La ménopause : la décalcification osseuse

 

 

Le maximum du contenu calcique de nos os se situe à vingt ans. A partir de vingt ans, nous ne faisons que perdre du calcium mais cette perte s’accentue à la ménopause.

Les hormones féminines aident à la fixation du calcium dans nos os. Quand on perd ses hormones, le calcium se fixe beaucoup moins.

Il existe d’autres facteurs de perte de calcium dans les os, maladie thyroïdienne, anorexie, prise au long cours de cortisone, traitements anti hormonaux dans le cancer du sein mais le facteur principal de l’ostéoporose, c’est l’hérédité.

La perte en calcium de nos vertèbres fait que l’on perd de la taille au fil du temps.

Il existe des femmes qui sont limites en calcification osseuse alors qu’elles consomment beaucoup de calcium et font du sport. A l’interrogatoire, on retrouve des antécédents familiaux d’ostéoporose.

Comment décèle-t-on une décalcification osseuse menant à l’ostéoporose ?

En procédant à une densitométrie osseuse chez un radiologue équipé. C’est un examen indolore et rapide qui mesure le contenu calcique des vertèbres du bas de la colonne et du fémur.

Les résultats sont difficiles à interpréter pour un profane

Pour faire vite, quand on voit – 3, sur une vertèbre ou un fémur, c’est qu’on fait de l’ostéoporose.

Quand on lit – 2.5 c’est qu’on fait une ostéopénie sévère (= décalcification en langage médical) et qu’il faut traiter activement afin de ne pas passer en zone rouge qui est l’ostéoporose avec un risque fracturaire même lors d’un choc minime. Une de mes patientes ostéoporotique s’est fracturé un orteil en cognant contre …le pied de son mari .

Quand on lit -1.1, c’est normal, pas de risque d’ostéoporose à l’horizon : on a des os solides, génétiquement solides et la décalcification ne sera jamais grave.

Quand on lit – 2, il faut adapter son régime, faire du sport et prendre de la vitamine D, pas plus, et on contrôle par une densitométrie trois à quatre ans plus tard.

Attention, les densitométries sont très mal remboursées et même pour les femmes qui font une véritable ostéoporose.

Quels sont les moyens de prévenir l’ostéoporose à la ménopause ?

LE SPORT

Faire du sport est excellent pour la calcification osseuse.

LA VITAMINE D

Contrôler son taux sanguin de vitamine D apporte des surprises ! La vitamine D ne se trouve que dans les rayons du soleil, pas dans l’alimentation. Comme le soleil brûle la peau, qu’il donne des cancers, on s’en méfie et, même chez moi, en Provence , mes patientes manquent de vitamine D. Ce n’est pas difficile de faire en sorte d’avoir ce qu’il faut de vitamine D. On mesure le taux de vitamine D, s’il est normal, pas de traitement. Si la patiente présente un déficit, on prescrit une ampoule d’Uvedose tous les trois mois et on remesure la vitamine la veille de reprendre une ampoule. Si le taux est bon, on continue le traitement à la même posologie …à vie ! Si le taux est trop bas, on donne une ampoule tous les deux mois et on mesure la vitamine D la veille de reprendre l’ampoule. Si le taux est trop bas, on passe à une ampoule tous les mois.

La vitamine D est excellente pour le coeur, la prévention  des grippes, et des cancers du sein et du colon. Quand on a son content de vitamine D, les ongles sont solides et ne cassent plus.

Attention, la vitamine D contenue dans des capsules d’huile de foie de morue est insuffisamment dosée pour être efficace (je l’ai vérifié : deux jours après la fin d’une cure de capsules d’huile de foie de morue, une de mes patientes était tout autant carencée en vitamine D qu’avant sa cure )

LE CALCIUM

Je déconseille les laitages qui accentuent les inflammations rhumatismales et les allergies. Il existe des yaourts au soja enrichis au calcium et il y a plein de calcium dans les sardines à l’huile excellentes pour le système cardio vasculaire.

Les comprimés de calcium ne sont pas toujours bien tolérés au niveau digestif.

Attention aux comprimés de calcium et de vitamine D : ils ne donnent pas autant de vitamine qu’on pourrait le supposer. En revanche, les sachets de calcium et vitamine D comme calcidose vit D sont très efficaces

L’association vit D et calcium suffit souvent à assurer une prévention de l’ostéoporose quand on est au stade de l’ostéopénie débutante ( à condition de vérifier par une prise de sang que l’on a un bon taux de vitamine D dans le sang circulant)

LES TRAITEMENTS HORMONAUX DE LA MENOPAUSE

Ils préviennent la décalcification que ce soit le traitement classique , la DHEA, le Livial mais certaines femmes ne peuvent ou ne souhaitent pas les prendre.

LES FIXATEURS DE CALCIUM

Ils ne sont prescrits que lorsqu’on est en ostéoporose ( – 3) sur une vertèbre ou sur le col du fémur ou lorsque l’on approche de l’ostéoporose (entre – 2. 5  et – 3).

Il existe plusieurs produits

Evista : 1 cp tous les jours. C’est un produit qui fonctionne bien mieux sur les vertèbres que sur le fémur. Ce médicament est contre indiqué dans les antécédents de phlébite et avec un traitement hormonal classique. On peut l’utiliser pendant de nombreuses années et toujours avec calcium et vitamine D. Un fixateur de calcium ne marche pas …si on ne consomme pas du calcium !

Actonel 75: 2 cp par mois à avaler debout avec un grand verre d’eau. C’est un produit qui marche aussi bien sur les vertèbres que sur le fémur mais il rend l’os cassant, aussi ne faut-il pas prendre ce médicament pendant plus de cinq ans. Par ailleurs, il existe un risque d’ostéonécrose de la mâchoire : à utiliser avec prudence !

