Vierge et enceinte

J’ai croisé dans ma vie d’étudiante en médecine puis de médecin, trois femmes qui présentaient et une virginité et une grossesse.

La première femme vierge enceinte, je l’ai vue dans un lit de l’hôpital Foch, pour soins liés à une menace d’accouchement prématuré. J’étais infirmière de nuit affectée provisoirement à ce service d’obstétrique qui n’acceptait pas des étudiants en Médecine.

Le service de gynécologie-obstétrique de l’hôpital Foch était très réputé pour son sérieux. Le professeur qui le dirigeait avait des convictions très arrêtées

Il avait commis un manuel d’obstétrique que nous étudiions avec ferveur.

Comme dans tous les manuels de gynécologie des années 70, il y avait deux chapîtres réservés aux fausses couches : celui des fausses couches spontanées et celui des fausses couches provoquées puisque nous étions dans une époque où l’ l’IVG n’avait pas droit de cité.

L’auteur de l’ouvrage, notre chef de service, avait débaptisé le chapitre Fausses Couches Provoquées pour lui donner le titre plus explicitement engagé d’Avortements Criminels : oui, vous avez bien lu.

On ne badinait pas avec la morale, dans ce service.

Donc, inutile de vous préciser que si le dossier de la patiente hospitalisée mentionnait « attention virginité », c’est que cette dernière avait été dûment constatée !

Bien sûr, cette mention, surlignée au feutre rouge, obligeait tout médecin à ne pas pratiquer de toucher vaginal afin de respecter l’intégrité hyménéale, quitte à ne pas vérifier la longueur et l’ouverture du col utérin, ce qui est une appréciation capitale dans l’évolution d’une menace d’accouchement prématuré avec contractions utérines….à l’époque où l’échographie obstétricale n’existait pas.

Comment cette jeune femme s’était retrouvée enceinte tout en restant vierge, je ne l’ai jamais su car les circonstances de la conception n’étaient pas mentionnées dans le dossier médical.

Je peux vous rapporter les cas de deux patientes chez qui j’ai découvert une grossesse alors que leur mariage n’avait pas été consommé.

Le premier cas est une jeune mariée qui est arrivée en urgence à mon cabinet, au troisième soir de ses noces car la défloration ne pouvait avoir lieu.

Je n’ai pu l’examiner avec toute la minutie nécessaire car, dès que j’approchais de la table d’examen, elle se sauvait à son extrémité m’empêchant de réaliser un examen approfondi. Cependant, quand elle m’a affirmé qu’elle ne pouvait s’offrir à son mari, qu’elle m’a demandé de l’aide, je l’ai crue.

Elle était honteuse de ne pouvoir présenter le drap sacré souillé de sang à la famille qui attendait depuis trois jours. Nous avons décidé, en commun accord avec le mari, de tricher et je l’ai piquée au bout du doigt  afin de mettre quelques gouttes de sang sur la serviette en soie blanche qu’elle m’avait apportée.

Je lui ai prescrit de la crème anesthésique EMLA pour lui permettre des rapports sexuels. Quinze jours plus tard, elle revenait à mon cabinet : la crème n’avait été d’aucune utilité, le mariage n’était toujours pas consommé.

Alors je l’ai adressée à un confrère ami qui a pratiqué, sous anesthésie générale, une dilatation hyménéale …et les rapports sexuels ont pu commencer.

Quinze jours après l’intervention, je revois ma patiente pour un retard de règles d’un mois.  Un mois ? Mais il y a un mois, elle se présentait vierge à ma consultation ! L’échographie a montré qu’effectivement ma patiente était bien enceinte de plus d’un mois : la conception avait eu lieu avant le mariage et avant la défloration chirurgicale !

Je n’ai posé aucune question et ai suivi la grossesse comme pour toutes les futures mamans.

Le cas d’une deuxième patiente est aussi sans ambiguité : elle s’est présentée à mon cabinet intriguée par un retard de règles de 4 mois. Elle ne se pensait pas enceinte car elle n’avait pu consentir à des rapports génitaux.

Cette patiente musulmane mariée contre son gré, avait refusé toute consommation du mariage et espérait que cette situation la protègerait d’une grossesse non désirée. Car non seulement ma patiente ne voulait pas de mari mais encore moins d’enfant ! Seulement elle avait dû céder à la pression familiale et n’ayant aucun moyen d’être autonome, avait dû se soumettre aux règles de son milieu mais son rêve était de faire des études !

Autant dire que cette grossesse imprévue lui a causé un choc qui l’a déstabilisée psychologiquement : elle a fait une dépression passagère qui a cédé grace aux soins de la psychologue de notre maternité.

La virginité n’est donc pas un moyen fiable de contraception, surtout si on accepte le flirt poussé avec éjaculation ante portas !

Comme vous pouvez le constater, la Médecine n’est pas une science exacte : dans la majorité des cas, le vaginisme est un obstacle à une grossesse mais il existe des exceptions. C’est pourquoi j’assimile la Médecine à la grammaire française : toute une série de lois à connaître et à appliquer et de surprenantes exceptions à ces mêmes lois, d’où une constante vigilance (pour ne pas méconnaître un diagnostic …quasi improbable) et une grande humilité dans la pratique de ce métier.

Le vaginisme

Le vaginisme est une contracture totalement involontaire des muscles qui entourent le bas de la paroi vaginale dès qu’il y a frôlement de l’orifice hyménéal.

La pénétration est impossible : la verge bute sur un obstacle insurmontable : la contracture des muscles vaginaux.

Une femme victime de vaginisme ne vient pas toujours consulter dès le début de sa vie sexuelle.

La première patiente que j’ai traitée ( et guérie) de son vaginisme était mariée depuis dix ans. Elle était venue me consulter pour avoir un bébé. Le désir de grossesse est un puissant moteur de guérison d’un vaginisme très ancien.

Il y a deux mois, j’ai reçu une patiente qui souhaitait que je la traite de son vaginisme : elle avait 36 ans, était mariée depuis 16 ans, avait entrepris une psychothérapie depuis trois ans totalement inefficace et commençait à paniquer à l’idée de ne pas être mère avant sa ménopause ! Je l’ai guérie en deux séances.

Pourquoi des maris acceptent-ils de ne pas avoir de relations sexuelles vaginales pendant tant d’années ? Je ne sais pas, certainement qu’ils y trouvent leur compte. Une épouse vaginique vous est fidèle et ne va pas remettre en cause votre virilité.  Il existe un accord tacite entre les deux partenaires.

Lorsque le vaginisme cède, les rapports sexuels sont possibles et la conception aussi. Lorsque le bébé est né, il n’est pas rare que le couple reprenne sa vie sexuelle antérieure sans rapports vaginaux….jusqu’au prochain désir de grossesse.

Comment fait-on pour traiter un vaginisme ? Et bien en pratiquant des séances de  psychothérapie comportementale. Il ne faut pas plus de quatre consultations pour faire disparaître un symptôme de plusieurs années !

La patiente s’installe sur la table de gynécologie. La consultation ne doit pas être interrompue par le moindre coup de téléphone intempestif !

Je présente à ma patiente un hystéromètre : c’est une tige de plastique très souple et je lui demande de la placer face à son orifice hyménéal et de tenter d’enfoncer la tige souple dans le vagin.

