Les contraceptions naturelles temporaires

Il existe plusieurs formes de contraception naturelle, c’est à dire non hormonale et ne perturbant pas le cycle féminin : les cycles restent naturels avec fabrication de glaire, ovulation, période post ovulatoire appelée phase lutéale puis apparition des règles d’abondance et de durée normale.

Il existe des patientes qui ne supportent pas les cycles artificiels provoqués par la contraception oestro progestative : certaines  patientes peuvent prendre du poids, se sentir de mauvaise humeur ou avoir des insomnies. La libido disparaît parfois sous pilule. Des douleurs comme des contractions peuvent survenir qui entraînent  fatigue chronique et dyspareunie.

Oui, il existe certaines femmes qui ne tolèrent pas, ou plus, la pilule.

Il existe aussi une autre catégorie de femmes, celles qui refusent de prendre des hormones toute leur vie.

Bien sûr pour toutes les femmes qui ne supportent pas physiquement ou psychologiquement la contraception hormonale, on peut proposer la pose d’un stérilet au cuivre mais vous savez, désormais, que la port d’un DIU n’est pas toujours toléré. D’ailleurs, le port du stérilet sans hormone n’est pas, à proprement parlé, une contraception naturelle. Le DIU crée une inflammation locale qui se diffuse aux trompes  puis aux ovaires rendant ceux ci impropres à la fabrication d’ovules de bonne qualité. Cette inflammation locale est peu ressentie par 85 % des patientes qui sont ravies de cette contraception mais, dans 15% des cas, cette inflammation est durement ressentie avec douleurs pelviennes, ménorragies, dysménorrhée. Un DIU provoque un dysfonctionnement du cycle. Une contraception naturelle a pour définition de ne pas interférer sur le fonctionnement physiologique du cycle menstruel.

Alors, dans certains cas, il faut savoir proposer des alternatives aux hormones ou au stérilet.

Quelles sont ces alternatives ?

Il existe des alternatives ponctuelles, réversibles dont je vais parler maintenant et des alternatives définitives dont je parlerai dans un autre billet.

LES PRESERVATIFS MASCULINS

Beaucoup de patientes utilisent ce mode de contraception. Sachez qu’il existe des allergies au latex qui peuvent rendre la méthode contraceptive douloureuse pour la partenaire. Il existe des préservatifs sans latex. La contraception par préservatifs est intéressante car elle protège des maladies sexuellement transmises comme le HIV, les hépatites, le chlamydiae, le mycoplasme, la syphilis. Les préservatifs protègent mal du virus de l’herpès et du papilloma. Mais cette contraception connait des failles : on parle de 5 % d’échec. Lorsque le préservatif craque, on peut utiliser ponctuellement la « pilule du lendemain » 

Le risque de rupture est de 1/120 avec un préservatif en latex et de …1/26 avec un préservatif sans latex.

Sachez que seule la pilule du lendemain NORLEVO est en vente libre en pharmacie. Il faut une ordonnance pour acheter ELLA ONE qui est chère et pas remboursée…mais bien plus efficace ! N’achetez pas NORLEVO, préférez ELLA ONE : j’ai tellement vu de grossesses non désirées sous Norlevo que je pense que ce n’est pas le bon produit à utiliser ! Demandez à votre gynécologue, lors de votre consultation annuelle, de vous faire une ordonnance d’ELLA ONE, au cas où!

LE PRESERVATIF FEMININ

Je n’en parlerai pas car vous pouvez voir des vidéos sur Internet qui montrent ce qu’est un préservatif féminin et comment l’utiliser mais c’est un produit si cher qu’aucune de mes patientes ne veut s’en servir. Donc, je n’ai aucune expérience à vous faire partager de ce mode de contraception.

LE DIAPHRAGME

C’est une méthode très intéressante de contraception naturelle car elle est peu chère (le diaphragme s’achète pour la vie), très bien tolérée. Le diaphragme est très facile à poser avant le rapport sexuel (ou tous les soirs, si vous désirez ne pas interférer dans le rapport). Le partenaire ne le sent pas. On le retire au moins huit heures après le rapport, on le lave à l’eau et au savon, on le range dans son boîtier jusqu’au soir d’après. Il faut utiliser un gel contraceptif pour enduire le diaphragme avant l’emploi et c’est là que les choses se compliquent car il n’existe plus beaucoup de gels spermicides en vente en France.

