Ovaires micro kystiques et dyspareunie

 

 

 

Ce billet est consacré à la douleur pelvienne et à la dyspareunie profonde conséquences d’ovaires micropolykystiques. La présence d’une grande quantité de follicules peut rendre l’ovaire excessivement douloureux et spontanément et au toucher vaginal et lors des rapports sexuels.

Pourquoi certaines femmes ont des ovaires micropolykystiques et pas d’autres ? Nous n’en savons rien.

Les ovaires sont censés fabriquer un ou deux ovules à partir d’une quarantaine de follicules qui se mettent à grossir dès la fin des règles sous influence de LH et FSH,  deux  hormones hypophysaires de commande des ovaires. Pour qu’il y ait une ovulation réussie, il faut que la plupart des follicules qui ont démarré leur croissance ce cycle ci, cessent de le faire pour ne laisser grandir qu’un ou deux follicules qui deviendront des ovules. Si tous les follicules grandissent en même temps, qu’il n’y a pas prééminence d’un follicule sur les autres, il n’y aura pas d’ovulation ou alors une ovulation douloureuse. Tous ces follicules qui poussent en même temps , ce sont les fameux microkystes dont je parle.

Des règles pourront arriver à bonne date mais sans ovulation préalable. La commande hypophysaire est très fine et le travail des ovaires très pointu pour qu’une ovulation réussisse !

Quand les ovaires fonctionnent bien, la femme ne ressent aucune douleur pendant son cycle ou alors de très vagues douleurs. Quand les ovaires sont paresseux et ne lancent aucun départ de follicule, la femme n’a aucune douleur mais n’a pas ses règles puisque ses ovaires sont au repos. Quand les ovaires travaillent trop, quand de multiples follicules se pressent sous « l’écorce » des ovaires, ces derniers seront douloureux et s’il y a ovulation, elle sera très douloureuse et la douleur persistera de l’ovulation jusqu’au règles. C’est ainsi que des femmes ayant des ovaires hyperactifs, polykystiques, ne ressentent de bien être que les cinq premiers jours de leur cycle. Les règles sont douloureuses puis il y a une accalmie et enfin les douleurs repartent un peu avant l’ovulation jusqu’aux règles suivantes.

Ces ovaires polykystiques sont fréquents chez les jeunes filles en post puberté : c’est normal, la commande hypophysaire n’est pas encore au point. La plupart du temps, les mamans inquiètes font soigner leur fille et la pilule, qui bloque les ovaires, résoud transitoirement le problème. Sous pilule, les microkystes disparaissent…et les douleurs aussi. Mais pas toujours pour longtemps.

Il existe des jeunes femmes qui souffrent de leur ventre au bout de cinq ans d’une pilule jusque là bien tolérée : les microkystes sont revenus : il faut alors penser au diagnostic très facile à faire puisque l’échographie est parlante comme vous pouvez le constater sur les images ci après.

Voici un ovaire et un utérus normaux

Voici des échographies d’ovaires polykystiques

Certains de ces follicules peuvent éclater ce qui provoque une douleur violente qui amène souvent la patiente aux Urgences.

Il est donc très facile de faire le diagnostic d’ovaires polykystiques et de proposer un traitement bloquant des ovaires. Il faut proposer un progestatif puissant comme le LUTENYL 20 jours par mois sur un mois ou six mois et prendre le relais par une pilule. La pilule agit sur les ovaires en freinant considérablement la secrétion hypophysaire de FSH et LH ce qui bloque la formation de ces kystes; les douleurs pelviennes et la dyspareunie disparaissent.

Lorsqu’ une patiente a déjà fait un passage aux Urgences pour kyste fonctionnel rompu, il faut lui conseiller une contraception adaptée. Le DIU au cuivre n’est pas du tout le bon moyen de contraception d’une femme aux ovaires polykystiques : d’ailleurs certaines patientes qui ont abandonné la pilule pour un stérilet, sont parfois obligées de faire retirer leur DIU et reprendre la pilule car leurs ovaires se sont mis à être très douloureux. Il existe, sous DIU, des douleurs violentes que l’on nomme coliques expulsives : elles sont aussi intenses que des douleurs d’accouchement et surviennent un ou deux jours par mois en milieu de cycle. Les anti inflammatoires sont efficaces mais pas la paracétamol ni le spasfon. Quand on examine ces patientes au décours de l’épisode douloureux, on voit bien des ovaires porteurs de multiples follicules. Les ovaires kystiques fabriquent beaucoup d’oestrogènes à l’ovulation et cette poussée hormonale peut déclencher des contractions utérines, brèves mais violentes.