Je ne touche ni ma patiente ni la sonde. J’encourage ma patiente à se relaxer en soufflant et en laissant bien tomber ses cuisses de chaque côté pour favoriser l’ouverture de l’orifice hyménéal.

La première minute est difficile : la patiente hésite beaucoup et puis, elle enfonce la sonde d’un petit centimètre et rencontre la résistance des muscles qui tentent de se contracter pour fermer le passage. Il faut reprendre sa respiration, souffler très fort et insister un peu. Les muscles du périnée, même contractés, ne peuvent pas empêcher le passage d’une sonde de faible diamètre. Lorsque la sonde franchit l’obstacle musculaire, elle ne rencontre plus aucune résistance et la patiente est toute étonnée de se rendre compte qu’elle a pu indroduire une sonde jusqu’au fond du vagin.

Le cerveau comprend alors que le vagin est un organe profond, assez large : la partie est gagnée.

Je laisse à ma patiente un hystéromètre pour qu’elle continue à faire des exercices d’intromission de la sonde chez elle, au calme.

La semaine suivante, je présente à ma patiente une bougie de Hégar, de diamètre un peu plus important que l’hystéromètre utilisé à la première séance.

La patiente introduit elle même la sonde métallique enduite de gel lubrifiant dans son vagin en suivant les conseils déjà prodigués : relacher les abdominaux, bien laisser tomber les genoux de chaque côté de la table, souffler et imaginer que l’on va s’asseoir sur la sonde. Lorsque la sonde de petit diamètre passe le fameux obstacle musculaire pour aller au fond du vagin, je passe à une autre de plus gros diamètre et ainsi de suite jusqu’au passage d’une sonde du diamètre d’un tampon périodique.

Il ne faut pas plus de quatre séances pour que la patiente se rende compte avec étonnement que son vagin est assez large et élastique pour laisser passer sans douleur des sondes de tout diamètre. La phobie disparait.

Les rapports sexuels sont alors possibles .

Le vaginisme est lié à une phobie, une crainte irrationnelle de toute pénétration.

Il n’y a pas de cause spécifique à cette phobie, on ne retrouve pas toujours d’abus sexuel à l’interrogatoire. De toutes façons, la cause du vaginisme importe peu puisque le traitement de cet handicap repose sur un changement du shéma corporel erroné dans le cortex de la patiente, changement qui se fait de façon quasi magique dès que la patiente mesure concrètement la longueur de son vagin et se rend compte qu’une pénétration est non seulement possible mais totalement indolore.

Existe-t-il des échecs à cette méthode de psychothérapie comportementale ?

Oui, j’ai parfois échoué en proposant cette méthode d’une grande douceur mais qui demande quelques séances. Certaines patientes souhaitent un traitement plus rapide.

Alors, dans ces cas, je prescris une crème anesthésiante ( la crème EMLA) a passer sur le vulve et l’orifice hyménéal cinq minutes avant le rapport sexuel. Cela fonctionne très bien mais, je ne choisis pas ce traitement en premier lieu car il aboutit à un rapport sexuel sous anesthésie locale.

Mais, je suis une pragmatique : si l’utilisation d’une crème anesthésiante est préférée par des patientes, et bien je la prescris et mes patientes me remercient d’avoir trouvé une solution à leur problème de couple.

PS le vaginisme n’est pas une méthode de contraception fiable : si la grande majorité des femmes vaginiques ne peuvent concevoir sans que l’on ait traité au préalable leur problème, il se trouve qu’il m’est arrivé de croiser dans ma vie professionnelle quelques femmes enceintes malgré leur vaginisme …et leur virginité.

C’est ce que je vais vous conter dans mon prochain billet.

L’ hymen

L’hymen : je pense qu’en lisant l’article que j’ai mis en lien, vous en saurez beaucoup. Je ne vais pas faire un cours sur l’hymen (cours qui devrait être obligatoire en classe de SVT afin de faire cesser toutes les idées farfelues qui sont répandues dans la cervelle de jeunes filles et jeunes gens censés être bien informés), je préfère vous donner à vivre certaines de mes consultations à propos d’hymens.

L’HYMEN MALFORME

Il peut être scléreux ou porteur d’une bride médiane.

On décèle ces imperfections lors du premier examen gynécologique d’une jeune fille amenée par sa mère en consultation. Cette consultation est loin d’être obligatoire et quand une maman me pose la question: « Docteur, quand est-ce que je dois vous amener ma fille en consultation ? » Je réponds : » quand elle aura besoin d’une contraception, pas avant, sauf si elle a des règles très douloureuses ou ….. qu’elle n’arrive pas à mettre un tampon périodique »

Il se trouve que l’impossiblité d’une pose d’un mini tampon pour aller à la piscine peut être l’indice d’un hymen malformé.

C’est ainsi que j’ai pû diagnostiquer des hymens qui méritaient une dilatation hyménéale chirurgicale ce qui a autorisé, quelques années plus tard, des premiers rapports sexuels sans souffrance.

Le diagnostic peut se faire aussi lorsqu’une patiente vient consulter pour impossiblité de rapports sexuels. Il est important de faire la distinction entre un hymen malformé de cure chirurgicale et le vaginisme qui est la contracture des muscles qui entourent le vagin, contracture involontaire qui interdit la pénétration, mais dont la cure est médicale.

L’HYMEN ABSENT

Cela existe et ce peut être un grand malheur pour une femme.

J’ai vu arriver à ma consultation un mari furieux qui a exigé un examen de sa jeune épouse afin de confirmer qu’elle n’était pas vierge lors de leurs noces. La malheureuse n’avait pas d’hymen. Lors du premier rapport sexuel, l’hymen se déchire et il reste ce que l’on appelle des « reliquats hyméneaux » qui ne partiront que lors du passage de la tête du premier enfant . Cette femme n’avait aucun reliquat hyménéal !

Je devais être la quatrième gynécologue consultée par le mari toujours mécontent d’entendre la même réponse : non, nous ne pouvions pas certifier que son épouse était vierge le soir des noces mais nous ne pouvions pas dire le contraire non plus!

J’étais triste pour cette pauvre femme trimballée de médecin en médecin .

LE CERTIFICAT DE VIRGINITE

Il nous est souvent réclamé et je refuse de l’établir car j’ai fait le serment de ne pas dévoiler à quiconque l’intimité d’une patiente: c’est le secret médical.

Il m’est arrivé de rompre ce secret dans quelques circonstances particulières.

Un jour, une de mes patientes me téléphone, affolée : elle a réalisé une épilation chez une future mariée, celle ci a saigné et accuse ma patiente, esthéticienne amateure, de l’avoir déflorée ! Je demande à ma patiente de m’adresser en urgence sa cliente. J’examine la future mariée : l’hymen est intact, bien sûr et, à l’interrogatoire, je comprends la cause des saignements. Ma patiente avait entamé la pilule en prenant une plaquette de sa soeur et elle présentait des spottings habituels lors de la première prise de pilule !

J’ai accepté de dire au fiancé, qui attendait dans la pièce à côté, que l’hymen de sa promise était intact car la situation semblait explosive; il était temps d’intervenir pour rétablir le calme.

J’inscris les conclusions de mon examen sur le dossier médical et j’assure à mes patientes qu’elles pourront compter sur mon soutien si, par malheur, leur virginité venait à être contestée.

C’est ce qui peut se produire lorsqu’il n’y a pas de saignement le soir des noces.