Le diaphragme se pose soi même de façon aussi simple que l’anneau contraceptif hormonal Nuvaring.

LA COURBE DE TEMPERATURE

C’est une méthode très fiable de contraception naturelle malheureusement peu utilisée. Pourtant, elle est simple et pas chère.

Il suffit de prendre sa température rectale (obligatoirement) tous les matins au lever, avant la toilette et le petit déjeuner. On reporte le chiffre obtenu sur un graphique. Désormais, beaucoup de sites internet proposent des courbes très faciles à faire.

Nous sommes fécondes jusqu’à l’ovulation. Lorsque l’ovulation a eu lieu, de la progestérone est secrétée. Cette progestérone :

ferme le col de l’utérus

coagule la glaire qui emprisonne alors les spermatozoïdes

et fait grimper la température matinale aux alentours de 37°.

Tant que l’on n’a pas constaté deux matins de température à 37, on est féconde et il faut utiliser les préservatifs. Dès que cette température est là, l’ovulation est finie , le col fermé, la glaire coagulée et l’on peut se passer des préservatifs.

C’est donc une méthode qui permet de partager la charge de la contraception et qui est bien plus fiable que le calcul des jours de fécondité. Ces calculs peuvent être pris en défaut lorsque l’on a du stress, lorsque l’on aborde la quarantaine bref lorsque les ovulations surviennent à dates variables.

Il n’est pas nécessaire de faire une courbe entière sur tout le cycle, il suffit de prendre sa température à partir de J 12 et d’attendre le jour de la montée à 37.

Bien sûr, cette méthode n’est pas valable

lorsque l’on est malade

lorsque l’on a des horaires très variables de lever

lorsque l’on a des cycles de plus de quarante jours

L ORDINATEUR  PERSONA

Je ne vous parlerai pas de cette méthode qui parait très intéressante mais dont le prix est si élevé qu’il fait fuir mes patientes aussi n’ai-je pas de retour d’expérience sur cette méthode que vous découvrirez en cliquant sur le lien.

LES OVULES SPERMICIDES PHARMATEX

Ils se mettent au fond du vagin avant les rapports, lors des préliminaires. Ils sont en vente libre en pharmacie. Je conseille leur utilisation pendant les périodes de faible fécondité : lors d’un allaitement complet ou après 45 ans mais je ne propose jamais cette méthode pour des femmes entre 18 et 45 ans car elle est moins fiable que toutes celles que je vous ai décrites précédemment. Il existe parfois des irritations vaginales quand l’ovule se dissout.

Conclusion : il est tout à fait possible d’utiliser une méthode naturelle de contraception et avec beaucoup de satisfaction. Il est nécessaire, que nous, gynécologues, pensions à cette alternative et la proposions pour que notre patiente puisse y réfléchir. C’est une option parmi d’autres, de même qu’il faut évoquer les possibilités d’une contraception définitive (ou presque) auprès de femmes qui ne souhaitent ou ne doivent plus, pour des motifs médicaux, être à nouveau enceintes.

Le DIU MIRENA : avantages et inconvénients

Il existe un modèle de stérilet qui n’est pas au cuivre mais qui contient un petit réservoir qui délivre un progestatif, le levonorgestrel, tout le temps qu’il est en place dans l’utérus. Ce stérilet s’appelle le Mirena. Quel est l’intérêt de proposer ce DIU hormonal ? Ce Mirena a-t-il des effets secondaires néfastes ?

LES AVANTAGES DU MIRENA

Il est autorisé chez toutes les femmes à risque de phlébite, chez toutes celles qui ont fait une phlébite et chez celles qui sont EN TRAIN de faire une phlébite : lorsque l’on aune phlébite évolutive, on peut passer de la pilule que l’on doit arrêter immédiatement au Mirena.

Il diminue le volume des règles : c’est capital pour toutes celles qui ont des règles épuisantes, longues, abondantes et donc qui ne peuvent supporter le DIU sans hormones. Cela permet à ces femmes de porter un DIU pour cinq ans.

