Comment retrouver la libido de ses vingt ans à la ménopause

Pour certaines femmes, plutôt nombreuses d’ailleurs, la perte de la fonction hormonale des ovaires entraîne une diminution du désir sexuel, une diminution des orgasmes et en nombre et en intensité. C’est ainsi, beaucoup de femmes sont régies par leurs hormones et ce n’est pas leur faire insulte de dire que nous sommes aussi comme les animaux qui n’ont plus aucune pulsion sexuelle lorsqu’ils sont castrés.

Une minorité de femmes ne ressent pas l’extinction définitive de la production hormonale ovarienne de même que, sous pilule, certaines ne voient pas de différence sur leur libido et d’autres , oui.

Alors que faire lorsque l’on est dans la majorité sans libido et qu’on souhaite revoir l’enthousiasme pour le sexe que l’on avait bien avant la ménopause ?

Et bien il faut prendre des médicaments.

LE VIAGRA POUR FEMME

On en parle , on tente de le vendre aux USA ….mais il n’est pas arrivé en France et, selon les études, il ne marche qu’à 20%.

LOVEGRA

Il existe désormais une crème, en vente libre, nommée Zestra, qui a les mêmes propriétés que le Viagra, à savoir qu’elle augmente le désir sexuel dans les dix minutes qui suivent son application sur la vulve . Elle est chère, vendue en sachets à usage unique . Je n’ai aucun retour d’expérience de cette crème puisque aucune de mes patientes ne l’a utilisée .

LE LIVIAL

C’est LA molécule du désir et du plaisir retrouvé.

livial

Toutes mes patientes me le disent : elles retrouvent le désir et le plaisir de leurs vingt ans et une patiente m’a même dit  » Docteur, c’est même mieux qu’après mon mariage ! »

La molécule c’est la tibolone, une molécule totalement synthétique qui a un effet estrogene like très puissant et valable pour toutes les utilisatrices.

Non seulement le Livial corrige en 15 jours la sécheresse des muqueuses , des tissus, mais il donne de l’appétit sexuel et des orgasmes de qualité . Mais si vous avez été frigide toute votre vie, ce médicament ne fera pas de miracle !

Alors pourquoi n’est -il pas plus souvent prescrit ?

Parce que beaucoup de femmes refusent de prendre un médicament tous les jours ou tous les deux jours , surtout un vrai médicament, pas des plantes.

Parce que beaucoup de médecins ignorent la baisse de la libido chez leurs patientes et préfèrent ne pas s’engager dans un traitement « hormonal » bien que ce soit un médicament avec une AMM donc un contrôle rigoureux des effets secondaires.

Parce que le Livial est cher, pas remboursé , qu’il faut aller le chercher dans des pharmacies discount pour ne pas avoir à le payer 40 euros par mois mais plutôt 25 et qu’il faut trouver un médecin à l’écoute pour vous le prescrire : impossible d’en obtenir sur Internet.

Parce que il faut être en bonne santé pour le prendre

pas de tabagisme

pas d’hypertension , de cholestérol, de diabète, d’athérosclérose, de risque de phlébite

pas d’obésité

Ce n’est pas une molécule qui fait grossir, ou redonne des règles mais il encrasse un peu les artères et on en déconseille la prise au delà de 72 ans

Il ne donne pas d’excès de K du sein , il laisse les seins tels quels mais ne peut pas être prescrit à une femme ayant eu un K du sein.

LE CLIMASTON

CLIMASTON

C’est un THM semi naturel : composé d’estrogènes naturels per os et de Duphaston un progestatif très proche de la progestérone naturelle mais qui booste le désir sexuel.

Ce ne sont pas les estrogènes qui sont moteurs dans l’appétit sexuel mais la progestérone semi naturelle du médicament.

On trouve Climaston 1/5 pour un THM sans règles et 2/10 pour un THM avec règles ( petites règles)

C’est le seul THM qui a fait la preuve de son action dans la restauration de la libido , les THM par gel et par patches sont peu actifs dans ce domaine.

Le climaston est autorisé à toutes les femmes sans fibrome, sans hypertension, sans diabète, sans antécédent personnel de phlébite ou de cancer du sein.

LA DHEA

DHEA

Prescrite par votre médecin donc achetée en pharmacie, ou achetée par vous même sur un site de vente en ligne , c’est une molécule qui permet de restaurer , pour la plupart des femmes mais pas toutes hélas, la libido , le désir, le plaisir et la lubrification vaginale.

On commence à 25 mg , une capsule par jour 6 mois sans avoir besoin de faire de dosage de DHEA dans le sang au préalable. On avise au bout de six mois : succès ? on continue toute l’année une capsule le matin; échec ? on passe à DHEA 50 mg et on fait le point six mois après et si échec , on passe à 75 mg .

