certificat de virginité dans mon prochain billet.

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18 commentaires sur “La première consultation gynécologique

  1. Bonjour,

    J’ai parcouru avec attention ce billet.
    Je suis encore particulièrement effarée de ma lecture. Je dois certainement vivre dans un siècle différent de celui de certains de vos patients. J’ai 36 ans et beaucoup d’amies proches autour de moi, d’un âge similaire. Nous nous connaissons depuis plus de 20 ans et avons partagé beaucoup de choses sur le mode de la confidence. Je peux ainsi témoigner en leurs noms.

    Je peux vous affirmer que nous sommes toutes très éloignées de ces problématiques de virginité. Aucune de nos familles, amis, petits copains, fiancés ou maris ne se sont heureusement préoccupés de nos hymens. Le premier ou la première qui aurait osé prononcer ce mot devant moi et exiger d’en connaître son état aurait été…défenestré(e).
    Qu’est ce c’est que ce « jeune frère » qui accompagne sa soeur en cabinet de consultation pour ramener à la maison un certificat?

    A vous lire, il semblerait que le « certificat de virginité » soit une demande fréquente et/ou en augmentation. Nous sommes au 21ème siècle et je pensais qu’il s’agissait d’une tradition moyenâgeuse, abolie par le siècle des lumières…

    Je suis maman à présent. Ma fille avance à grand pas vers l’adolescence et je ne me vois pas l’accompagner en consultation gynécologique (du moins jusqu’au cabinet du médecin), même si j’avoue, que j’attendrais anxieusement en salle d’attente si le besoin s’en faisait sentir.

    Est-ce la montée du communautarisme qui induit ce retour en force de l’obsession virginale? Pensez-vous que votre zone géographique soit particulièrement concernée ou est-ce la nation entière qui est en train de faire marche arrière sur les progrès du féminisme et de Mai 68?

    Votre article me fait découvrir tout un pan nouveau de la société française …
    Lilou

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  2. Nous ne faisons jamais d’examen intime au renouvellement d’une pilule donnée pour un soin d’ovaires et pas à titre contraceptif.
    Je suis une patiente depuis 20 ans qui a besoin de la pilule pour effacer ses douleurs de règles mais elle n’a toujours pas eu de rapports sexuels : alors, chaque année, je procède comme pour l’examen initial et ma patiente a maintenant 36 ans.
    Il n’y a aucune raison de pratiquer un examen au speculum chez une femme vierge sans aucun symptôme.

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  3. La première consultation gynécologique est souvent une période stressante pour ces jeunes demoiselles qui doivent passer le cap de l’oscultation intime sans leurs mamans. Ensuite, vient le choix du contraceptif. A mon avis, le meilleur choix devrait se faire en fonction de ce qui leur semblerait juste pratique et sans trop de contraintes (et d’effets secondaires). Sinon, le fait de prendre un contraceptif finira à la longue par faire l’objet de frustration.

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  4. Bonjour,
    Votre blog est FOR – MI – DA -BLE. J’admire le temps que vous passez à répondre aux commentaires. Votre blog est d’utilité publique. Merci pour toutes les femmes qui ont la chance de vous lire.
    Je m’adresse à vous car je suis inquiète pour ma fille aînée qui va avoir 14 ans dans 1 mois. Elle semble très loin d’avoir ses règles: sa poitrine est peu développée (stade S2 d’après mon généraliste), mais surtout elle a AUCUNE pilosité (P1) où que ce soit. Certes elle est très blonde, j’ai cru que cela pouvait être un élément explicatif, mais mon généraliste m’a détrompée.
    Nous avons passé une échographie pelvienne il y a quelques jours: Utérus de 5 cm de longueur, rapport corps/col <1, pas de ligne de vacuité visible. surface ovaire doit: 3,2 cm², volume ovaire droit: 4,3 cm3. Surface ovaire gauche: 3,6 cm²,volume ovaire gauche: 3,2 cm3.Follicules visibles.
    Pas d'anomalie morphologique visible, mais conclusion: Aspect échographique en faveur d'un retard de maturation utérine ("ovaires qui commencent à être bons" d'après l'échographe mais "retard de 2 ans pour l'utérus").
    Ma fille doit également faire un examen sanguin (FSH,prolactine, etc…). Elle mesure 1,57 m. Elle grandit de 4/5 cm par an tous les ans (sauf vers 10 ans où elle a stagné. cassure de courbe, qui s'est rattrapée depuis), donc le pic de croissance n'est pas encore là. Age osseux conforme à l'âge réel.J'ai lu que les retards de puberté étaient souvent physiologiques pour les garçons, pas pour les filles. Je m'inquiète.
    D'après votre expérience, que pensez-vous comme cela des éléments que je viens de vous communiquer? En vous remerciant par avance,
    Lilou, maman inquiète

