La ménopause : traitements des bouffées de chaleur

Faut-il traiter une ménopause, phénomène naturel ?

Certainement pas lorsque la ménopause se passe bien. Il existe des femmes qui vivent une ménopause de rêve : pas question de médicaliser des femmes bien portantes !

Certainement oui quand la ménopause handicape la vie d’une femme.

Et beaucoup de femmes sont handicapées par les bouffées de chaleur.

Ne pas bien dormir parce qu’on est réveillée trois quatre fois par nuit pour changer sa chemise de nuit trempée c’est s’assurer que l’on va vers une fatigue chronique intense…surtout si on est encore en activité et qu’on ne peut faire de siestes réparatrices !

Quels sont les traitements possibles ?

TRAITEMENTS PHYTOTHERAPIQUES

Il sont à utiliser en première intention chez

les patientes jeunes qui sont encore réglées

les ménopauses débutantes

les femmes qui ne souhaitent prendre aucune hormone

les femmes qui ne peuvent prendre aucune hormone même naturelle (antécédent de cancer du sein, de pathologies bénignes des seins comme les mastopathies microkystiques douloureuses, les fibromes qui saignent, l’adénomyose, l’endométriose sévère)

Quelles sont les traitements les plus efficaces ?

Je vais vous donner MA liste des phytothérapies qui ont un bon retour.

Ce qu’il faut savoir, c’est qu’il faut parfois jusqu’à un an de traitement sans désespérer pour constater une efficacité à 100% !

Aucun traitement n’est remboursé et, malheureusement, les plus chers sont les plus efficaces.

SERELYS

C’est un produit scandinave assez efficace. Il faut parfois en prendre deux comprimés par jour pour constater un bien être. On peut faire des cures de trois mois mais le plus souvent, il faut prendre le traitement à l’année.

TRIOLINUM

C’est un produit à base de trèfle rouge et de graines de lin

LA SAUGE

C’est le meilleur complément nutritionnel pour lutter contre les suées

MANHAE

LE SOJA

Il est remis en cause par certains. Moi, je pense que ce peut-être une alternative intéressante mais qui ne va pas à tout le monde : 30% des femmes sont totalement insensibles au soja, notamment des femmes menues. Il faut acheter un produit contenant beaucoup de produit actif sinon ce peut être inutile. Gydrelle photo est un bon produit.

Il existe d’autres produits mais qui ne marchent vraiment pas bien comme Abufène : seule 10% de ma patientèle est soulagée avec ce produit, ce n’est pas le produit miracle !

TRAITEMENT HOMEOPATHIQUE

Certaines de mes patientes sont ravies du traitement prescrit par leur homéopathe.

TRAITEMENT PAR ACUPUNCTURE

J’ai observé quelques cas de succès de l’acupuncture dans des cas de bouffées de chaleur rebelles et je conseille cette alternative thérapeutique quand j’ai épuisé les médicaments phytothérapiques.

LE TRAITEMENT HORMONAL

Ce sont les hormones féminines qui vont jusqu’au cerveau et empêchent le centre de la régulation de notre température corporelle de dysfonctionner. Il faut huit à dix jours de traitement hormonal pour faire cesser bouffées de chaleur nocturnes, diurnes et suées profuses.

Les hormones féminines sont naturelles, c’est à dire qu’elles ont la même composition chimique que celles fabriquées par nos ovaires.

On ne prescrit plus d’hormones artificielles pour les femmes ménopausées.

Toutes les études alarmistes américaines ont été menées avec des hormones artificielles qui ne se prescrivaient pas en France, voila pourquoi la majorité des gynécologue français considèrent que les conclusions des études américaines ne devraient pas être transposées telles quelles dans les notices des produits français.

Les hormones féminines délivrées en France et en Europe : je vous en parlerai plus en détail dans un de mes prochains billets.

En conclusion : il n’existe aucun produit non hormonal radicalement efficace sur les bouffées de chaleur. Si vous ne pouvez prendre un traitement hormonal, si voius ne voulez pas en prendre, alors il vous faudra beaucoup de patience avant que la phytothérapie fasse son effet.