Il supprime les douleurs de règles comme une pilule, alors que le DIU au cuivre laisse les règles douloureuses voire même aggrave la dysménorrhée.

C’est donc un stérilet que les femmes affectées par une adénomyose peuvent porter. Le Mirena peut être même prescrit comme traitement des ménorragies douloureuses de l’adénomyose, sans but contraceptif.

Il est à 100 % efficace, ce qui est fondamental pour celles qui ont eu un accident contraceptif sous pilule ou sous DIU classique…ou qui ont eu une grossesse extra utérine. Le DIU au cuivre est fortement déconseillé aux femmes ayant fait une GEU car elles ont plus de chances que les autres de récidiver, et la GEU est une affection grave qui peut mettre en jeu la vie de la femme.

Il empêche l’ovulation : c’est un « stérilet pilule » donc il n’y a pas de risque d’avortement ultra précoce.

Il délivre des hormones progestatives dans l’utérus, hormones qui permettent de relâcher les fibres musculaires : le Mirena reste plus facilement en place que le DIU au cuivre. Il y a beaucoup moins d’expulsion de Mirena que de DIU classique.

Ces hormones progestatives délivrées en continu empêchent :

les migraines cataméniales,

le syndrome prémenstruel ( ballonnements, irritabilité, prise de poids pré menstruels).

Ces hormones ferment le col, coagulent la glaire ce qui fait barrière aux germes dont le chlamydiae. Il existe beaucoup moins de salpingites sous Mirena que sous stérilet au cuivre.

LES INCONVENIENTS DU MIRENA

Il diminue voire efface les règles : pour certaines femmes, cela ne leur convient pas du tout. Sans leurs règles, ces femmes se sentent gonflées, empâtées. Certaines qui avaient souhaité opter pour le Mirena, reviennent me voir trois mois plus tard pour revenir au stérilet classique…quitte à avoir des règles abondantes.

Il peut faire grossir : il faut prévenir les patientes que le Mirena peut faire prendre 10 kilos dans l’année ! Et bien sûr, ce sont les femmes qui se battent pour garder la ligne qui sont le plus à risque ! Les femmes menues n’ont aucun risque de prendre du poids avec le Mirena.

Les hormones du Mirena sont susceptibles de redonner de l’acné aux femmes prédisposées. Il faut toujours demander aux patientes souhaitant un Mirena, si elles n’ont pas des antécédents d’acné et les prévenir du risque de réapparition de l’acné quelques mois après la pose du DIU. Ce dispositif n’est pas du tout conseillé aux femmes qui perdent leurs cheveux ou qui ont une pilosité exagérée.

C’est un stérilet très gros du fait de son réservoir hormonal : il se place difficilement chez les nullipares ou celles qui ont un petit utérus avec un col étroit. Pour la pose, il faut utiliser un hystéromètre au diamètre adapté afin de bien dilater le col sinon la pose sera douloureuse…et suivie d’expulsion ou de malaises.

J’attends avec impatience l’arrivée du MiniMirena, prévue pour 2013, stérilet au Lévonorgestrel mais de petite dimension donc pouvant être placé chez des nullipares à l’utérus étroit. Il devra être changé tous les trois ans, mais c’est un désagrément fort secondaire par rapport à ses avantages.

Je refuse de poser un Mirena en post partum immédiat sans avoir attendu le retour de couches afin de ne pas traumatiser un utérus encore fragile.

En conclusion : ce stérilet a beaucoup d’avantages mais aussi des inconvénients qui sont minorés par nombre de gynécologues. C’est pourquoi, je reçois souvent des femmes furieuses parce qu’elles n’ont été averties que des bénéfices et pas des effets secondaires dont elles se plaignent amèrement !

C’est bien sûr une contraception autorisée chez les fumeuses, les diabétiques, les cardiaques et celles qui ont fait des phlébites.