Les ovaires kystiques sont des ovaires hyperactifs. Avec le temps qui passe, les ovaires travaillent moins et retrouvent une activité normale donc indolore. Il existe cependant quelques cas de femmes en préménopause qui présentent des douleurs pelviennes brutales alors que, jusqu’alors, leurs cycles se passaient sans problème majeur. Il s’agit, bien sûr, de patientes ne prenant pas la pilule. J’ai un traitement radical à leur proposer : des injections de Décapeptyl pour provoquer une ménopause chimique avec apport hormonal léger afin d’éviter les bouffées de chaleur (c’est ce qu’on appelle une « add back thérapie »). Les douleurs cessent dès le premier mois de traitement, mes patientes peuvent alors mener une vie normale.

Quelques mois d’injections suffisent et on prend le relais jusqu’à la ménopause par une pilule. Ces cas de violentes douleurs ovariennes en préménopause sont très rares, heureusement, car mon traitement très efficace, est fort coûteux pour notre malheureuse sécurité sociale… et je le prescris hors AMM car seule l’endométriose est une pathologie gynécologique ayant l’autorisation d’utilisation du Décapeptyl, et la pathologie des ovaires kystiques douloureux (et terriblement douloureux) des femmes de la cinquantaine n’ont pas cette autorisation de traitement.

Peut-on proposer une médecine alternative dans cette pathologie bénigne mais douloureuse des ovaires kystiques ? Oui, il existe des traitements phytothérapiques à base d’huile d’onagre et d’huile de bourrache qui soulagent les patientes. Les résultats sont satisfaisants sans égaler la thérapeutique hormonale. Ces thérapeutiques douces sont sans effet sur les douleurs des kystes des ovaires des femmes de la cinquantaine.  Je les réserve aux femmes plus jeunes qui ressentent des douleurs pelviennes d’intensité moyenne…et à toutes celles qui souhaitent un enfant puisque tout traitement hormonal puissant bloque les ovulations.

 

Publicités

41 commentaires sur “Ovaires micro kystiques et dyspareunie

  1. Déja été chez un dermato rien ne marche c’est hormonal donc rien de compatible avec un desir de grossesse.
    Si on me donne clomid pensez vous que ca aggravera l’acné?
    Merci pour vos réponses.

    J'aime

  2. Le myo inositol est justement ce que contient l’Inofolic. Je vais essayer, un grand merci d’avoir répondu. J’adore votre blog, vos propos dégagent tellement de bienveillance, ça fait un bien fou !

    J'aime

  3. Bonjour,
    Je suis actuellement suivie dans un centre PMA pour une FIV. Je suis déjà passée par 5 protocoles différents sans arriver à la ponction car à chaque fois, j’ai mon taux d’oestradiol qui est assez haut. La gynéco m’a dit que j’ai mes ovaires sont très riches et ont du mal à fonctionner. Que pouvez-vous me conseiller pour avoir un taux d’oestradiol équilibré? Pour mon prochain protocole, on me demande de faire injection Décapeptyl et Gonal. Que me conseilleriez-vous comme traitement qui pourrait fonctionner?
    Par avance merci!

    J'aime

    1. je ne traite pas par internet les stérilités suivies en PMA daisy c’est impossible de savoir ce qu’il vous faut
      il semble que vous soyez OPK et donc difficile à driver : ce protocole semble prometteur

      J'aime

  4. Bonjour,
    J’aimerai connaître votre avis concernant mon problème.
    Voilà ça fait des mois et des mois, que j’ai des douleurs atroces lors des rapports sexuels en «butée», comme des pics de part et d autre du bas du ventre, ainsi que des douleurs régulières au bas ventre, après plusieurs consultations chez ma gynécologue, elle m’a fait une écho pelvienne, j’ai des ovaires dystrophiques, plein de follicules, elle me conseille fortement de reprendre la pilule ( que j’ai arrêté depuis 5mois). Mais que les douleurs ne viennent pas de ça, je suis allée chez un autre gynécologue pour avoir un second avis, il me dit, pas besoin de reprendre la pilule, que beaucoup de femmes ont beaucoup de follicules et que ce n’est pas grave. Et pareil les douleurs ne sont pas liées… 😦 ma vie sexuelle et celle de mon conjoint est réduite à néant depuis des mois, le deuxième gynécologue m’a donné un traitement contre vaginose , il pense que ça peut provenir de ça, j’ai commencé le traitement aujourd’hui médicament et ovules pendant 7jours,
    De mon côté j’ai lu qq posts sur l endometriose et les douleurs sexuels, pensez vous qu’un gynécologue peut ne pas déceler ce problème au toucher et à l écho?
    Merci mille fois pour votre aide