Beaucoup de couples semblent ignorer que 25% des femmes ne saignent pas lors de leurs premiers rapports. L’absence de saignement lors de la défloration peut rendre suspicieux un mari sur la virginité de son épouse mais cela peut aussi conduire à de rocambolesques situations lors des noces et je suis appelée à la rescousse par des couples en difficulté face aux familles qui attendent la preuve de la consommation du mariage. Je vous en parlerai dans mon prochain billet.

Certaines patientes viennent accompagnées de leur mère (une est venue avec son frère) pour obtenir un certificat de virginité exigé par la future belle famille. Je refuse de produire un tel document avec l’appui du Conseil de l’Ordre mais il m’arrive de certifier, de façon orale, la virginité de la jeune fille à sa mère en accord avec ma patiente bien sûr. Cela apaise l’inquiétude de la mère mais je refuse de donner les résultats de mon examen clinique à un père ou un frère.

Certaines patientes viennent seules pour s’assurer de l’intégrité de leur hymen malgré un flirt poussé avec le fiancé.

Ce n’est pas facile de vivre entre deux sociétés aux exigences contradictoires: la société des parents avec l’absolue nécessité de la virginité jusqu’au mariage et la société des copains et copines de classe à laquelle appartient aussi le fiancé qui réclame son dû de caresses pré maritales !

Une de mes patientes a vécu une histoire d’amour avec un copain de classe et a accepté d’avoir des rapports sexuels. Son histoire d’amour n’a pas duré. Plusieurs années plus tard, elle a rencontré l’homme de sa vie et, lors de ses fiançailles, lui a avoué sa précédente histoire d’amour et la perte de sa virginité.

Le fiancé a rompu son engagement et ma patiente, désespérée, a intégré l’armée. A ce jour, elle est toujours célibataire.

Alors quand j’ai rencontré une autre patiente qui m’a demandé conseil , devait-elle procéder à une réfection de son hymen pour réparer une erreur de jeunesse ? J’ai répondu oui et lui ai donné l’adresse d’un bon chirurgien pour une hyménoplastie.

Je sais que mon conseil est discutable mais le mariage de ma patiente à l’hymen refait s’est très bien passé et elle vit heureuse maintenant.

LE CERTIFICAT DE VIOL

Heureusement, je n’ai plus à fournir ce document médico légal qui, il y a quinze ans, transmis au Procureur de la République, pouvait envoyer directement un  homme en prison !

Ce sont des gynécologues appartenant au CHU de notre département qui sont chargées de faire les constatations médicales.

Il est très difficile d’affirmer qu’il y a eu viol. Vous savez maintenant qu’il existe différentes formes d’hymen  et certaines jeunes filles ont pu être violées alors que les bords hyménéaux sont intacts !

J’ai vu à la demande de sa maman , une collègue, une jeune fille de onze ans .

La maman soupçonnait son mari d’inceste.

L’examen de la jeune fille était strictement normal et l’hymen parfaitement intact. J’ai su quelques mois plus tard que le beau père visionnait des cassettes porno en compagnie de sa belle fille : il y avait bien inceste mais sans aucune pénétration. J’avais rassuré la maman à tort. Depuis, je suis très méfiante dans mes conclusions.

Il y a quinze ans, une maman est venue accompagnée de sa fille de 16 ans pour déclarer un viol. Le problème c’est que la jeune fille était très réticente à l’idée de porter plainte. J’ai examiné la jeune adolescente. L’hymen était déchiré mais la déchirure était cicatrisée et ancienne. Il n’y avait aucun hématome, aucune écorchure, bref aucune trace de violence, aucun signe tangible d’agression.  J’ai fini par apprendre ce qui s’était passé : la jeune fille avait accepté de recevoir son petit ami chez elle avec toute une bande de copains. Elle a sorti des bouteilles d’alcool du bar, tout le monde s’est ennivré, le petit ami a souhaité des rapports sexuels et a invité ses copains à l’imiter. Ma patiente, complètement désemparée, n’a pas osé se rebeller. Je n’ai vraiment pas  su décider au mieux des intérêts de ma jeune patiente : fallait-il porter plainte sans aucune preuve tangible de viol ?

C’est pourquoi je suis heureuse d’avoir passé la main à des gynécologues mieux formées que moi qui s’occupent désormais d’établir des certificats de viol et qui savent donner des conseils judicieux en vue d’éventuelles poursuites judiciaires.

Condylomes : comment les faire disparaitre

Les condylomes du col ne sont visibles qu’à l’examen à la loupe, examen appelé colposcopie. Dès que l’on repère le condylome, on pratique des biopsies afin de préciser s’il s’agit d’un condylome simple ou compliqué de dysplasie.

Ce n’est qu’après un examen au microscope des pièces biopsiques que l’on peut proposer une attitude thérapeutique cohérente.

Si le condylome est simple, on peut attendre sa régression spontanée en pratiquant des frottis tous les six mois.

Si le condylome est accompagné d’une dysplasie légère ou moyenne ( CIN I ou II), deux attitudes possibles : une surveillance chez les femmes jeunes ou un retrait par laser chez les femmes plus âgées ou chez celles qui n’ont pas la possibilité (ou l’envie) de se faire suivre tous les six mois!

Si le condylome est accompagné d’une dysplasie sévère ( CIN III) prélude à un cancer in situ, pas de quartier : il faut retirer le condylome et une partie du col. C’est ce qu’on appelle une conisation. Ce geste chirurgical indolore se réalise en ambulatoire. La pièce de conisation est analysée : si la verrue est retirée en totalité, on en reste là avec surveillance par frottis tous les ans à vie ! Les récidives de condylome sur col conisé sont très rares….mais elles existent d’où la prudence d’un frottis annuel. Une conisation bien pratiquée n’altère en rien la fécondité et le déroulement d’une éventuelle grossesse.

Si la verrue dysplasique n’a pas été retirée en totalité par la conisation, il faut se résoudre à l’ablation de l’utérus.

Si la pièce de conisation montre un cancer in situ, le retrait de l’utérus est obligatoire même chez des femmes jeunes !

Comment soigne -t-on le papillomavirus avant qu’il ne provoque un condylome ?

On ne sait pas. Il n’existe aucun traitement médical. Heureusement, ce virus disparait souvent de lui même dans les deux ans qui suivent la contamination et puis, si ce virus ne donne aucune verrue, cela n’a guère d’importance que vous en soyez porteuse….sauf pour votre partenaire qui devra se faire examiner le pénis par un dermatologue afin de dépister d’éventuelles toutes petites verrues que l’on traite en les brûlant à l’azote liquide. La très grande majorité (plus de 95% ) des partenaires masculins sont indemnes de toute lésion virale après examen.

Si le virus agresse votre col au point de former un condylome, vous pouvez

consulter un magnétiseur

attendre que le condylome disparaisse tout seul

le faire retirer au laser

Si le virus agresse votre peau : vulve ou marge anale, vous pouvez

consulter un magnétiseur

consulter une dermatologue pour des soins à l’azote liquide

  appliquer une crème anti virale (ALDARA)

et si tous ces soins ne marchent pas, il faut se résoudre au traitement par laser de la peau malade. C’est très douloureux car on brûle la peau vulvaire…et le risque de récidive est loin d’être nul ! Heureusement, les condylomes vulvaires sont  beaucoup plus rares que les condylomes du col, au traitement indolore eux .

Comment ne pas récidiver ?