L’avantage de cette molécule, c’est qu’elle ne fait pas grossir, ne fait pas pousser fibrome et endométriose, ne donne aucune mastose.

L’inconvénient, c’est qu’elle n’est pas remboursée ( 12 euros par mois) et qu’elle n’est pas systématiquement efficace contrairement à Livial.

LE COENZYME Q 10 ou UBIQUINOL

Attention à ne pas acheter l’ubiquinone qui est un coenzyme Q10 totalement inactif mais bien regarder que c’est écrit ubiquinol .

Le co enzyme Q10 est indispensable à la santé de toutes nos cellules, c’est lui qui leur permet une bonne oxygénation . Or , le temps passant, notre foie ne synthétise plus trop ce co enzyme et quand on prend des statines contre le cholestérol, alors là, c’est fini , le produits bloquent la synthèse du Co enzyme et ce sont tous les effets secondaires bien connus des statines qui apparaissent : crampes, tendinites …

Il faut donc penser à se recharger en ubiquinol entre 50 et 100 gr tous les jours au dîner. Cela va « aérer » toutes vos cellules , détoxifier l’organisme, protéger le coeur, le cerveau ….et augmenter l’intensité des orgasmes ….ce qui entraîne un désir sexuel plus intense puisque les résultats de l’acte sexuel sont satisfaisants . Il faut compter un à deux mois d’ubiquinol pour recharger son corps épuisé . Vous trouverez cette molécule sur Internet sur plusieurs sites , le plus fameux étant Nutrixeal , labo français, qui réalise des produits hautement purifiés , sans aucun conservateur , sans protéine animale . Il faut compter 30 euros par mois , c’est cher mais c’est une molécule sans aucun effet secondaire et qui agit dans tout votre organisme pour le maintenir en bonne santé . C’est à prendre non stop évidemment même si on peut faire des pauses d’un mois deux fois l’an.

Je ne vous donnerai pas plus de pistes parce que tout le reste est peu efficace ou alors efficace sur une patiente et pas sur l’autre comme les plantes ou les huiles essentielles et même le THM par gel et progestérone naturelle .

ZESTRA gel aphrodisiaque

A utiliser sur la vulve , 10 minutes avant l’acte sexuel , il attire le sang dans toute la zone génitale et donc augmente le désir . Couplé avec l’ubiquinol qui augmente l’orgasme, cela parait une alliance intéressante et sans danger aucun .

LES SOINS EN CLINIQUE ESTHETIQUE à visée d’épanouissement sexuel

Il existe des cliniques spécialisées en sexologie qui proposent des soins très intéressants , mais fort coûteux, pour restaurer orgasmes , plaisir ….et donc désir . Vous trouverez leurs adresses sur le Net . Elles sont situées dans les grandes métropoles . Ce sont des chirurgiens réputés qui y officient et vous pouvez y aller en toute confiance . On peut resserrer un vagin trop lâche ou au contraire faire du laser pour donner de la souplesse et de la lubrification à un vagin trop étroit, on peut gonfler le point G pour le rendre plus sensible à la stimulation etc . etc. J’ai quelques patientes qui y sont allées et franchement les résultats sont époustouflants : ces chirurgiens travaillent remarquablement bien …mais c’est très cher .

CONCLUSION

Il existe peu de traitements efficaces pour booster une libido défaillante à la ménopause mais il existe des soins locaux hormonaux ou non , qui aident à hydrater le vagin et à diminuer la dyspareunie très fréquente à cet âge. Il ne faut jamais oublier que toute douleur vaginale va couper tout désir d’acte sexuel. Une fois que le cerveau a « engrammé » la douleur , il l’anticipe , même quand les causes de la douleur ont disparu. Alors on a mal rien que d’y penser, on se crispe, les muscles périvaginaux se spasment et deviennent douloureux dès qu’on les frôle : il faut donc agir sur une dyspareunie dès son apparition , qu’elle ne s’installe pas sinon le circuit vagin cerveau sera programmé en mode douleur.

La base de tout rapport épanoui, c’est l’absence de douleur. Cependant, le désir sexuel et l’intensité du plaisir ne dépendent pas d’un vagin assoupli et bien hydraté , il faut d’autres ingrédients !

La sexualité à la ménopause

Votre sexualité va-t-elle se modifier après la ménopause ? Il est vraisemblable que oui.

Certaines de mes patientes vivent des ménopauses de rêve. Elles ne prennent pas un gramme, n’ont pas de bouffées de chaleur et conservent une sexualité épanouie. Ces patientes bienheureuses sont rares.