    J'aime

    1. pour déceler une endo il faut passer une IRM nathalie mais ce que vous avez évoque bien plus les microkystes que l’endo
      je suis totalement d’accord avec votre premier gynéco : toutes mes patientes qui avaient la même problématique que vous ont été soulagée par la pilule
      c’est navrant , mais c’est ainsi , certaines femmes sont mieux sous pilule que nature
      bien sûr, vous pouvez vivre comme nos grands mères avec une bouillotte sur le ventre , des tisanes de plantes et l’acceptation que votre mari ait une maîtresse ….je pense que la reprise de la pilule va vous éviter la bouillotte, les tisanes et ….le marivaudage

      J'aime

  5. Bonjour,

    Je m’appelle Céline, j’ai 27 ans, sans contraception depuis plus de 2 ans, on m’a découvert un kyste suspect à l’ovaire droit de 4cm. J’ai fait un bilan hormonal, j’ai un taux de testostérone trop élevé (hyperandrogénie), et un taux de prolactine à 36. On suspecte un SOPK.
    Est-ce que les résultats du bilan hormonal sont corellés au kyste ou inversement? Y a t’il un moyen de rééquilibrer ce déséquilibre hormonal sans reprendre la pilule?
    L’opération du kyste etant prévue, qu’est ce que cela peut impacter sur mes niveaux d’hormones, sur mon hyperandrogénie?
    merci mille fois pour vos réponses.
    Céline

    J'aime

    1. 1 peut être je ne comprends pas ce que veut dire « suspect » pour moi suspect c’est risque de cancer de l’ovaire !!! cela n’a rien à voir avec un SOPK
      2 non le retrait d’un kyste ne soigne pas un SOPK celine voyez un homéopathe ou un naturopathe pour des soins , cela marche très bien

      J'aime

  6. Bonjour Docteur.
    Ma question n’a rien avoir avec les OPK mais j’ai besoin d’aide svp. J Ai eu une déchirure vaginale il y a t’il une crème efficace pour cicatriser en peu de temps?

    J'aime

    1. qu’il faut prendre des produits cicatrisants marine très doux et l’acide hyaluronique c’est bio et c’est doux colposeptine ce sont des antibiotiques décapants je ne vois pas pourquoi on traiterait une fissure vaginale… par un décapant antiseptique !…..s’il s’agit bien d’une fissure vaginale , je ne vous ai pas examinée , c’est peut être autre chose qui nécessite colposeptine comme une mycose par exemple

      J'aime

  7. Bonjour j’ai 20 ans et j’ai passer un irm qui indique que j’ai les ovaires micro kystique j’ai été voir mon médecin qui m’a prescrit la pilule adepal je l’ai prise pendant 6j je l’ai oublié 1j (24h) et j’ai mes règles est-ce normale ? et encore plus douloureuse mais moin de saignements et de perte je voulais savoir si je devais l’arrêter ou continuer de prendre la pilule ou arrêter pendant les règles et recommencer une plaquette à la fin ? Que dois je faire

    J'aime

  8. Bonsoir, j’ai depuis quelques semaines à nouveau des douleurs à l’ovaire droit. En 2006, j’ai eu une rupture de la trompe de fallope, suite à une GEU sous mini-pillule d’allaitement. Il y a 5 ans, j’ai commencé à avoir des douleurs à l’ovaire droit et mes règles qu’une fois sur deux. Ma gynéco m’avait mis sous pullule progestative pour mettre au repos mes ovaires quelques mois, en effet, mon ovaire droit avait doublé de volume, polykystique. Depuis, j’ai eu un petit garçon. A mon retour de couche, pendant quelques mois, j’ai eu mes règles un cycle sur deux. Et aujourd’hui, mon ovaire droit me fait à nouveau mal. Et malgré les symptômes des règles, elles ne viennent pas. Est-ce un symptôme de pré-ménopause ? Existe-t-il un traitement naturel, des plantes pour équilibrer mes hormones sans que je sois obliger de repasser par une pilule ? Je vais avoir 40 ans, et je ne prends aucune contraception. Merci ! 🙂

    J'aime

  9. Bonjour Docteur,
    Je suis OPK et n’ai que très très rarement des règles. J’ai, par contre, beaucoup de pertes blanches par moment (deux à trois fois par mois pendant deux à trois jours) sans pour autant présenter de mycose ou autre infection. Qu’est-ce donc ? Est-ce lié à mes ovaires polykystiques ?