Il est conseillé de vivre le plus sainement possible. Le tabac est un gros facteur favorisant l’accrochage du virus sur le col pour former un condylome. En effet, il existe trois voies d’élimination des goudrons de la cigarette : les poumons, la vessie et…le col de l’utérus !

Le pourcentage de cancer du col de l’utérus est directement proportionnel au nombre de cigarettes fumées. La meilleure prévention des verrues du col de l’utérus, c’est l’absence de tabagisme….et une alimentation saine, riche en fruits et légumes et pauvres en graisses saturées.

La prise de la pilule peut-elle favoriser les condylomes ? C’est possible comme certaines études tentent à le démontrer mais je ne pense pas avoir plus de patientes infectées sous pilule que sous DIU. Cependant, il semble logique de penser que des cycles normaux, avec une production de glaire préovulatoire (qui est « autonettoyante ») permettent une élimination plus rapide de l’infection condylomateuse mais comme je ne l’ai pas vérifié dans ma pratique quotidienne, je ne propose pas l’arrêt de la contraception orale dans la prévention des récidives.

L’activité sexuelle favorise-t-elle les condylomes ? Bien évidemment : plus on multiplie les partenaires, plus on risque de se contaminer…mais plus votre partenaire multiplie ses conquêtes, plus vous risquez qu’il vous contamine !

La contamination ne dépend pas uniquement de vous mais aussi de la vie sexuelle de votre conjoint !

Faut-il utiliser systématiquement un préservatif pour éviter les contaminations dans le couple ? C’est mieux mais insuffisant à moins de mettre aussi un préservatif à tous les doigts !

La règle élémentaire de prudence veut que vous demandiez à votre partenaire de porter un préservatif et de se faire examiner par un dermatologue si vous êtes porteuse du virus HPV mais cette règle n’est pas toujours facile à appliquer. Beaucoup d’hommes répugnent à savoir qu’ils pourraient être porteurs d’un virus sexuellement transmis et risquent de vous le reprocher en faisant porter la faute sur vous et en insinuant que votre vie sexuelle n’est pas irréprochable. Lorsqu’une patiente vit avec un compagnon plutôt jaloux et obtus, je lui conseille le silence et de se faire soigner dans la plus totale discrétion. Cette attitude n’a jamais porté préjudice à ces patientes qui n’ont pas plus récidivé de leur infection virale que celles qui ont déclenché le plan ORSEC !

La maladie virale est très liée à vos défense immunitaires : si elles sont bonnes, si vous évitez le stress, il n’y a aucune raison que vous ne guérissiez pas rapidement. Les récidives de condylome ne dépassent pas les 10 % mais ces récidives existent, aussi faut -il faire un frottis annuel à toute patiente ayant présenté un condylome d’autant plus qu’il était compliqué d’une dysplasie.

Il existe une hérédité pour le cancer du col : toute femme dont la mère a eu un cancer du col de l’utérus doit se faire suivre annuellement. Une de mes patientes qui était dans cette situation, se faisait suivre chaque année. Une fois , elle a manqué son rendez-vous de 6 mois…et on est passé de col sain à col porteur de dysplasie sévère en seulement 18 mois ! L’expectative n’est pas de mise devant un condylome chez une patiente ayant eu une mère atteinte d’un cancer du col : il faut retirer le condylome par conisation….et proposer la vaccination pour les filles de cette patiente… mais en donnant toutes les informations que nous avons à notre disposition sur cette vaccination anti HPV, afin que la patiente décide en toute connaissance de cause.

Je vous parlerai plus longuement des avantages et des inconvénients de cette vaccination dans mon prochain billet.

Le virus HPV ( ou papilloma virus)

Il existe plusieurs types de papilloma virus

Certains sont responsables des verrues des mains et des pieds : 

d’autres donnent des verrues génitales :

verrues externes de la vulve mais aussi du pénis, de l’anus

verrues internes du vagin, du col de l’utérus, du canal anal

Comment est-on en contact avec le papilloma virus ?

Par les rapports sexuels mais aussi par des caresses intimes. Le port d’un préservatif ne protège pas systématiquement d’une contamination !

Il existe des contaminations en dehors de toute relation sexuelle.

J’ai examiné des enfants porteurs de verrues anales. Ils n’avaient pas été abusés sexuellement mais avaient pris leur bain en compagnie de leur maman qui était porteuse saine du virus HPV.

Je suis persuadée qu’il existe une possiblité de contamination par l’eau des baignades, des piscines, des jacuzzis. Lorsque je me suis installée dans le Midi de la France, j’ai constaté un nombre important d’infection condylomateuse chez mes nouvelles patientes. Les provinciales mèneraient-elles une vie sexuelle plus agitée que les Parisiennes ? Non, cette hypothèse était absurde. Que se passe-t-il dans le midi qui ne se passe pas à Paris ? Les baignades, bien sûr !

Autre argument en faveur du milieu aquatique comme vecteur du virus HPV: les verrues plantaires provenant de la fréquentation des piscines. Si le papilloma virus responsable des verrues plantaires se transmet par l’eau , pourquoi ses cousins germains qui provoquent des verrues génitales ne se transmettraient-ils pas de la même façon ?

Alors, Mesdames, si votre gynécologue vous décèle un papilloma virus, n’accusez pas votre compagnon d’infidélité ! Il n’y est, peut-être, pour rien !

Sans compter que lorsque l’on décèle le virus HPV, on n’a pas son millésime

De quand date la contamination ? D’il y a dix ans ? D’il y a huit mois ? Comme on peut être porteuse saine de ce virus, il est impossible de donner une date de contamination ….sauf à faire un dépistage annuel de ce virus dès ses premiers rapports sexuels.

Comment dépister un papillomavirus ?

A la suite d’un frottis en phase liquide : recherche remboursée uniquement lorsque le frottis montre des signes de souffrance cellulaire qui font penser à une infection virale. C’est ce qu’on appelle le frottis ASCUS (anomalies cellulaires de signification indéterminée)

Lors de la réception d’un frottis ASCUS,  je prescris une ordonnance de recherche de virus HPV cancérigènes et avertis ma patiente que je poursuis les investigations car son frottis est très inflammatoire. Dans 80 % des cas, la recherche est négative, l’inflammation est banale, sans cause virale et ne nécessite aucun traitement. Je rassure ma patiente en lui recommandant de revenir l’année prochaine pour un autre frottis.

Dans 20% des cas, il existe une infection par HPV.  Je recommande, alors,  un examen à la loupe (colposcopie) à la recherche d’un condylome. Parfois, on ne retrouve pas de condylome, ma patiente est une « porteuse saine » du virus HPV….et il n’y a aucun traitement médical du virus. Il faut être patient, attendre la disparition spontanée du virus et surtout faire des frottis tous les six mois afin de vérifier qu’il n’y a pas apparition d’un condylome.

Il est inutile de rechercher le virus HPV lorsque l’on reçoit un frottis montrant la présence d’un condylome simple ou dysplasique puisqu’on va le trouver à coup sûr et que la seule attitude raisonnable est de proposer la colposcopie et des biopsies pour voir la sévérité de la lésion condylomateuse afin de proposer un soin adapté

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Quand la patiente a plus de 30 ans, je pratique la recherche directe du virus HPV.