Pour la plupart des femmes, la ménopause rime avec :

prise de poids intempestive avec modification de la silhouette : la graisse se loge au niveau du ventre, parfois des seins. Cette modification corporelle est source de tristesse chez beaucoup de patientes qui ne s’aiment plus, or il est essentiel de se plaire avant de plaire à l’autre. Parfois, certains maris font des remarques cruelles, ce qui n’arrange pas l’estime de leur compagne.

bouffées de chaleur nocturnes qui fatiguent.

mauvaise humeur, état dépressif léger, ce qui ne booste pas la libido.

et surtout, sécheresse vaginale qui rend les rapports sexuels douloureux. Or peu de patientes sont masochistes au point d’aimer des rapports douloureux. La plupart de mes patientes évitent les relations sexuelles ce qui est incompréhensible pour le compagnon qui s’imagine qu’il est délaissé pour un amant alors, il insiste , la compagne s’obstine dans son refus ou accepte « pour faire plaisir » un rapport qui sera vécu dans la négativité.

et, en fin de compte, baisse réelle des pulsions érotiques : le désir est faible voire absent. Quand le rapport a lieu, l’orgasme met du temps à venir, ne vient  pas ou est d’intensité faible : rien à voir avec avant, du temps de l’activité hormonale et des règles, me confient des patientes.

Bien sûr, il existe quelques cas de patientes venant de  rencontrer le grand amour et qui sont sur un petit nuage et dont la libido est vivifiée par cette rencontre magique. La plupart du temps, la femme est mariée depuis longtemps et l’effet aphrodisiaque de la rencontre avec le Prince Charmant s’est dissipé.

Alors que peut-on proposer pour continuer à vivre une sexualité heureuse ?

COMMENT CONSERVER UNE LIBIDO INTACTE ?

Comme je vous l’ai déjà dit, certaines patientes n’ont absolument pas besoin des compétences d’une gynécologue pour garder un appétit sexuel intact. D’autres n’ont plus aucun désir sexuel mais cela tombe bien : elles sont veuves, ne souhaitent pas refaire leur vie ou, alors, c’est le mari qui souffre d’impuissance et qui ne veut pas entendre parler de traitement.

Mais une large minorité de mes patientes se plaint d’une diminution du désir sexuel à l’arrêt des règles. Ces femmes aimeraient retrouver la vie conjugale qui les satisfaisait avant la ménopause. Il n’y a pas de solution hors traitement hormonal que celui ci s’appelle THS, DHEA, ou LIVIAL. Je ne connais pas de phytothérapie qui booste la libido, hélas !

Les traitements locaux suppriment la sécheresse vaginale, ce qui est un premier pas vers une sexualité harmonieuse mais ils ne donnent pas de désir sexuel. Disons qu’ils font en sorte que les rapports sexuels soient indolores….ce qui est déjà beaucoup et ce qui est suffisant à toutes celles qui ne sont pas nostalgiques de leur vie d’avant.

Abordons les différents traitements qui restaurent le désir sexuel :

LES TRAITEMENTS HORMONAUX SUBSTITUTIFS A BASE D OESTRADIOL ET DE PROGESTERONE

Lorsqu’ils n’ont pas de contre indications, ils sont proposés en première intention.

Il n’existe aucune majoration du risque de cancer du sein avec des produits reproduisant au plus près nos hormones naturelles si on les prescrit à la dose minimale efficace et si on sait les arrêter à temps lorsqu’ils provoquent des effets secondaires sur la glande mammaire. Je ne prescris aucun traitement hormonal, même très peu dosé, à une patiente ayant eu des microkystes dans les seins, des mastodynies, et je suis très méfiante pour toutes celles qui ont des antécédents de cancer du sein dans la famille au premier degré (mère, tante, cousine, soeur).

Lorsqu’une patiente souhaite un THS alors que je juge que c’est à risque pour elle, j’expose le pour et le contre du traitement et il est rare que je n’obtienne pas l’assentiment de ma patiente pour une autre thérapeutique. Cependant, mes préconisations ne sont que des conseils, je ne suis pas voyante et il se peut que je refuse un traitement qui n’aurait absolument pas donné de conséquences néfastes !

Quels sont les différents produits que l’on peut prescrire ?

ESTREVA / OESTRODOSE

sont des gels contenant de l’oestradiol, notre hormone féminine principale. Appliqués sur l’avant bras à raison d’une ou deux doses par jour, ils suppriment en huit jours les bouffées de chaleur, redonnent un bon sommeil, un meilleur moral et de la libido. Le vagin retrouve sa trophicité et les rapports redeviennent indolores.

Il existent des patches qui contiennent cet oestradiol : certaines patientes préfèrent les patches, d’autres non. L’utilisation d’un gel permet de doser la quantité nécessaire et suffisante pour faire disparaître les troubles post ménopausiques mais il faut une application quotidienne plus astreignante qu’un patch que l’on met chaque semaine…mais qui se voit (quoique les derniers patches commercialisés sous le nom de Vivelledot ont la grandeur d’un timbre poste !)

