Comment utiliser les comprimés d’oestradiol

 

 

 

Il existe trois marques de comprimés contenant de l’oestradiol : Oromone en 1 ou 2 mg, Provames en 1 ou 2 mg et Estreva en 1.5 mg. Je ne mentionne pas Progynova car c’est un produit qui est la copie de Provames …mais qui n’est pas remboursé, donc que je n’utilise pas.

LES AVANTAGES

On sait la dose que l’on prend, il n’y a pas de « déperdition » comme avec la voie transdermique.

Certaines patientes ne veulent que des comprimés car c’est plus facile d’utilisation.

Cet oestradiol per os a tous les avantages de l’oestradiol pour palier le manque d’oestrogènes ou accompagner un progestatif puissant.

Il agit très vite.

Il ne donne pas de cholestérol et fait peu monter la tension.

LES INCONVENIENTS

Il donne des triglycérides et fait monter la glycémie des diabétiques

Il modifie les facteurs de coagulation dans le mauvais sens donc il peut donner des phlébites et des embolies.

Il peut faire grossir , donner de la cellulite.

Il peut donner des mastoses aux femmes prédisposées.

Tout seul, il n’augmente pas le risque de K du sein mais accompagné d’un progestatif non naturel, oui, il est délétère sur la glande mammaire.

Il reste un produit dangereux pour les artères des fumeuses.

Il redonne des migraines.

Il potentialise moyennement l’activité anti androgénique d’androcur et mes patientes acnéiques sous androcur et provames sont parfois déçues : l’association marche moins bien que Diane. C’est normal car Diane contient de l’éthinyl oestradiol et cet oestrogène synthétique est plus efficace pour combattre acné et alopécie que l’oestrogène naturel.

Alors pourquoi ne se sert-on plus ou presque plus d’Ethinyl Oestradiol ( sauf dans presque toutes les pilules) ? Parce que les labos nous ont déclaré que EE n’était pas naturel, qu’il encrassait plus les artères qu’une hormone naturelle…c’est un joli argument marketing mais ce n’est que du marketing. En fait, à partir du moment où l’oestrogène passe par le système digestif et le foie, il se dégrade et n’a plus les vertus bienfaitrices sur les veines, artères, poids, tension, lipides, diabète de la même molécule qui arrive par voie transdermique en court-circuitant le foie.

Si vous êtes en pleine santé , c’est égal que vous preniez EE ou Provames.

Si vous avez du cholestérol , mieux vaut prendre Provames

Mais si

vous fumez

vous avez une obésité

des facteurs de risques veineux et vasculaires

fuyez et EE et Provames et servez- vous du gel ou d’un patch.

COMMENT S EN SERVIR ?

On le donne à la posologie de 2mg chez la femme jeune en bonne santé.

Pour EE, on donne un demi ou trois quart de cp à 50 mg.

 

S’il y a signe de surdosage (gonflement , jambes lourdes,  seins douloureux), on baisse à 1 mg.

Attention, si on associe un progestatif puissant tel androcur 1 mg est trop faible pour contrecarrer l’action desséchante du progestatif.

Chez la femme ménopausée, 1 mg suffit souvent pour effacer les BDC et donner tonus et moral mais cela n’est pas toujours vrai. Certaines patientes doivent prendre 2 cp d’Estreva , soit 3 mg d’oestradiol par jour , pour faire enfin cesser les suées nocturnes.

Pour soigner une sécheresse vaginale 2 mg est préférable.

On peut utiliser les comprimés en continu ou avec une pause de sept jours.

Chez les femmes souffrant de migraines de règles, dites migraines cataméniales, le produit doit être délivré en continu. Idem chez les épileptiques.

C’est à vous de trouver le meilleur dosage : inutile de faire une prise de sang, ce qui compte c’est votre ressenti, le poids sur la balance, l’examen clinique et l’absence d’effets indésirables : pas de mastose, pas de cellulite….

CONCLUSION

Les comprimés d’oestradiol naturel ne sont pas la panacée : ils sont plus actifs mais aussi plus dangereux que le gel hormonal. La différence est mince entre oestrogènes naturels per os et oestrogènes artificiels , souvent plus efficaces. Donc , il ne faut jamais hésiter à remettre en question son traitement et ce n’est pas parce que c’est écrit « naturel  » qu’il n’y a pas d’effets néfastes !

Lorsque vous constatez des effets d’insuffisance hormonale sous oromone ou provames 2 , comme spottings, sécheresse vaginale, baisse de libido, crampes utérines, pensez à EE . Il pourra soigner cette insuffisance hormonale en quelques jours.

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Comment utiliser les patchs à l’oestradiol

 

 

 

Il existe différentes sortes de patchs à l’oestradiol (patchs non contraceptifs, bien sûr, ce sont juste des supports pour des hormones féminines qui passeront par voie transdermique) .