Si la recherche est négative, je ne pratique pas de frottis. Si la recherche est positive, j’adresse ma patiente dans un centre hospitalier afin de pouvoir pratiquer l’examen du col dans de bonnes conditions. Je n’ai encore jamais eu besoin d’une assistance de ce type.

Faut-il rechercher directement le virus HPV  sans effectuer de frottis à une femme de moins de 30 ans ?

A mon avis, cela n’a aucun intérêt. 60 % des jeunes femmes de 18 à 25 ans sont porteuses d’un virus HPV qu’elles élimineront par leurs défenses naturelles en quelques mois. Apprendre à une patiente qu’elle est porteuse saine d’un papilloma virus est anxiogène. La patiente doute de son partenaire, ne sait pas si elle doit lui en parler….et comme il n’y a aucun médicament pour lutter contre ce virus, la patiente est dans une impasse. Je le répète, le portage d’un virus HPV n’a aucune importance tant qu’il ne donne pas une verrue …et, fort heureusement, les verrues sont rares !

La présence d’un virus sexuellement transmissible et potentiellement cancérigène est très mal ressentie par mes patientes qui se sentent souillées, qui se culpabilisent, qui s’inquiètent. Une infection que l’on sait sexuellement transmise et potentiellement cancérigène est une bombe qui fait exploser l’estime de soi. J’ai du mal à recadrer les choses, à dédramatiser tout en ne proposant que de la patience en attendant la disparition spontanée du virus. L’expectative est très mal vécue.

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Vous êtes porteuse d’un papilloma virus ?

Dédramatisons ensemble

60 % des femmes de 18 à 25 ans sont en contact avec ce virus, autant dire s’il est banal de le rencontrer.

La contamination a pu se faire lors d’un rapport sexuel il y a plusieurs années ou ….lors d’une baignade.

Le virus s’élimine grace à vos défenses naturelles.

Ce virus ne donne presque jamais de symptomes chez l’homme qui est un porteur sain. Si, par malheur, votre partenaire est porteur d’un condylome du pénis, c’est une affection qui se soigne en une séance de cryothérapie chez le dermatologue. Les hommes ne présentent des cancers du pénis que de façon archi exceptionnelle.

A moins de porter chacun un préservatif à tous les doigts lors de vos rapports sexuels, vous n’empêcherez pas la contamination croisée, alors autant l’accepter !

Vivez normalement, mangez sainement, profitez de cette infection pour arrêter de fumer et votre virus disparaitra très vite.

J’attends l’arrivée de nouveaux tests qui ne décèleront pas que le virus HPV mais distingueront ceux qui attaquent le col en vue de le cancériser. Peut-être que ces nouveaux tests pourront être intéressants …à moins qu’ils ne soient encore plus stressants !

Dans mon prochain billet, je vous donnerai des conseils pour vous débarrasser d’un condylome.

CONCLUSION

La vaccination par le Gardasil 9 est révolutionnaire : enfin, on va pouvoir éradiquer les cancers du col, de la vulve, du canal anal et de la gorge qui sont viro induits !

On encourage filles et garçons à se faire vacciner dès 11 ans

La vaccination peut se faire par le pharmacien.

La vaccination est autorisée , vie sexuelle ou pas , jusqu’à 45 ans mais elle n’est remboursée que jusqu’à 20 ans et elle coûte 110 euros l’injection

En Australie qui a 15 ans d’avance sur nous question Gardasil, ils ont remarqué qu’une seule injection suffit ( sauf chez les immunodéprimés où il en faut 3 ) donc je recommande une seule injection payante à mes patientes ( et patients) de plus de 20 ans

En 2030, l ‘ Australie espère voir la disparition du cancer du col de l’utérus ….c’est très encourageant ! Ils vaccinent depuis 15 ans toute la population et n’ont pas constaté d’effet secondaire de ce vaccin, c’est rassurant !

Le frottis cervico vaginal : quand et comment

Comment faire un frottis ?

Il faut, en premier lieu, installer confortablement la patiente sur une table munie d’étriers et ce en position dite gynécologique, position désagréable pour toutes mes patientes qui s’écrient  » Docteur, ce n’est pas que je ne vous aime pas, vous, mais cet examen, je le déteste : je préfère encore aller chez le dentiste ! « 

Certaines patientes atteintes de maladies neurologiques graves ne peuvent se tenir sur la table sans risque de chute, alors je les fais allonger sur un matelas à même le sol et je pratique, non pas le frottis, car la pose du spéculum est impossible, mais un écouvillonage simple du fond vaginal à la recherche directe du virus HPV .

Il faut utiliser un spéculum de taille adaptée : c’est fondamental. Il existe des vagins de tailles différentes, d’élasticités différentes… et des patientes plus ou moins décontractées !

Je possède toute une gamme de spéculums et, lorsqu’il existe une sécheresse vaginale intense, j’utilise un très bon lubrifiant, le MONASENS, qui ne modifie pas les résultats du frottis et permet un prélèvement tout en douceur .

Je n’utilise pas de spéculums en plastique jetables car ils ne glissent pas, « accrochent » les parois vaginales et donc, leur pose est douloureuse. Par ailleurs, je suis attentive à la qualité de l’environnement et cela ne me semble pas raisonnable d’utiliser du plastique jetable alors que mes spéculums en acier bien stérilisés à l’autoclave, sont des outils réutilisables et moins douloureux à l’utilisation.

Il faut voir le col de l’utérus, et surtout son orifice externe car c’est là qu’il faudra poser l’extémité de la brossette pour le recueil des cellules.

Le prélèvement des cellules se fait avec un CYTOBRUSH, une brossette très douce, qui balaye l’intérieur et l’extérieur du col de l’utérus. Si l’intérieur du col n’est pas concerné, le frottis est considéré comme inutile et le laboratoire doit vous recommander de le refaire. En effet, les lésions du col démarrent toujours à la jonction entre l’endocol et l’exocol : il est impératif de balayer cette jonction grace à cette brossette adaptée.

Puis on dépose l’extémité inférieure de la brossette dans un flacon qui sera remis au laboratoire d’anatomo-pathologie qui fera l’analyse des cellules prélevées.

Ces brossettes appelées CYTOBRUSH sont très douces d’utilisation et mes patientes sont surprises de ne rien ressentir.  » Docteur, avez-vous pensé à faire mon frottis ? Mais Madame, il est déjà fait ! C’est incroyable, je n’ai rien senti « 

Les résultats sont remis en moins de huit jours au médecin et à la patiente.

Il est impossible pour une française moyenne de comprendre les résultats tant ils sont écrits dans un langage abscond.

On peut lire : »leucokératose » , »leucoplasie », »métaplasie jonctionnelle » et mes patientes pensent « métastases » d’où des coups de fil angoissés ! Depuis quelques années, les laboratoires n’ont plus l’autorisation d’écrire « frottis normal  » en conclusion !

Je rassure toutes mes lectrices : si vous recevez les résultats de vos frottis …c’est que tout va bien (ou presque ) car les frottis qui décèlent une lésion précancéreuse ne vous seront pas communiqués sans l’intermédiaire du médecin prescripteur.

Le frottis dit en phase liquide (ou en couche mince) , comme je le pratique,peut être réalisé à toutes les périodes du cycle, sauf en période de règles abondantes.

Quand commence-t-on à réaliser un frottis cervico vaginal ?

A partir de l’âge de 25 ans, à la condition que la jeune femme ait eu des rapports sexuels. Les frottis sont inutiles chez une femme vierge.

