Le virus HPV ( ou papilloma virus)

Il existe plusieurs types de papilloma virus

Certains sont responsables des verrues des mains et des pieds : 

d’autres donnent des verrues génitales :

verrues externes de la vulve mais aussi du pénis, de l’anus

verrues internes du vagin, du col de l’utérus, du canal anal

Comment est-on en contact avec le papilloma virus ?

Par les rapports sexuels mais aussi par des caresses intimes. Le port d’un préservatif ne protège pas systématiquement d’une contamination !

Il existe des contaminations en dehors de toute relation sexuelle.

J’ai examiné des enfants porteurs de verrues anales. Ils n’avaient pas été abusés sexuellement mais avaient pris leur bain en compagnie de leur maman qui était porteuse saine du virus HPV.

Je suis persuadée qu’il existe une possiblité de contamination par l’eau des baignades, des piscines, des jacuzzis. Lorsque je me suis installée dans le Midi de la France, j’ai constaté un nombre important d’infection condylomateuse chez mes nouvelles patientes. Les provinciales mèneraient-elles une vie sexuelle plus agitée que les Parisiennes ? Non, cette hypothèse était absurde. Que se passe-t-il dans le midi qui ne se passe pas à Paris ? Les baignades, bien sûr !

Autre argument en faveur du milieu aquatique comme vecteur du virus HPV: les verrues plantaires provenant de la fréquentation des piscines. Si le papilloma virus responsable des verrues plantaires se transmet par l’eau , pourquoi ses cousins germains qui provoquent des verrues génitales ne se transmettraient-ils pas de la même façon ?

Alors, Mesdames, si votre gynécologue vous décèle un papilloma virus, n’accusez pas votre compagnon d’infidélité ! Il n’y est, peut-être, pour rien !

Sans compter que lorsque l’on décèle le virus HPV, on n’a pas son millésime

De quand date la contamination ? D’il y a dix ans ? D’il y a huit mois ? Comme on peut être porteuse saine de ce virus, il est impossible de donner une date de contamination ….sauf à faire un dépistage annuel de ce virus dès ses premiers rapports sexuels.

Comment dépister un papillomavirus ?

A la suite d’un frottis en phase liquide : recherche remboursée uniquement lorsque le frottis montre des signes de souffrance cellulaire qui font penser à une infection virale. C’est ce qu’on appelle le frottis ASCUS (anomalies cellulaires de signification indéterminée)

Lors de la réception d’un frottis ASCUS,  je prescris une ordonnance de recherche de virus HPV cancérigènes et avertis ma patiente que je poursuis les investigations car son frottis est très inflammatoire. Dans 80 % des cas, la recherche est négative, l’inflammation est banale, sans cause virale et ne nécessite aucun traitement. Je rassure ma patiente en lui recommandant de revenir l’année prochaine pour un autre frottis.

Dans 20% des cas, il existe une infection par HPV.  Je recommande, alors,  un examen à la loupe (colposcopie) à la recherche d’un condylome. Parfois, on ne retrouve pas de condylome, ma patiente est une « porteuse saine » du virus HPV….et il n’y a aucun traitement médical du virus. Il faut être patient, attendre la disparition spontanée du virus et surtout faire des frottis tous les six mois afin de vérifier qu’il n’y a pas apparition d’un condylome.

Il est inutile de rechercher le virus HPV lorsque l’on reçoit un frottis montrant la présence d’un condylome simple ou dysplasique puisqu’on va le trouver à coup sûr et que la seule attitude raisonnable est de proposer la colposcopie et des biopsies pour voir la sévérité de la lésion condylomateuse afin de proposer un soin adapté

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Quand la patiente a plus de 30 ans, je pratique la recherche directe du virus HPV.

Si la recherche est négative, je ne pratique pas de frottis. Si la recherche est positive, j’adresse ma patiente dans un centre hospitalier afin de pouvoir pratiquer l’examen du col dans de bonnes conditions. Je n’ai encore jamais eu besoin d’une assistance de ce type.

Faut-il rechercher directement le virus HPV  sans effectuer de frottis à une femme de moins de 30 ans ?

A mon avis, cela n’a aucun intérêt. 60 % des jeunes femmes de 18 à 25 ans sont porteuses d’un virus HPV qu’elles élimineront par leurs défenses naturelles en quelques mois. Apprendre à une patiente qu’elle est porteuse saine d’un papilloma virus est anxiogène. La patiente doute de son partenaire, ne sait pas si elle doit lui en parler….et comme il n’y a aucun médicament pour lutter contre ce virus, la patiente est dans une impasse. Je le répète, le portage d’un virus HPV n’a aucune importance tant qu’il ne donne pas une verrue …et, fort heureusement, les verrues sont rares !

La présence d’un virus sexuellement transmissible et potentiellement cancérigène est très mal ressentie par mes patientes qui se sentent souillées, qui se culpabilisent, qui s’inquiètent. Une infection que l’on sait sexuellement transmise et potentiellement cancérigène est une bombe qui fait exploser l’estime de soi. J’ai du mal à recadrer les choses, à dédramatiser tout en ne proposant que de la patience en attendant la disparition spontanée du virus. L’expectative est très mal vécue.

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Vous êtes porteuse d’un papilloma virus ?

Dédramatisons ensemble

60 % des femmes de 18 à 25 ans sont en contact avec ce virus, autant dire s’il est banal de le rencontrer.

La contamination a pu se faire lors d’un rapport sexuel il y a plusieurs années ou ….lors d’une baignade.

Le virus s’élimine grace à vos défenses naturelles.

Ce virus ne donne presque jamais de symptomes chez l’homme qui est un porteur sain. Si, par malheur, votre partenaire est porteur d’un condylome du pénis, c’est une affection qui se soigne en une séance de cryothérapie chez le dermatologue. Les hommes ne présentent des cancers du pénis que de façon archi exceptionnelle.

A moins de porter chacun un préservatif à tous les doigts lors de vos rapports sexuels, vous n’empêcherez pas la contamination croisée, alors autant l’accepter !

Vivez normalement, mangez sainement, profitez de cette infection pour arrêter de fumer et votre virus disparaitra très vite.

J’attends l’arrivée de nouveaux tests qui ne décèleront pas que le virus HPV mais distingueront ceux qui attaquent le col en vue de le cancériser. Peut-être que ces nouveaux tests pourront être intéressants …à moins qu’ils ne soient encore plus stressants !

Dans mon prochain billet, je vous donnerai des conseils pour vous débarrasser d’un condylome.

CONCLUSION

La vaccination par le Gardasil 9 est révolutionnaire : enfin, on va pouvoir éradiquer les cancers du col, de la vulve, du canal anal et de la gorge qui sont viro induits !

On encourage filles et garçons à se faire vacciner dès 11 ans

La vaccination peut se faire par le pharmacien.

La vaccination est autorisée , vie sexuelle ou pas , jusqu’à 45 ans mais elle n’est remboursée que jusqu’à 20 ans et elle coûte 110 euros l’injection

En Australie qui a 15 ans d’avance sur nous question Gardasil, ils ont remarqué qu’une seule injection suffit ( sauf chez les immunodéprimés où il en faut 3 ) donc je recommande une seule injection payante à mes patientes ( et patients) de plus de 20 ans

En 2030, l ‘ Australie espère voir la disparition du cancer du col de l’utérus ….c’est très encourageant ! Ils vaccinent depuis 15 ans toute la population et n’ont pas constaté d’effet secondaire de ce vaccin, c’est rassurant !