Protelos : c’est un produit en sachet buvable à prendre tous les jours. Il est efficace longtemps et sur les vertèbres comme sur le fémur. Ce médicament est contre indiqué dans les antécédents de phlébite.

Lorsque le fixateur de calcium fonctionne et « cimente » les os, la patiente constate un soulagement : les douleurs dorsales s’atténuent.

Les chiffres de l’ostéodensitométrie s’améliorent de deux ans en deux ans ou se stabilisent (la stabilité est signe de succès car, normalement, nous ne faisons que perdre de l’os, se stabiliser est donc signe de gain calcique osseux)

Conclusion : si la décalcification est un passage obligé du vieillissement, toutes les patientes ne seront pas sujettes à la décalcification majeure qu’est l’ostéoporose avec son risque de fractures spontanées.

Il faut donc mesurer son risque personnel de décalcification grâce à la densitométrie osseuse et adapter son mode de vie et son régime en fonction des résultats.

Heureusement, l’ostéoporose est rare dans la population générale et, lorsqu’elle existe, il existe de nombreux médicaments pour y remédier.

L’ostéoporose existe aussi chez l’homme et c’est Protelos qui doit être prescrit avec calcium, vit D et… sport !

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La ménopause : les atteintes articulaires

 

 

Un des premiers signes de la carence en  hormones féminines, c’est l’apparition de douleurs articulaires dans les épaules, la nuque, les doigts , les genoux.

Les patientes se plaignent de devoir procéder à un dérouillage matinal pour pouvoir bouger plus aisément en cours de journée.

Je vois beaucoup de patientes de 50 ans adressées par mes confrères rhumatologues pour des douleurs articulaires et oui, il existe bien une relation entre ménopause et rhumatisme.

 

Les hormones féminines sont comme de l’huile dans un rouage. Lorsque l’on entre en ménopause, les oestrogènes manquent et les articulations souffrent.

Dès que je prescris des hormones féminines, les douleurs cessent.

Toutes mes patientes qui peuvent et veulent un traitement substitutif de leur ménopause ont beaucoup moins de rhumatismes que mes patientes qui ne prennent aucun traitement : c’est incontestable et cela dure toutes les années de prise du traitement.

Il existe aussi une diminution de l’arthrose, les articulations sont moins déformées. Attention, les hormones ne suppriment pas l’arthrose mais la diminue fortement.

L’arthrite est aussi remarquablement diminuée par les hormones féminines. Toutes mes patientes qui souffrent d’une maladie auto immune nommée polyarthrite rhumatoïde voient une diminution sensible de leurs douleurs articulaires ce qui diminue leur handicap.

La DHEA a aussi une action remarquable contre les douleurs articulaires et je la prescris quand ma patiente ne peut prendre de traitement hormonal classique (mastose, endométriose ou fibrome)

La Colpotrophine en ovule est une hormone locale qui soulage les douleurs des névralgies pudendales et qui, surtout, les prévient. Toutes mes patientes sous DHEA ou sous THS ou sous Colpotrophine n’ont jamais eu à souffrir de névralgie pudendale post ménopausique.

Malheureusement, il est des cas où on ne peut pas prescrire un THS, où la Colpotrophine brûle, où la DHEA est refusée. Existe -t-il un traitement alternatif ?

Peut-être faut-il se tourner vers Phytalgic ou d’autres produits phytothérapiques mais je les connais mal.

Peut-être des produits très riches en omégas 3 seraient-ils efficaces ? Je commence juste à les préconiser.

Il y a une chose dont je suis sûre, c’est que toutes mes patientes qui ont

cessé de boire du lait, de manger du fromage et des yaourts

et fait un régime sans gluten

voient disparaître toutes leurs douleurs articulaires.

La suppression des protéines de lait de vache est assez facile : on remplace le beurre par de la margarine, on préfère le fromage de chèvre ou les yaourts au lait de soja et on cuisine ses béchamels avec du lait de riz ou du lait sans protéines de lait de vache (on en trouve dans les supermarchés)

La suppression du gluten (blé et farine de blé) est plus difficile car il y a du gluten partout (surtout dans les plats préparés), mais c’est possible. La farine est remplacée par la Maïzena, les nouilles par des nouilles chinoises, le pain par du pain fait maison ou des biscottes sans gluten que l’on trouve dans toutes les grandes surfaces qui ont, désormais, un rayon de produits sans gluten.

Les résultats sont spectaculaires : plus d’inflammation articulaire, donc plus de douleurs, plus d’allergie et….perte de poids : plus de petite bouée sur le ventre plutôt disgracieuse, plus de yoyo : on perd du poids et on garde la ligne !

 

LES CURES THERMALES

Il ne faut pas négliger le bienfait des cures thermales dans le soulagement (transitoire) des douleurs rhumatismales.

Beaucoup de piscines proposent des soins de balnéothérapie qui sont intéressants à suivre.

La température chaude et l’eau chaude sont des éléments favorables pour diminuer les douleurs articulaires.

Mon prochain billet sera consacré à la décalcification osseuse qui commence dès nos vingt ans mais s’accélère lors de l’arrêt des règles.

En conclusion : les douleurs rhumatismales s’accentuent à la ménopause et sont bien calmées par les traitements hormonaux  classiques ou par la DHEA ou par le Livial. La colpotrophine soulage les rhumatismes du petit bassin (et oui, nous avons une articulation à cet endroit, la symphyse pubienne, qui peut donner des douleurs qui nous font croire, à tort, à une vaginite, une cystite ou une tumeur ).