Quand arrête-t-on de faire un frottis ?

A partir de 30 ans, on cesse de faire des frottis , on fait une recherche virale HPV qui se pratique comme un frottis . Si la recherche est négative, on est tranquille pour 5 ans ( on ne peut pas cancériser en 5 ans sans virus cancérigène au fond du vagin ) . Si la recherche est positive, on fait un frottis qui peut montrer soit rien du tout car on est porteuse saine auquel cas on refera le test viral l’année d’après pour laisser au corps le temps de chasser le virus ou qui peut montrer une infection plus ou moins sévère du col auquel cas, on verra un colposcopiste pour faire des investigations du col plus poussées .

Seuls les résultats de la colposcopie sont fiables : si une colposcopie ( bien faite ) ne révèle aucune anomalie du col , on est porteuse saine

Si la colposcopie révèle le présence d’une verrue, on soignera le col soit par vaporisation laser soit par mini conisation.

La CPAM nous dit d’arrêter les recherches HPV à partir de 65 ans tandis qu’en Australie, le gouvernement recommande de continuer jusqu’à 75 ans.

75 ans parait la bonne réponse. J’ai décelé un  cancer du col de l’utérus chez une femme de 75 ans qui avait jugé que c’était superflu de consulter un gynécologue à l’âge de 62 ans ! J’étais furieuse d’arriver trop tard. Ma patiente est décédée deux ans plus tard; elle serait encore en vie si elle avait continué son suivi gynécologique tous les deux ans malgré son veuvage !

Que dépiste le frottis ? Ce sera l’objet de mon prochain billet

CONCLUSION

Les frottis sont réservés aux femmes, vaccinées ou non, entre 25 et 29 ans à faire tous les 3 ans si négatifs.

Lorsque le frottis révèle une inflammation du col, le labo fait une recherche HPV.

Si cette recherche est négative, il s’agit d’une banale inflammation à traiter par le mépris.

Si cette recherche est positive, il faut adresse la patiente à une colposcopiste pour une étude approfondie du col afin de débusquer une verrue HPV induite et la traiter au mieux.

La patiente sera alors suivie chaque année jusqu’à disparition du virus HPV.

En Australie, depuis qu’il vaccinent toute le population dès 11 ans jusqu’à 45 ans avec le Gardasil 9, ils ne voient plus de verrues à HPV et ils espèrent l’éradication du cancer du col en 2030.

En France, nous sommes très en retard ( 26% de femmes vaccinées vs 85 % en Australie ou en Angleterre ou en Scandinavie ) . Résultat, je vois encore des patientes jeunes avec des verrues sévères viro induites et donc un risque potentiel de cancérisation de l’utérus malgré une surveillance rapprochée et des soins constants.

Je rappelle qu’on peut se faire vacciner même après avoir entamé sa vie sexuelle, que la vaccination est autorisée en France jusqu’à 45 ans et que les pharmaciens peuvent prescrire le vaccin et l’administrer . Il ne sera juste pas remboursé si vous avez plus de 20 ans

En Australie, ils ne proposent qu’une injection vaccinale sauf pour les immunodéprimés où il en faut 3 . Ils ont suffisamment de recul pour savoir qu’une seule injection suffit à assurer une bonne protection contre les virus cancérigènes

L’acupuncture en gynécologie-obstétrique

L’acupuncture est désormais entrée dans nos maternités pour favoriser un accouchement plus rapide et moins douloureux.

Une de mes patientes, qui avait eu une mauvaise expérience de son premier accouchement, long et pénible, et qui s’était terminé en césarienne, a souhaité une prise en charge différente et l’acupuncture lui a permis un travail rapide et un accouchement par les voies naturelles qui lui laissent un excellent souvenir.

Lors de mes études d’obstétrique, j’ai appris à effectuer une version par manoeuvre externe afin de retourner un foetus positionné en siège dans l’utérus de sa mère pour le placer la tête en bas. En effet, il est préférable qu’une parturiente accouche par les voies naturelles. Nous n’effectuons (presque) plus d’accouchement par le siège chez les primipares car c’est un accouchement à risque et nous proposons une césarienne lorsque le foetus ne s’est pas retourné spontanément ou après version.

Cette manoeuvre s’effectue après les sept mois et demi de grossesse : pas trop tôt pour laisser au foetus le temps de se mettre spontanément en position céphalique, pas trop tard sinon le foetus est trop gros et la version n’est plus possible.

Cette version peut être dangereuse, même effectuée avec la plus grande douceur : si le cordon s’arrache, c’est l’arrêt immédiat du coeur du foetus !

L’acupuncture a remplacé la version. Lorsque le foetus est toujours en siège passé sept mois, on pratique des séances d’acupuncture et …cela marche, le foetus se place tête en bas !

L’acupuncture peut rendre de grands services dans toute une série de pathologies gynécologiques ou autres mais le problème actuel est le manque de spécialistes.

De nombreux acupuncteurs, médecins généralistes qui se sont formés à l’acupuncture, sont partis à la retraite et n’ont pas été remplacés.

Il existe aussi une pénurie d’homéopathes dans ma région. Ces médecins généralistes qui consacrent parfois une heure de temps de consultation à leurs patients ont décidé de pratiquer leur art en secteur III, c’est-à-dire hors convention avec la Sécurité Sociale. Les malades qui viennent les voir ne sont pas du tout remboursés de leurs consultations mais ce n’empêche en rien l’affluence dans leurs cabinets et beaucoup ne prennent plus aucun nouveau client, ce qui me chagrine bien.

Cela me conduit à penser qu’en prenant une heure à écouter les doléances et toutes les doléances d’un patient, la guérison est déjà amorcée. Voila peut-être le succès de l’homéopathie et des homéopathes.

Indispensable ostéopathie

L’ostéopathie est une pratique de soins qui m’est indispensable dans la résolution de certaines souffrances.

La pathologie principale pour laquelle l’ostéopathie est primordiale est la névralgie pudendale.

La névralgie pudendale de la femme âgée :

Il s’agit d’une affection handicapante et très douloureuse qui ne cède qu’à des anti épileptiques genre RIVOTRIL ou LYRICA. qui ont une action bienfaisante sur les neuropathies … mais aussi pas mal d’effets secondaires, notamment de la somnolence et des pertes de mémoire !

Pour faire simple, la névralgie pudendale est une douleur nerveuse liée à la compression du nerf pudendal dans le petit bassin, compression liée à de l’arthrose et aux gangues scléreuses qui se forment lors de la sécheresse tissulaire post ménopausique.

Beaucoup de patientes ne souffrent pas de leur ménopause et ne viennent pas consulter. Elles ne bénéficient pas d’un traitement local estrogénique car elles ne ressentent pas de gêne vaginale jusqu’au jour où la sécheresse se manifeste par d’intenses douleurs vulvaires, surtout en position assise, surtout en fin de journée, douleurs qui ne se calment qu’après quelques heures en position couchée.

Ces douleurs, sous forme de brûlures, quasi permanentes dès la fin d’après-midi jusqu’au coucher, peuvent entraîner une dépression qui accentue le phénomène douloureux et surtout, ces douleurs égarent le généraliste qui pense à infection mycosique et prescrit des pommades toutes aussi inefficaces les unes que les autres, ce qui accroît le désespoir de la malade.