Dans mon expérience personnelle, j’ai constaté une augmentation des pathologies du sein (bénignes le plus souvent, mais pas toujours) avec ce DIU aussi j’évite de le préconiser chez celles qui ont des glandes mammaires fragiles (kystes, adénofibromes, mastose)

Je considère le Mirena, non comme un simple DIU, mais comme un produit hormonal, c’est pourquoi je ne le prescris jamais en première intention sauf pathologie gynécologique connue qui contre indique le port d’un DIU au cuivre.

Par ailleurs, lorsque l’on souhaite porter un DIU, c’est souvent pour échapper à une prise quotidienne hormonale : ce n’est pas pour retrouver des hormones diffusées par un stérilet !

J’essaie d’apporter la réponse la plus efficace mais aussi la plus naturelle possible à un problème contraceptif : le Mirena  répond au premier objectif, pas au second,  le DIU au cuivre répond aux deux. La plupart des mes patientes sont en total accord avec ma ligne de conduite et préfèrent, elles aussi, un DIU au cuivre…lorsqu’il convient.

Mon prochain billet va être justement consacré aux différentes méthodes de contraception naturelle…car ces contraceptions existent et sont insuffisamment promues.

Contraception par DIU au cuivre : avantages et inconvénients

LES AVANTAGES

Un DIU n’a pas d’hormones : il ne modifie que peu vos cycles. C’est une contraception autorisée dans toutes les affections aggravées par les hormones : maladie lupique, cholestase, varices, phlébite, surpoids, thrombophilie.

Il ne modifie pas votre libido, ne donne pas de sécheresse vaginale.

Bien placé, on l’oublie : les règles sont un peu plus abondantes, parfois un peu douloureuses. La contraception est assurée à 99 %  pour cinq ans, voire plus lorsqu’on approche de la ménopause : on ne change pas le stérilet passé 48 ans, on le laisse en place jusqu’à la ménopause qui se définit comme douze mois consécutifs sans règles.

Il est remboursé par la Sécu.

Il est compatible avec le tabagisme.

On vit normalement avec un DIU : on peut prendre tous les médicaments que l’on veut, y compris des anti inflammatoires ( mais si on prend un antiinflammatoire comme cortisone, aspirine, ibuprofene, on a un rapport protégé le soir même , le lendemain, plus de souci) . On peut porter des tampons.

LES INCONVENIENTS

Il donne des règles parfois importantes et fatigantes. Ce peut être la cause d’une anémie par manque de fer. Il ne faut pas hésiter à prescrire des cures de fer ( fumafer 2 cp par jour ou oligomax fer deux ampoules pour celles qui ne digèrent pas le fer allopathique) pendant les règles et des produits comme EXACYL ampoules ou comprimés à ne prendre que si besoin, quand « ça déborde’, afin de réguler le flux menstruel.

Pour celles qui ne tolèrent pas l’exacyl, ou celles qui ont fait une phlébite, il faut utiliser SEPIA 9 CH 5 granules toutes les trois heures.

Il donne des glaires abondantes parfois striées de sang en milieu de cycle et des métrorragies prémenstruelles et post menstruelles. La durée des règles s’allonge.

Il ne régularise pas les cycles et il est impossible de décaler ses règles pour partir en voyage.  Pour mes patientes qui souhaitent faire un pèlerinage à La Meque, je suis contrainte de retirer le DIU, de prescrire une pilule non stop tout le temps du voyage puis de reposer le DIU au retour car la femme ne doit pas avoir ses règles durant toute la période du pèlerinage.

Le DIU est contraceptif de deux façons :

1 par le cuivre qui est spermicide

2 par une inflammation locale qui grimpe aux ovaires et les fait « buguer ».

On devient OPK de façon transitoire . Si la patiente a des ovaires micro kystiques, bref est déjà OPK,   ce sera l’enfer : coliques expulsives, dyspareunie, kystes fonctionnels, acné… Un DIU, c’est parfait pour toutes celles qui ont un utérus et des ovaires en béton armé.

Attention, le port d’un DIU au cuivre peut déclencher une poussée d’adénomyose, affection invalidante par ses règles abondantes et surtout sa dyspareunie profonde. Les utérus très retournés, dit rétroversés, sont de mauvais candidats au port du DIU : ils n’aiment pas , donnent des contractions et comme le fond de l’utérus est touché par la verge lors des rapports, ceux ci sont très douloureux …et obligent au retrait du DIU. Par ailleurs la présence d’un utérus rétroversé est souvent associé avec une endométriose profonde guère compatible avec un DIU qui l’aggrave.

