L’mplant contraceptif est vendu sous le nom de Nexplanon.
Il s’agit d’un bâtonnet qui délivre une progestérone de synthèse contraceptive et ce à faible dose sur trois ans.
C’est donc une forme de pilule placée sous la peau de la face interne du bras : son taux d’efficacité frise les 100% (le 100 % n’existe jamais en Médecine).
C’est une contraception qui semble idéale à première vue : on pose un implant pour trois ans, puis on le retire pour en replacer aussitôt un autre au même endroit du corps et ce jusqu’au moment où l’on souhaite faire un bébé. Plus besoin de penser à prendre sa pilule tous les jours, plus besoin de penser à aller chercher son anneau à la pharmacie tous les trois mois, finie le corvée de la pose du stérilet.
Comment place-t-on un implant ?
On pose sur le face interne du bras, au dessus du pli du coude, un patch anesthésique Emla et on demande à la patiente de rester en salle d’attente trois quarts d’heure pour que l’anesthésique local fasse effet.
On désinfecte le bras à l’endroit où on souhaite implanter le Nexplanon puis on insère l’aiguille de l’implant sous la peau, en veillant à rester en sous cutané strict.
L’insertion dure à peine une minute. Puis on entoure le bras d’une bande extensible à garder 48 heures pour éviter un hématome.
L’implant se pose pendant les règles pour être efficace et est contraceptif le soir même.
L’implant doit se voir (légèrement) sous la peau, ainsi il sera plus facile à retirer.
Si l’on pose l’implant trop en profondeur, il ne se repère plus sous le doigt et il faudra demander à un chirurgien, à la date prévue du retrait, de le retirer après repérage échographique, sous anesthésie générale et avec une large incision.
Le retrait se fait au bout de trois ans ou plus tôt si la patiente le souhaite.
On anesthésie la zone où se palpe l’implant avec un peu de xylocaîne (le patch Emla ne suffit pas ), on désinfecte, puis avec un bistouri on fait une petite incision au niveau du bas de l’implant (d’où l’intérêt de sa position en sous cutané : on le sent bien sous le doigt). A l’aide d’une pince on tire sur le bas de l’implant que l’on dégage en entier et que l’on jette. Si la patiente le souhaite, on profite de l’incision et de l’anesthésie locale pour replacer un autre implant au même endroit que le premier. On pose trois Stéristrips pour fermer l’incision et on entoure la zone opérée d’une bande de compression pour éviter un hématome.
La pose et le retrait d’un implant laissent de petites cicatrices minuscules.
J’ai reçu quelques patientes qui ont hurlé quand elles ont vu le bistouri que je tenais en main : je n’ai pas hésité à renoncer au retrait et adresser ces patientes à un chirurgien pour retrait sous prémédication. Le retrait fait toujours un peu peur : il y a l’injection de xylocaïne et l’utilisation du bistouri pour l’incision de la peau sur cinq millimètres.
LES AVANTAGES de cette méthode de contraception :
c’est une contraception très fiable sur trois ans,
on ne pense plus à prendre sa pilule tous les jours, c’est l’idéal pour les oublieuses mais aussi pour les femmes qui n’ont pas les capacités mentales de suivre une contraception per os (femmes en institution psychiatrique),
cette contraception retire les migraines cataméniales et les douleurs de règles.
Voila tous les avantages.
LES INCONVENIENTS de cette méthode.
Ils sont peu nombreux mais majeurs : je compte 50% de taux de satisfaction, pas plus alors que la pilule a un taux de satisfaction de 85 % comme le DIU.
Cela veut dire que lorsque je pose deux Nexplanon, je sais que j’en retirerai un dans les quelques mois qui suivent la pose.
L’irrégularité des cycles est le premier inconvénient majeur. Mes patientes sont prévenues : il faut accepter d’avoir ses règles n’importe quand sous implant. On peut rester un an sans ses règles puis les avoir tous les deux jours puis rester deux mois sans puis les avoir 15 jours de suite. C’est très inconfortable.