Le traitement médical est une association de différentes médications : Rivotril 3 à 5 gouttes le soir ( à moduler en fonction des effets secondaires) Laroxyl   8 à 10 gouttes le matin pour atténuer la composante dépressive qui aggrave la douleur( là aussi à moduler selon la tolérance) et oestrogénothéraphie intensive : Livial lorsqu’il n’y a aucune contre-indication vasculaire pendant juste 1 mois puis on poursuit le traitement de la sécheresse tissulaire par des applications vaginales de crème aux estrogènes. Les soins de mésothérapie et/ ou d’ostéopathie sont interessants pour diminuer la névralgie et tenter de ne pas utiliser le Rivotril et le Largactil.

J’ai soigné et guéri plusieurs patientes de cette affection invalidante : ma patiente la plus âgée avait 96 ans !

Conclusion : Mesdames, ne cessez pas votre traitement hormonal qu’il soit général ou local avant au moins 80 ans car aucune de mes patientes sous traitement de la ménopause (que ce soit un traitement hormonal classique, la DHEA, le Livial, les ovules et crèmes oestrogéniques) ne s’est plainte de névralgie pudendale.

La névralgie pudendale de la personne jeune :

Il s’agit du même point de départ : la compression du nerf pudendal mais la cause de la compression n’est pas l’arthrose (quoique !) ni la sécheresse tissulaire mais un traumatisme physique du nerf lors d’une activité sportive intense (randonnée, vélo, jardinage) et la symptomatologie est un peu différente de la névralgie de la femme âgée car les douleurs ne sont pas constantes mais surviennent par crises de quelques heures à plusieurs jours d’affilé.

Il existe des périodes de répit qui n’existent pas chez la personne âgée.

Les périodes de rémission sont tellement longues que le diagnostic de névralgie pudendale se fait lorsque les périodes de silence algique sont de moins en moins espacées. En reprenant le dossier d’une patiente de 45 ans qui souffre de façon certaine de cette affection ( elle a subi une électromyographie dans un centre de référence ) , je me suis aperçu que je l’avais traitée épisodiquement des années auparavant, pour des algies pelviennes que j’avais diagnostiqué « cystite à urines claires « : il s’agissait, en fait,  de brûlures vésicales en relation avec sa pathologie névralgique.

C’est une pathologie déconcertante car elle se manifeste sous forme de brûlures (et parfois de démangeaisons) qui apparaissent brusquement au niveau de

la vulve et/ou du vagin et/ ou de la vessie

entrainant des erreurs de diagnostic avec vulvite, vaginite, cystite.

Les examens complémentaires sont négatifs y compris scanner, échographie et IRM.

Il faut y penser quand une patiente se plaint de brûlures

déclenchées à l’activité sportive (vélo++) ou aux rapports sexuels

qui diminuent en position allongée ou sur le siège des toilettes mais s’aggravent en position assise

On retrouve, au toucher vaginal, des points très douloureux à la pression du bassin alors qu’il n’y a aucune signe d’infection, ni aucune rougeur.

La durée des épisodes douloureux va de quelques heures à plusieurs jours de suite.

Le diagnostic de certitude peut être réalisé grace à un dépistage très douloureux qui se nomme électromyographie. J’ai réussi à trouver, dans ma région, un très bon chirurgien gynécologue qui sait diagnostiquer la névralgie pudendale sans utiliser cet examen barbare et c’est désormais vers lui que je dirige toutes mes patientes pour un diagnostic de certitude.

Les remèdes que tous les spécialistes proposent sont les fameux anti-épileptiques, des anti dépresseurs à dose filée mais surtout des soins ostéopathiques.

Il faut, bien sûr, connaitre un bon ostéopathe familiarisé avec cette affection

La mésothérapie a été très efficace chez une de mes patientes et l’a soulagée en deux jours. Quand elle est venue me consulter, après trois séances de mésothérapie, il n’y avait plus aucune douleur au toucher vaginal alors que les symptomes dont elle avait souffert évoquaient bien une névralgie pudendale. Ma patiente avait interrompu depuis deux ans son traitement oestrogénique vaginal.

Il existe quelques rares cas d’indication chirurgicale de décompression du nerf pudendal mais aucune de mes patientes n’a eu besoin de recourir à ce geste du dernier recours. Bien évidemment, l’ostéopathie soulage mais ne guérit pas définitivement. Cependant, lorsque vous avez établi le diagnostic de certitude , que vous avez donné toutes les explications nécessaires à votre patiente, que vous lui avez proposé des solutions thérapeutiques qui la soulagent, elle va beaucoup mieux et apprend à vivre avec son handicap: fini le sport intensif, utilisation d’un siège adapté, repos en position allongée dès que la douleur survient, consultations « à la demande » chez le mésothérapeute et l’ostéopathe…

Les compléments alimentaires

 

Sous cette rubrique, on classe tout ce qui n’est pas un médicament : à savoir tout ce qui n’a nul besoin de faire les preuves de son efficacité, de sa tolérance en passant les obstacles des essais cliniques et de l’autorisation de la mise sur le marché. Ces obstacles sont si coûteux que les laboratoires pharmaceutiques (tenus par des financiers et non plus par des hommes de l’Art) préfèrent miser sur l’élaboration d’un substitut au traditionnel médicament, je veux parler du complément alimentaire.

Cela tombe bien, le médicament est en disgrâce. Mes patientes s’en méfient et, dans quelques années, on ne pourra plus dire que nous sommes les champions de la consommation médicamenteuse !

Parmi les compléments alimentaires il y a les vitamines, les oligo éléments, les produits à base de soja, de lin, de trèfle rouge.

Les visiteurs médicaux se bousculent dans mon cabinet pour me vanter les mérites de telle ou telle plante ou association de plantes.

Je croule sous les prospectus de telle ou telle potion

         pour faire pousser les cheveux

         pour booster la libido

         pour faire fondre la cellulite ou empêcher les fringales

        pour donner un sommeil réparateur

        pour faire disparaitre l’acné

        pour donner au foetus toutes ses chances d’avoir un cerveau bien developpé

Alors, je fais le tri selon le retour d’expérience de mes patientes qui ont spontanément consommé telle ou telle molécule et j’ai ainsi découvert quelques potions magiques.

LA LEVURE DE RIZ ROUGE

        C’est une de mes patientes, qui avait 3 grammes de cholestérol à toutes ses précédentes analyses, qui m’a bluffée en me présentant sa dernière analyse biologique : 1, 90 de cholestérol total, plus de triglycérides…Je lui ai demandé si elle avait, enfin, accepté de prendre le Tahor que son généraliste lui avait prescrit, mais non, elle avait choisi de prendre de la levure de riz rouge achetée chez son pharmacien.

 J’ai proposé cette alternative thérapeutique à des patientes qui ne souhaitaient pas prendre d’allopathie avec contrôle biologique dans les 3 mois et j’ai pu constater chez toutes mes patientes sous levure de riz rouge, une normalisation complète des paramètres lipidiques et ce sans les effets délétères des statines allopathiques ( crampes, arthralgies)

Bien sûr, cette phytothérapie a un coût : environ 15 euros par mois( 18 euros pour cette boîte d’Arterin de 90 gélules à la posologie de 2 avant chaque repas de midi). Je conseille toujours l’achat en pharmacie plutôt que sur Internet et je prescris la spécialité sur une ordonnance.