Patchs de différentes tailles : le plus petit , grand comme un timbre poste, c’est celui de la marque Vivelledot

 

Patchs de différentes textures : certains sont transparents d’autres ressemblent à un sparadrap comme Oesclim

Il existe différents dosages : on va du 25 au 100. Le dosage moyen est 37.5 ou 50 mais comme je vous l’ai déjà expliqué, tout va dépendre de la facilité de pénétration du produit à travers la barrière cutanée et à chaque femme , son épaisseur de peau.

 

Comment sait-on si on a le bon dosage ?

Parce que on se sent bien, tous les petits tracas qui vous ont fait venir consulter disparaissent. L’examen clinique montre que le vagin est trophique, que la sécheresse a disparu, qu’un peu de glaire transparente coule du col , que les seins sont normaux .

Il n’est pas nécessaire de pratiquer un dosage hormonal : c’est l’interrogatoire et l’examen clinique qui nous guident.

Si la patiente se plaint de jambes lourdes, de gonflements, de mastose, c’est que le patch est trop dosé, il faut donner un patch au dosage inférieur.

Si la patiente souffre toujours de bouffées de chaleur, de sécheresse vaginale , il faut prescrire un patch au dosage supérieur.

Parfois, on ne comprend pas ce qui arrive : la patiente prend le patch à 100, le maximum et les symptômes gênants de la ménopause sont toujours présents. On demande alors trois prises de sang réalisées à deux jours d’intervalle et on fait la moyenne du taux d’oestradiol obtenu…et on a des surprises. Un patch à 100 ne donne que 40 d’oestradiol pour la semaine et c’est insuffisant . Il faut 70 pour être bien corrigée chez la plupart des femmes , donc le produit passe mal la barrière cutanée et il faut se résoudre à prescrire des comprimés.

Où place -t-on le patch ? Loin des seins et sur une peau qui ne plissera pas dans la journée : au dessus de la hanche, au dessus de la fesse, sur le haut de la cuisse.

Le patch se décolle-t-il ? Non, il tient aux bains, à la douche. Certains laissent une marque noire autour du patch , certains peuvent donner de l’urticaire à l’endroit de la pose : il s’agit d’une allergie à la colle. Vivelledot est mon préféré car il ne parque pas la peau, il est transparent et discret, il ne se décolle jamais et ne donne aucune allergie

Mais il existe d’autres patchs qui sont bien comme Dermestril, Thaïs sept, Estrapatch.

Je trouve Oesclim trop voyant mais c’est une question d’esthétique, il est très performant et adhère bien à la peau.

Les patchs se prescrivent à tout âge de la vie et pas uniquement à la ménopause.

On peut s’en servir comme Estreva gel ou Oestrodose : une fois que l’on connait la dose adéquate d’hormones féminines transcutanées qui correspond à notre patiente, on peut lui proposer un patch équivalent : 1 dose de gel = un patch à 25, deux doses = un patch à 37.5 , trois doses = un patch à 50 et quatre dose un patch à 75 ou à 100.

Les avantages de la voie transdermiques sont évidents sur tout le système veineux et cardiovasculaire

Aucun risque de phlébite , d’embolie pulmonaire, d’infarctus sous hormones naturelles transdermiques . Bien sûr, elles sont contre indiquées après un épmisode récent d’embolie ou d’infarctus mais ce ne sont pas elles qui occasionnent embolie et infarctus.

Elles ne font pas monter ni la tension, ni le cholestérol, ni les triglycérides.

Les désavantages sont liés à la faible efficacité de la voie transdermique pour lutter contre

l’acné

la chute de cheveux

la sécheresse intense procurée parfois par androcur sur le muscle utérin donnant des crampes .

Pour le K du sein ces hormones sont neutres : si vous devez faire un K du sein , vous le ferez , hormones naturelles ou pas mais elles ne déclenchent pas un K du sein , cela a été prouvé chez les femmes ménopausées ne prenant que des hormones par voie transdermique (car hystérectomisée donc plus besoin de progestérone en accompagnement) qui n’ont pas plus de K du sein que la population générale .

Par contre, les hormones naturelles accentuent les kystes des seins, les douleurs des seins et sont parfois impossibles à prescrire , même à toute petite dose, chez des patientes fragiles des seins car elles souffrent tout de suite de mastose .

Sachez aussi que les hormones féminines naturelles (et les autres) n’ont que peu d’impact sur une sécheresse vaginale post ménopausique si le col de l’utérus a été retiré. En effet , ce sont les glandes du col qui fabriquent de la glaire lubrifiante et et sans glande, plus de glaire car le vagin n’a aucune glande

Conclusion

Les patchs rendent les mêmes services que le gel d’oestradiol. Chaque femme a ses préférences : certaines trouvent le gel bien pratique et d’autres , c’est le contraire, donc à nous de proposer ce qui sera le plus apprécié pour que le traitement soit le moins contraignant possible.