Beaucoup de jeunes patientes sont persuadées qu’elles vont être débarrassées de leurs règles pendant trois ans avec cette contraception et sont très déçues car je leur annonce que, non, rien n’est moins sûr. Il faut accepter des dates de règles très aléatoires et des saignements intercurrents. Echanger la corvée de prendre la pilule tous les jours contre des protections intimes quotidiennes au cas où, cela fait réfléchir!
Que peut-on proposer aux femmes qui saignent n’importe quand sous Nexplanon?
On peut proposer Exacyl…qui ne marche pas dans la plupart des cas ou alors remettre la patiente sous pilule. Cela fonctionne dans un cas sur deux. La patiente peut oublier un jour ou deux sa pilule, cela n’aura pas de conséquence sur la fiabilité contraceptive. Le plus souvent, il faut se résoudre au retrait du dispositif…et revenir à l’ancienne contraception.
L’aménorrhée, souhaitée par beaucoup de patientes, n’est donc pas du tout certaine. Si la patiente a des règles spontanées de faible quantité, on peut espérer une aménorrhée. Si la patiente a des règles abondantes, l’implant est une mauvaise méthode de contraception car la femme risque de supporter des règles non stop. L’implant n’est pas du tout conseillé dans l’adénomyose ou le fibrome hémorragique.
La survenue d’acné est un deuxième inconvénient.
Cette contraception est à déconseiller à toutes celles qui ont pris du Roaccutane ou qui prenne une pilule anti acnéique. Bien sûr, l’acné ne resurgit que chez les femmes qui ont des antécédents d’acné, pas chez les autres.
La prise de poids est un troisième inconvénient.
Evidemment, seules les femmes qui sont déjà un peu rondes ou qui se battent contre leur poids sont concernées. La prise de poids peut aller jusqu’à dix kilos. Les jeunes femmes menues n’ont pas ce risque.
La baisse de la libido.
Certaines patientes s’en sont plaintes. Toutes les contraceptions hormonales bloquant les ovaires sont susceptibles de faire baisser la libido.
La sécheresse vaginale.
Comme Nexplanon ne contient que de la progestérone et qu’il bloque les ovaires dans leur production d’hormones naturelles, vous vous doutez bien qu’il n’y a pas assez d’hormones féminines pour donner du tonus aux muqueuses vaginales.
Bref, cette contraception parait séduisante sur le papier mais dans la pratique, elle occasionne quelques désillusions, surtout chez les jeunes filles.
En post partum immédiat, la pose de l’implant est une catastrophe, pire que Cerazette : il existe des saignements importants qui font que l’implant est vite retiré.
En post abortum immédiat, le même phénomène de saignements abondants par atrophie et absence de cicatrisation de l’endomètre, peut se produire. Il vaut mieux conseiller un mois de pilule pour assurer la cicatrisation avant de poser l’implant.
Si l’on imagine que l’implant va dissuader les (quelques) patientes qui ont recours à l’IVG comme mode de contraception, de renoncer à cette pratique, on se trompe. La pratique des IVG à répétition procède d’un problème psychologique pas d’une contraception inadaptée. La jeune femme à qui l’on pose un implant dans cette indication, viendra le faire retirer par un autre praticien en prétextant mille et uns problèmes de santé. La prévention des IVG à répétition est du domaine du psychologue. Poser un DIU ou un Nexplanon en espérant régler le problème ne résoud rien sans une prise en charge psychologique adaptée.
En conclusion : l’implant rend bien des services mais il présente des inconvénients majeurs qui font qu’il n’occupe qu’une place restreinte dans notre arsenal contraceptif.
L’indication dont je suis la plus satisfaite est la pose de l’implant chez les femmes de plus de quarante ans, minces, aux règles normales, sans bouffées de chaleur. Il n’y a plus de syndrome prémenstruel, plus de migraines cataméniales, plus de douleur ovulatoire ni de dysménorrhée. Elles sont ravies d’être en aménorrhée jusqu’à la ménopause que l’on détecte par un dosage de FSH. Bien sûr, cette contraception ne peut être proposée qu’aux femmes qui acceptent d’être en aménorrhée; pour celles qui sont ravies d’avoir encore leurs règles, ce n’est pas une bonne indication, bien sûr.