    Merci

    J'aime

  10. Bonjour Doc,
    J’avais des OPK décelés il ya quelques années le gynéco m’a mis sous minidril et aujourdhui je nai plus les OPK après mes 2 dernières consultations. Mais à la dernière consultation elle me parle d’endométriose, par contre je nai pas de douleurs avant ou pendant les règles. J’ai plutôt des crampes dans le ventre et je suis constipée souvent au réveil. Ma remarque est que ces maux surviennent quand je ne me lève pas dans la nuit pour aller uriner et que ma vessie est pleine je sens les crampes et la constipation. Que faire? Aurais-je du mal à procréer ?

    J'aime

      1. Bonjour,
        Je suis opk et sous duphaston les 10 derniers jours de mon cycle. J’ai décidé de faire des test d’ovulation pour bien comprendre mon cycle et cela fait 2 mois que mon test est positif après 2 jours de traitement (j17 le mois dernier et j20 ce mois ci suite à un décalage de prise de duphaston demandé par mon médecin).
        Que dois je en conclure ? Est ce une « véritable » ovulation qui pourrait me permettre de tomber enceinte ?
        Merci d’avance et bonne journée

        J'aime

  11. Bjr Doc. Jai arreté minidril dans le traitement des Opk il ya 3jours parce que les analyses révèlent qu’ils n’étaient plus présents. Mais je viens de remarquer que je saigne alors que jai fini mes regles depuis le 19 juin. L’arrêt de minidril en est la cause? Que faire?

    J'aime

  12. Merci pour votre article. Cela fait du bien de lire d un professionnel que les ovaires polykistiques peuvent provoquer des douleurs !!! Car j en ai eu beaucoup de manieres cycles des crampes au bas du ventre avec des nausees et a chaque fois le medecin me disait, c est un virus une gastro. J ai ete 10 ans sous pilule. C est l annee de son arret pour avoir mon fils que tout a commence. Des cycles irreguliers, 45/60/ 4 mois ! Et ma gyneco de l epoque me disait que c etait l patience. Mes crampes et nausees devaient etre l ovulation. Rebelotte apres mon accouchement. J ai change de gyneco et ai insiste pour faire un bilan. L echo a montre les kystes. Le bilan hormonal une inversion des lh/fsh. Et encore une fois on me dit vous avez pas d acne ni de pillosite. Pourtant je souffre bien de maniere cyclique de crampes fatigues nausees. Heureusement elle reconnait quand meme le symdrome et me donne une pilule plus dosee que celle que j avais testee quelques mois apres mon accouchement et qui n allait pas. Donc merci pour votre article qui me conforte dans ce syndrome et me rassure. Je demarre donc Ludeal pour 6 mois car apres il y aura projet de bebe 2. Et rebelotte les inconvenients. Je comprends que pour attenuer les symptomes sans pilule je pourrais prendre l huile d onagre. C est bien ca ? Ca sera efficace sur les crampes aussi ?

    J'aime

  13. Bonjour Docteur
    J ai le sopk j’ai 34 ans et 3 filles,je voudrais savoir si il était possible de retirer ces ovaires pour guérir de ce syndrome qui pourri ma vie.Et est ce que cela réglerait mon problème.Et est ce que cette opération existe t elle?Merci.

    J'aime

  14. Merci pour votre réponse. Mais est ce théoriquement possible ou est ce que le duphaston bloque l’ovulation ?
    J’ai du mal à comprendre le rôle de ce traitement.

    Merci d’avance et bonne soirée 😊

    J'aime

    1. c’est possible d’ovuler sous duphaston qui ne bloque pas l’ovulation celia seulement vous nous dites avoir repéré une ovulation à J 20 , c’est très tardif , et si les règles arrivent à J 28 , l’oeuf fécondé tombe avant d’avoir eu le temps de se nider . Quand on a une ovulation à J 20 elle n’est valable que si l’on a ses règles à J 34 ….Duphaston donne des règles faussement régulières et diminue le nombre de microkystes donc il est efficace parfois donné seul mais , le plus souvent, il faut y ajouter un vrai inducteur d’ovulation comme clomid Duphaston n’est pas un inducteur d’ovulation

      J'aime

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s