Le port du DIU peut faire flamber une endométriose passée inaperçue grâce à la prise de pilule : donc jamais de DIU chez une jeune fille qui a des règles abondantes et douloureuses , on peut alors lui déclencher une endométriose invalidante pour le reste de sa vie de femme.

Le DIU ne peut prévenir les grossesses extra utérines, de survenue fort rare, heureusement. Cependant, tout retard de règles nécessite un test de grossesse …au cas où.

Le DIU est la porte d’entrée des microbes, sexuellement transmis ou non, comme le colibacille. Il faut être vigilante et consulter s’il existe des leucorrhées , des métrorragies signes précurseurs d’une endométrite point de départ de la salpingite.

Le DIU peut se sauver de l’utérus et migrer dans l’abdomen : c’est la perforation utérine, heureusement rare, mais qui nécessite une coelioscopie sous AG pour retirer le corps étranger….et on ne sait pas pourquoi il se sauve …ni quand il a décidé de migrer : donc, Mesdames , vérifiez la longueur des fils après vos règles et venez consulter en urgence si il y a un doute sur la présence des fils. …ou s’ils sont trop longs.

Le DIU peut être expulsé lors des règles : on ne sent plus les fils qui sortent de l’utérus.

A la consultation, l’utérus est vide : la contraception n’est alors plus assurée. Cette expulsion est assez rare : elle se fait le plus souvent dès le premier mois, d’où l’importance de la visite un mois après la pose. Certaines patientes ne tiennent pas leur DIU : il glisse. Il faut alors changer de marque, utiliser un grand stérilet comme le TT 380 ou alors opter pour le Mirena qui délivre de la progestérone ce qui diminue les risques d’expulsion.

Les fils peuvent gêner le partenaire. Pas de problème, on les recoupe au ras du col.

Parfois, on ne retrouve plus les fils ce qui empêche le retrait facile du DIU. Il faut alors prescrire un comprimé de CYTOTEC une heure avant le retrait du stérilet. Le Cytotec ouvre le col et on peut alors passer une pince de Bengolea fine à travers le col pour aller chercher le stérilet. Ce n’est pas très douloureux mais on échoue parfois et il faut alors confier notre patiente à un chirurgien pour retirer le DIU sous légère anesthésie par hystéroscopie.

On ne peut pas garantir à la patiente qu’il n’existe pas d’avortements ultra précoces sous DIU au cuivre. Normalement, le DIU exerce son action contraceptive en donnant de très mauvaises ovulations : les ovules de mauvaise qualité ne sont pas fécondés. Cependant, il peut arriver qu’il y ait fécondation : l’oeuf arrive dans l’utérus où il ne se nide pas car les conditions locales sont défavorables. Pour mes patientes croyantes pratiquantes, je préconise le Mirena qui bloque toute ovulation : sous Mirena, il n’y a aucun avortement ultra précoce possible.

Mon prochain billet sera consacré au DIU Mirena.

ATTENTION DANGER

Il ne faut jamais garder un diu au delà de dix ans .

Il faut toujours changer ses diu à la date indiquée sur la notice ( à un an près ) car le diu s’altère avec le temps.

Il ne faut jamais garder un diu loin après sa ménopause . Le stérilet , c’est du plastique qui a une certaine durée de vie . Au bout de plusieurs années , il se décompose et des morceaux de pétrole ( le plastique , c’est fait avec du pétrole) passent dans la muqueuse utérine, peuvent créer une inflammation persistante source de cancer .

Une de mes patientes a fait un K très compliqué , pas habituel, de l’intérieur de l’utérus car elle avait gardé son stérilet au moins dix ans après sa ménopause . Comme il ne la gênait pas, elle ne s’est pas méfiée.

Cet avertissement est valable pour le Mirena : tout corps étranger à durée de vie limitée n’a pas sa place dans l’utérus d’une femme ménopausée.