 L’ ACIDE FOLIQUE

Il est très interessant à prescrire chez toute femme qui souhaite avoir un bébé, et ce jusqu’aux trois mois du foetus. Il prévient les malformations du tube neural (spina bifida et anencéphalies) mais il aide à la conception et ça, ce n’est pas indiqué dans les bénéfices classiques.

C’est une propriété dont j’ai fait la découverte sur le terrain : mes patientes qui, après l’arrêt de leur pilule, prennent de l’acide folique ont plus de chances d’être enceintes plus rapidement que les femmes qui n’en prennent pas.

Et puis, le risque de fausse couche spontanée est moindre. Cela ne veut pas dire qu’une femme sans cette supplémentation ne sera pas enceinte, ni qu’une femme qui la prend évitera à coup sûr une fausse couche, mais il y a un plus que j’ai constaté depuis quinze ans que les autorités de santé nous recommandent cette stratégie préventive des anomalies du tube neural.

LES ACIDES GRAS ESSENTIELS

Ils ont une activité remarquable dans la sécheresse de la peau et des muqueuses. Ils sont bourrés d’omegas 3

J’ai découvert Elteans, une spécialité pharmaceutique proposée pour combattre la sécheresse cutanée et j’ai pu vérifier que c’est un très bon produit qui rend de grands services aux personnes qui ont la peau mais aussi les muqueuses vaginales très sèches, ce qui est inconfortable, pouvant entraîner des infections urinaires, des écoulements de sang, des brûlures.

Il existe des crèmes hormonales qui fonctionnent bien dans cette indication mais certaines de mes patientes n’ont pas l’autorisation d’utiliser les hormones même par voie locale et d’autres préfèrent utiliser un traitement per os.

Les crèmes vaginales non hormonales sont beaucoup moins efficaces que ces gélules d’acides gras….et coûtent bien plus cher !

Mais, grace à une de mes patientes, j’ai découvert le produit miracle pour assurer une lubrification vaginale excellente. Il s’agit d’un traitement bourrés d’omégas trois pour éviter le dégénérescence maculaire lièe à l’âge :il s’agit du produit nommé PRESERVISION. C’est un produit prescrit par les ophtalmologistes mais il a de remarquables propriétés …gynécologiques, que j’ai découvertes lors d’une consultation banale.

J’ai demandé à ma patiente si elle prenait un nouveau traitement car j’étais stupéfaite de la trophicité de son vagin alors qu’elle se plaignait d’une sécheresse dûment authentifiée l’année précédente. Elle a réfléchi un moment puis m’a parlé d’un traitement nouveau prescrit par son ophtalmo pour retarder les effets de sa DMLA.

Quand j’ai consulté mon Vidal, j’ai tout de suite compris que Préservision était de l’Elteans puissance 3, et comme il est au même prix que le produit dermatologique que j’avais l’habitude d’utiliser, et bien  j’ai changé mes habitudes de prescription et je prends bien soin d’expliquer à mes patientes pourquoi je leur propose un traitement d’amélioration de la vue pour soigner… leur vagin !

Il présente aussi l’avantage d’être un anti dépresseur naturel léger.

LE SELENIUM EN OLIGOSOL

C’est avec surprise que j’ai constaté l’efficacité d’une cure de deux ampoules de selenium en oligosol par jour pour faire disparaître les crampes nocturnes des personnes âgées.

 Il existe un traitement allopathique qui marche très bien, c’est l’HEXAQUINE mais ce médicament est en sursis et sera bientôt supprimé de notre pharmacopée. Je suis donc ravie d’avoir trouvé une alternative.

Je vous ai parlé de quelques compléments alimentaires qui me rendent de grands services dans ma pratique quotidienne, il en existe d’autres, ma liste n’est pas exhaustive.

Parmi les substances considérées comme des compléments alimentaires, se trouve la DHEA , molécule appréciée des uns, honnie par les autres et dont j’ai une petite expérience de prescription dont je vous parlerai dans mon prochain billet.

 

Le patient a toujours raison

C’est en toute première année de stage hospitalier que j’ai compris qu’un patient a toujours raison

Monsieur X était hospitalisé pour douleur violente et permanente du mollet gauche. Qui dit douleur du mollet, dit possibilité de phlébite.

A notre époque le diagnostic de phlébite se fait grace au doppler veineux en 10 minutes et il faut une demi journée d’hospitalisation pour réaliser les examens complémentaires pour faire le diagnostic de la complication redoutable et redoutée d’une phlébite : l’embolie pulmonaire.

En 1972, nous n’avions qu’un examen physique soigneux pour faire le diagnostic.

C’est ainsi que chaque matin, avant la visite du patron, l’interne palpait soigneusement le mollet gauche de Monsieur X, le mesurait, le comparait au mollet droit. Puis, très consciencieux, l’interne cherchait une possible embolie pulmonaire en auscultant et le coeur et les poumons de Monsieur X. Celui ci s’écriait alors  » mais Docteur, ce n’est pas aux poumons que j’ai mal, c’est au mollet ! »

Pendant la visite du grand patron, un gradé refaisait les mêmes gestes : palpation soigneuse des deux mollets, auscultation du coeur et des poumons. Monsieur X s’écriait : « mais Professeur, ce n’est pas aux poumons que j’ai mal, mais au mollet ! »

Après quatre jours de palpations et d’auscultations infructueuses, l’interne a eu l’idée de pratiquer une biopsie du mollet : verdict : rhabdomyosarcome.

Quand on a annoncé le diagnostic au patient, Monsieur X, qui n’avait pas encore saisi la gravité de son mal, s’est écrié  » je vous l’avais bien dit Docteur que c’était le mollet ! »

Depuis cette histoire, je me fie toujours à ce que me disent mes patientes, même si ce qu’elles décrivent n’est pas dans les manuels.

Beaucoup de mes collègues font la sourde oreille dès qu’ils entendent des propos qui dérangent leur confort mental et assènent à leurs patientes un cinglant et définitif « ce n »est pas possible ! » Et bien si . La Médecine n’est pas une science exacte et comme nous avons chacun nos particularités, nos spécificités, notre idiosyncrasie, nous réagissons tous différemment à une même molécule.

La pilule Y donne satisfaction à 90 % de mes patientes mais lorsque l’une d’elles me parle d’intolérance à cette pilule, je lui change de molécule sans argumenter. Ma patiente sait mieux que moi ce qu’elle ressent !

Un jour, une patiente est arrivée en consultation pour une irritation vaginale. Je l’examine : rien, examen normal Je réalise un prélèvement bactériologique : stérile, confirmant la normalité de l’examen clinique. Mais, partant du principe qu’une patiente a toujours raison, je l’informe de la négativité des examens mais j’ajoute que si elle ressent les mêmes symptômes dans quelques jours, je la recevrai en urgence. Deux jours plus tard, elle se présentait à mon cabinet avec une infection herpétique flambante !

Elle avait ressenti l’incubation de l’infection virale et, en période d’incubation, tout semble normal, cependant elle avait bien une infection vaginale et vulvaire que j’ai pû soigner en quelques heures. Quand elle s’est plainte lors de la première consultation, je ne lui ai pas dit que  » c’était dans la tête » comme beaucoup de mes confrères osent encore dire, je l’ai cru sur paroles et l’avenir nous a donné raison.

Dans mon prochain billet, je vous expliquerai combien mes patients ont raison lorsqu’ils déclarent qu’un générique ce n’est pas la molécule princeps !