Attention: il existe des patientes qui ont une peau qui ne laisse pas passer le produit : il est inefficace malgré l’augmentation des posologies et il faut alors recourir aux comprimés d’hormones naturelles

ESTREVA cp/ PROVAMES/PROGYNOVA/OROMONE

sont des hormones féminines à prendre per os. Le produit est immédiatement efficace mais il a plus d’effets secondaires sur les lipides, la pression artérielle, les varices, que les produits délivrés par voie trancutanée.

Lorsque la femme possède un utérus, il faut compléter les hormones féminines par de la progestérone sinon on créerait un déséquilibre pourvoyeur de polypes hémorragiques voire de cancers de l’endomètre.

Cette progestérone n’a pas d’autre utilité que d’empêcher les hormones féminines de faire trop pousser la muqueuse utérine. Il existe des progestérones naturelles qui sont très utilisées aussi chez les femmes enceintes pour prévenir fausses couches et accouchements prématurés.

Ces progestérones sont sans danger pour les seins, la circulation veineuse, le poids.

Citons UTROGESTAN/ MENAELLE/ESTIMA

Utrogestan et ses génériques ont la particularité de se prendre par voie orale (toujours au coucher car la molécule endort un peu) ou par voie vaginale.

DUPHASTON est classé dans les progestérones naturelles qui n’ont pas d’effets délétères.

Toutes les autres progestérones ne sont pas naturelles et elles augmentent très légèrement le risque d’un cancer du sein, aussi je ne les prescris pas. L’augmentation du risque est de 1.7 , c’est très peu mais c’est, et ce petit sur risque démontré dans des études françaises, je l’ai retrouvé dans ma patientèle. C’est la progestérone de synthèse qui donne ce petit sur risque, ce n’est pas l’estradiol, c’est pourquoi, les patientes ménopausées sans utérus ne doivent pas recevoir un traitement oestro progestatif mais un traitement oestrogénique pur.

Peut-être suis-je trop prudente mais je dois reconnaître que je suis enchantée, rétrospectivement, de ma prise de position : hormones oui, mais que des naturelles. Dans ma patientèle , j’ai beaucoup moins de cancers du sein chez mes patientes traitées que chez celles qui ne le sont pas ! C’est normal, puisque j’exclus toute personne qui me semble à risque d’un soin hormonal et que je n’utilise que des hormones dites naturelles dont on a prouvé l’innocuité …et ce même sur des durées de traitement de plus de huit ans.

D’ailleurs, je dois dire que j’encourage mes patientes à poursuivre aussi longtemps le traitement qu’elles le souhaitent car, hélas, il faut souvent attendre 65 ans pour que les bouffées de chaleur disparaissent…quand elles daignent disparaître!

Il faut noter que le traitement hormonal sera d’autant plus efficace sur la sécheresse vaginale que la patiente a gardé au moins le col de son utérus. En effet le traitement donne de la glaire, glaire qui n’est fabriquée que par le col de l’utérus. Si une patiente a subi une hystérectomie dite totale, les hormones sont beaucoup moins efficaces, c’est pourquoi j’insiste pour que mes patientes, qui ont un col sain, bien sûr, bénéficient, en cas de pathologie utérine bénigne, d’une hystérectomie sub totale (avec conservation du col). Cela permet et d’éviter les descentes de vessie avec fuites urinaires et des difficultés sexuelles. Cette intervention se pratique maintenant sous coelioscopie et les cicatrices sont minuscules.

Il existe des associations d’estradiol naturel et de Duphaston commercialisées sous le nom de Climaston. Il n’existe pas de patchs combinant estradiol et progestérone naturelle. Duova et Divina sont des associations oestro progestatives non naturelles et j’ai observé dans ma patientèle le cas d’une femme qui avait abandonné le traitement que je lui avais prescrit pour Duova , recommandé par son généraliste, qu’elle a jugé plus confortable. Un an plus tard, on décelait un cancer du sein alors que ses précédentes mammographies étaient normales et que je l’avais traitée de sa ménopause avec des produits naturels, depuis cinq ans sans le moindre souci.

LIVIAL

C’est de la tibolone, une molécule qui restaure la libido en quelques jours. Non seulement, c’est un produit qui a une action directe sur la glaire et permet une production franche et massive de cette dernière, mais c’est aussi une molécule qui redonne l’appétit sexuel d’avant la ménopause. J’ai déjà parlé de ce médicament dans mon billet sur la DHEA.

DHEA

C’est un principe actif classé dans les compléments alimentaires. J’en ai longuement parlé dans un billet consacré à cette molécule.

Son action sur la libido n’est pas aussi franche et nette que celle du Livial.

Dans mon prochain billet, je vais détailler les produits locaux qui, en supprimant la sécheresse vaginale et la dyspareunie qui s’en suit, permettent une reprise d’une vie sexuelle indolore.