CONCLUSION

Le DIU cuivre est un très bon moyen de contraception ….pour les femmes qui le supportent et , sauf exception comme antécédents de salpingite, SOPK, endométriose, adénomyose,  il peut être posé à toutes les femmes QUI DOIVENT LIRE LA NOTICE avant la pose afin de connaître les effets secondaires possibles du produit qui n’est pas anodin et d’accepter les risques du corps étranger ….et la surveillance que son port induit .

Contraception par DIU au cuivre : indications

Le DIU au cuivre est un petit dispositif en plastique de 4 cm de hauteur entouré de fils torsadés de cuivre afin d’améliorer la tolérance et de diminuer les risques d’infection. Comme ce cuivre se délite avec le temps, il est conseillé de remplacer le DIU tous les cinq ans. Autrefois, on plaçait un stérilet pour la vie. Maintenant, les labos pharmaceutiques nous ont inventé des stérilets à changer tous les 5 ans et je me demande s’il n’y a pas une opération marketing sous cette nouvelle formule de DIU car j’ai eu nombre de patientes qui ont dépassé le délai des cinq ans ….sans aucune conséquence !

Il existe plusieurs marques de DIU avec des tailles et des formes différentes. J’ai une préférence pour les stérilets de la marque Mona Lisa.  En sept ans de pratique de Mona Lisa et des centaines de poses, je n’ai eu à déplorer qu »une GEU et aucune grossesse intra utérine non désirée : le DIU moderne est un moyen de contraception aussi fiable qu’une pilule (ce ne fut pas toujours le cas par le passé).

Comment place -t-on le DIU ?

On installe la patiente sur la table de gynécologie, on pose un spéculum, on désinfecte le col à la Bétadine, on pince le col avec une pince dite de Pozzi afin de maintenir l’utérus bien en place puis on introduit dans le col de l’utérus une petite sonde souple appelée hystéromètre, pour dilater le col et mesurer l’intérieur de l’utérus. Puis, on introduit doucement le DIU que l’on place au fond de l’utérus grâce à un inserteur. L’inserteur est long, ce qui donne la grandeur de la boîte…qui effraie beaucoup de patientes !

Quand place-t-on le DIU ?

Pendant ou, mieux, juste après les règles. Si l’on pose le DIU avant les règles, la pose sera douloureuse car le col est fermé ….et le stérilet ne sera pas contraceptif car il faut toujours poser un DIU avant l’ovulation pour qu’il soit immédiatement efficace.

Je n’aime pas poser un DIU juste après un accouchement ou une IVG. Je préfère que l’utérus soit bien remis, bien solide, pour procéder à la manoeuvre d’insertion.

Je préfère que ma patiente ait eu son retour de couches : je sais, alors, que l’utérus est solide. Le post partum est une période de fragilité de l’utérus et si l’on pose un corps étranger dans un utérus fragilisé, le stérilet peut filer dans le ventre : l’utérus fait aspirateur et envoie des contractions pour expulser le stérilet…dans l’abdomen. C’est ce qu’on appelle la perforation utérine.

Chez qui place -t-on un DIU ?

Chez les patientes qui le souhaitent : si la patiente n’est pas prête à accepter la présence d’un corps étranger, il ne sera pas toléré.

Chez la multipare : son utérus a connu la grossesse, il est plus souple.

On peut poser un DIU chez la nullipare à condition de respecter certaines précautions comme je les ai détaillées dans mon billet précédent.

Chez qui ne place-t-on jamais un DIU au cuivre ?

Chez les femmes qui ont des règles spontanément hémorragiques et /ou douloureuses.

Chez les femmes qui ont des ovaires polykystiques.

Chez les femmes souffrant d’adénomyose.

Chez des femmes qui ont fait une GEU.

Chez celles qui ont des antécédents de salpingite.

Chez les femmes qui ont un utérus malformé (cloisonné, bicorne).

Quelles sont les situations intermédiaires où l’on peut proposer la pose d’un DIU sous surveillance ?

Lorsque  l’on a diagnostiqué une endométriose non douloureuse et non hémorragique : on peut poser le DIU et avertir la patiente qu’elle doit venir le faire retirer si des douleurs pelviennes surviennent. Il est évident qu’il est hors de question de poser un DIU chez une femme endométriosique qui souhaite encore des enfants : on pourrait observer une flambée d’endométriose.