La ménopause : premiers symptômes : les bouffées de chaleur

Que va -t-il se passer à la ménopause ?

Que ressent-on lorsque l’on n’a plus ses règles parce que les ovaires ont cessé de produire la moindre hormone ?

LES BOUFFEES DE CHALEUR

Elles arrivent parfois très tôt dans la vie des femmes alors que les règles sont régulières. Souvent, le médecin traitant consulté hausse les épaules et balaie d’un revers de main la possibilité de bouffées de chaleur chez une femme de 35 ans . Pourtant, cela existe bel et bien. Il suffit de demander le dosage de l’inhibine B et de l’Hormone Anti Mullérienne (dosage non remboursé) au troisième jour des règles pour constater que ces deux hormones sont effondrées, signe que les ovaires ont perdu leurs ovules et que la préménopause s’est installée malgré des règles encore régulières.

Les bouffées de chaleur sont très éprouvantes chez les patientes ménopausées jeunes et beaucoup plus supportables chez les patientes ménopausées vers les 55 ans.

Certaines patientes n’auront jamais de bouffées de chaleur : c’est une question héréditaire, génétique. Souvent, quand une patiente n’a pas de BDC , sa mère n’en a pas eues non plus.

Pourquoi a -t-on des bouffées de chaleur ? C’est parce que notre centre de régulation de la température se trouve situé dans le cerveau juste à côté du centre de production des hormones hypophysaires, centre baigné par les oestrogènes durant toute notre vie génitale. Chez les patientes qui ne ressentent aucune BDC , le centre de thermorégulation est situé au large du centre de commande ce qu’il fait qu’il a toujours fonctionné sans connaître les oestrogènes. Quand les oestrogènes disparaissent, le centre ne modifie pas son travail tandis que chez les nombreuses patientes qui ont le centre de thermorégulation très proche du centre de commande hormonale, ce centre est affecté par la disparition des oestrogènes et réagit très mal en donnant des coups de chaud au moindre stress ou de brusques coups de froid.

Voila aussi pourquoi les oestrogènes en gel, en patch, en comprimés sont si efficaces pour faire cesser les BDC et faire fonctionner normalement le centre de thermorégulation.

Les BDC sont d’abord nocturnes. La femme se réveille en plein milieu de la nuit, a trop chaud, rejette les couvertures puis a trop froid et se met à grelotter. Les nuits sont hachées, la fatigue est grande .

Puis, les BDC seront diurnes et nocturnes.

La journée, les BDC surviennent quand il fait chaud, quand on prend un verre d’alcool, quand on a un coup de stress. La patiente est persuadée de devenir rouge pivoine mais ce n’est pas le cas.

Les BDC durent entre cinq et quinze ans. Là aussi la durée des BDC est héréditaire.

LES SUEES PROFUSES

Il existe une autre catégorie de bouffée de chaleur : les suées profuses. La patiente coule l’eau littéralement dès la racine des cheveux. Ces coulées peuvent survenir bien après la ménopause et les hormones féminines sont très efficaces pour éradiquer ce phénomène bien désagréable.

Parfois, la patiente n’a pas eu trop de bouffées de chaleur et puis, vers les 70 ans des sueurs profuses arrivent entraînant un inconfort notable.

Je vous parlerai dans mon prochain billet des traitements efficaces contre les bouffées de chaleur et les suées.

La ménopause : définition

Qu’est-ce que la ménopause ?

C’est l’arrêt de la fonction hormonale des ovaires. Les ovaires ne fabriquent plus d’hormones féminines, le taux d’oestrogènes est très bas dans le sang et stable. Les règles liées aux variations hormonales ne peuvent survenir.

La fonction ovulatoire des ovaires s’éteint entre 6 mois et six ans, selon les femmes, avant l’arrêt de la fonction hormonale. Voila pourquoi certaines femmes sont stériles bien avant l’arrêt de leurs règles et voila pourquoi d’autres sont encore fertiles à 50 ans.