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    1. lilou je ne peux pas savoir pourquoi votre fille n’a pas de pilosité alors que son âge osseux = son âge légal sans voir les résultats des examens concernant son hypophyse
      les jeunes filles qui présentent des signes d’impubérisme peuvent
      avoir une puberté retardée : 14 ans c’est encore jeune , on s’inquiète à 15 ans
      avoir une insuffisance hypophysaire : auquel cas la puberté ne viendra jamais sans traiter l’hypophyse
      avoir une insuffisance hypothalamique , l’hypothalamus est la glande qui dirige l’hypophyse qui dirige les ovaires
      Déjà on a exclu l’impubérisme par insuffisance des ovaires ( absence d’ovaires du syndrome de Turner)ou par SOPK ( votre fille aurait beaucoup de poils et de l’acné )
      L’endocrinologue saura vous donner la marche à suivre s’il y a un défaut de fonctionnement de l’hypophyse ou de l’hypothalamus

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  5. Bonjour,
    Je suis la lilou qui vous a écrit plus haut (message du 08/02/2015) au sujet de sa fille aînée de presque 14 ans qui présente des signes de retard pubertaire (pour rappel: pas de pilosité, stade mammaire S2, pas de règle, signe retard maturation utérine à l’échographie, ovaires (presque) matures sans kyste).
    J’ai obtenu ses résultats d’hormonologie et je ne comprends pas vraiment la portée de ceux-ci, d’autant que le rendez-vous avec le gynécologue/endocrinologue n’est qu’en Septembre prochain. Si vous pouviez peut-être m’éclairer un petit peu, dans cette attente, ce serait pour ma part, très utile ?
    TSH US: 2,39 mUI/l
    17 BETA OESTRADIOL: 12,15 pg/ml
    LH 3,8 UI/l
    FSH sérique 6,1 UI/l
    Prolactine 7,9 ng/ml
    Androstènedione – Delta 4 RIA 0,90 ng/mL
    DHEA – Déhydroépiandrostérone 3,4 ng/ml
    Que pensez-vous de la tendance évoquée par ces quelques résultats obtenus?
    En vous remerciant par avance,
    Lilou fidèle lectrice de votre blog

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  6. Je vous remercie, je pense que vous avez raison, j’ai compris…

    Je vous ai laissé ce message cette nuit lors d’un petit moment de faiblesse…
    La semaine dernière, dans le cadre de mon travail, en tant que professionnelle, j’ai dû faire un signalement au sujet d’une enfant victime d’inceste. Cela ravive forcément ce que j’ai vécu…

    J’en avais déjà parlé à ma psychologue, mais visiblement, au vu de ma demande, cette question n’est pas réglée… Et en me relisant, je me rends compte aussi que j’ai besoin de l’entendre de la bouche d’un « médecin »… Pourtant profession de mon père, celui qui a abusé de moi…

    Pensant aller mieux psychologiquement, j’imaginais que toute la souffrance physique liée aux règles disparaîtrait aussi. Mais plus le temps passe et plus les symptômes persistent. Symptômes qui n’ont peut-être absolument rien à voir avec ce que j’ai vécu, je ne sais pas. Je pensais que cette auscultation me permettrait une bonne fois pour toute, de comprendre (d’intégrer enfin) que tout va bien pour enfin vivre sereinement…

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  7. Bonjour,
    Je m’appelle Coralie et j’ai 14 ans, j’ai lus votre blog et j’ai une question à vous posez à la qu’elle je n’est pas eu de réponse exacte. J’ai des rapports sexuelle avec mon copain qui a 16 ans et je voudrais prendre la pilule, et je voulais savoir si les gynécologues on le droit de nous prescrire la pilule à moins de 15 ans et sans que les parents le sachent ? Merci d’avance Coralie

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  8. Bonjour,

    j’ai un gros problème mes parents veulent m’emmener chez le gynécologue pour constater si je suis vierge ou pas mais moi je ne lui suis pas aider moi s’il vous plaît je sais pas comment faire pour dire au gynécologue de ne pas leurs dire j’ai peurrr!!!

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    1. lilia vous avez le droit d’exiger d’être seule avec le gynécologue
      ensuite il est INTERDIT de faire un certificat de virginité parce que c’est rompre le secret médical et donc notre serment
      donc seule devant la gynéco vous expliquerez votre peur et elle vous écoutera
      je dis elle car normalement les gens de votre confession ne vont voir que des femmes mais si c’est un homme il vous écoutera aussi
      vous dites haut et fort dans la salle d’attente que vous voulez venir seule , le médecin est obligé d’accepter

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  9. bonjour,
    j’ai 14 ans et je suis toujours vierge cependant l’une de mes levres (de luterus) est viollette et a gonfler jai peur et étant tres pudique cela fais +1ans que j’ai cette anomalie j’aimerai savoir si cela est grave ou je peu me passer daller vout un spécialiste
    je vous remerci davance de me repondre et desoler pour l’ortographe.

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  10. Bonjour,

    Merci d’avoir pris le temps de répondre …
    j’ai une boule au ventre et je suis angoissée par rapport au résultat du bilan hormonal .. que pensez-vous de l’échographie pelvienne ? SVP

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