Lorsqu’un premier DIU n’a pas été toléré. Il faut parfois changer de marque (et de forme de DIU) pour obtenir une bonne tolérance.

Lorsqu’il y a eu grossesse sous DIU, surtout avec des marques anciennes ( le NOVA T a été un grand pourvoyeur de grossesses non désirées aussi a-t-il été retiré du commerce) : il y a des patientes qui acceptent de retenter ce mode de contraception avec une marque fiable.

Lorsque la patiente a eu une acné sévère traitée, cette acné peut récidiver sous DIU.  Je rappelle que le stérilet n’est qu’un moyen de contraception, pas un soin hormonal !

Lorsque la patiente aborde la quarantaine et est sous pilule bien tolérée et sans contre indication. La pilule a l’immense avantage d’être un soin d’ovaires et, lorsque l’on aborde la préménopause, on a besoin et d’une contraception et aussi d’un soin d’ovaires. Sous OP, mes patientes ne se rendent pas compte de l’arrivée de leur ménopause tandis que sous DIU, il faudra supporter les irrégularités de cyles, le syndrome pré menstruel, les hémorragies….Quitter une contraception qui vous rend la vie facile mérite réflexion !

Combien de temps peut-on garder le DIU ?

Cinq ans, voire plus. Une de mes patientes est venue de trouver, ménopausée, pour que je lui retire le stérilet que je lui avais posé…18 ans auparavant ! J’ai beaucoup de patientes qui viennent en consultation pour la pose du DIU et cinq ans plus tard pour le retrait : elles ont manqué toutes les visites d’intervalle. Il est vrai que quand tout va bien, on m’oublie !

Peut-on retirer le DIU avant ces cinq ans ?

Bien sûr : on le retire dès que l’on souhaite une grossesse qui peut survenir dans les quinze jours qui suivent le retrait. Il n’y a pas de date pour le retrait, toujours indolore,  qui peut se faire à n’importe quel moment du cycle.

Y a -t-il des précautions à prendre avant la pose ?

Oui, il faut une consultation préliminaire pour vérifier l’absence d’infection et expliquer les avantages et les inconvénients de la méthode. Certaines patientes partantes pour le DIU , se rétractent quand elles savent que le port du DIU augmentera le volume des règles, ne donnera pas forcément des cycles réguliers ou fera revenir une acné !

Il faut prescrire du Spasfon 2 cp matin midi et soir à prendre la veille, le jour et le lendemain de la pose.

Le DIU doit être commandé : il est rare que la pharmacie ait le modèle désiré en stock.

Y a -t-il des précautions à prendre pendant la pose ?

Oui, il faut être d’une grande douceur sinon on va blesser l’utérus. Si la patiente a horriblement mal juste après la pose, il ne faut pas hésiter à retirer le corps étranger. La pose doit être facile, très peu douloureuse : la patiente ressent quelques douleurs de règles passagères. Elle doit être informée qu’il y aura des saignements tout au long du mois de la pose jusqu’aux prochaines règles puis tout doit rentrer dans l’ordre. En aucun cas, il ne doit y avoir de douleurs insomniantes ou à ne plus poser le pied par terre car c’est le signe d’un rejet violent du DIU qu’il faut retirer immédiatement de l’utérus. Lorsque l’indication a été bien posée, que la pose est réalisée après les règles, sous Spasfon, c’est rapide et indolore. Une fois le DIU en place, on coupe les fils pas trop courts afin de pouvoir retirer facilement le DIU lorsque cela sera nécessaire.

Certaines patientes ont des malaises après une pose même facile : il faut alors leur proposer de se reposer plusieurs minutes, sur un lit d’appoint, dans une pièce attenante, dans une semi-pénombre et sous surveillance. Il s’agit d’un malaise dit vagal lié au passage du col.

Quelle est la surveillance d’un DIU ?

Il faut vérifier par échographie la bonne place du DIU après la pose, à la visite de contrôle un mois plus tard et lors de chaque visite annuelle.

C’est dans un prochain billet que je vous parlerai des avantages et des inconvénients du DIU au cuivre.