Quand est-on ménopausée ?

On est ménopausée lorsqu’on a passé douze mois consécutifs sans ses règles.

Bien sûr, lorsque l’on prend une pilule, il n’y a pas d’arrêt des règles puisque la pilule donne des règles artificielles. La pilule n’empêche pas la ménopause dont la date de survenue est inscrite dans notre patrimoine génétique, mais masque les symptômes évocateurs de la ménopause.

Alors comment sait-on que la ménopause s’est installée quand on prend la pilule ?

Il faut réaliser un dosage de FSH…mais à condition de ne pas pratiquer ce dosage pendant la prise de la pilule car les hormones féminines font chuter artificiellement le taux de FSH. Il faut faire ce prélèvement la veille de reprendre sa pilule. Un taux au dessus de 20 indique que l’on est infertile et ménopausée. On peut alors arrêter sa pilule en toute sécurité et on ne reverra pas ses règles.

Que se passe-t-il quand on prend une pilule oestroprogestative en continu ? Il faut se mettre sous contraceptif progestatif pur pendant un mois et faire le dosage de FSH au bout du mois de traitement. Ce sont les hormones féminines de la pilule qui faussent les taux de FSH, pas la progestérone.

Sous Mirena, sous progestatif pur, Luteran, Lutenyl, Cerazette, Microval, Androcur, Nexplanon, le dosage peut se réaliser à n’importe quel moment. Bien sûr, pas la peine de faire ce dosage trop tôt. On attend 48 ans, 50 ans pour réaliser ce test. Idem, lorsqu’une patiente n’a plus son utérus, il faut réaliser ce dosage pour savoir si la ménopause s’est installée.

Le dosage de FSH se prescrit aussi quand une patiente n’a pas ses règles depuis quelques mois et se demande si elle doit continuer sa contraception naturelle. Si la FSH est élevée à 20, la contraception est inutile, l’ovulation ne surviendra plus car les ovaires n’ont plus de réserves de follicules. Si la patiente souhaitait une grossesse, c’est impossible même avec des traitements puissants. Il faut proposer un don d’ovule.

A quel âge survient la ménopause ?

Entre 42 et 58 ans

Une ménopause est dite précoce quand elle survient avant 42 ans. Toute ménopause précoce doit être traitée, sauf contre indication carcinologique, car la décalcification osseuse arrive très vite.

Les ménopauses précoces sont souvent difficiles avec beaucoup d’effets secondaires, tandis que les ménopauses tardives sont plus faciles à supporter.

L’âge de survenue de la ménopause est-elle influencée par l’âge de survenue de la puberté ? Non : on peut être pubère à 9 ans et ménopausée à 54 ans, pubère à 17 ans et ménopausée à 45 ans.

Y a -t-il une hérédité conditionnant l’âge de survenue de la ménopause ? Oui, l’âge de la ménopause de la mère est souvent l’âge de la ménopause de la fille mais pas toujours ! Une fille peut avoir hérité de l’âge de la ménopause de sa grand tante paternelle !

Peut-on connaître l’âge de survenue de sa ménopause ? Non, hélas. J’espère qu’il y aura un jour un test qui nous dira quand surviendra notre ménopause. Cela permettra de planifier nos enfants. Si une femme sait qu’elle sera ménopausée à 42 ans, sachant qu’on est infertile cinq ans avant, elle ne prendra pas une contraception jusqu’à 36 ans comme je vois beaucoup de patientes le faire, persuadées qu’elles ont tout le temps devant elle pour faire un bébé !

Quels sont les conséquences de la ménopause ?

Elles sont nombreuses et j’y reviendrai dans mon prochain billet.

Toutes les femmes souffrent-elles de la ménopause?

Non, nous sommes inégales. Certaines sont épargnées et passent une ménopause de rêve. D’autres ont des effets secondaires invalidants…et ce n’est pas une question de psychologie !

La pré ménopause : quelles solutions thérapeutiques ?

LES HORMONES

La pilule est une des solutions thérapeutiques.

Lorsqu’une patiente ne fume pas, n’a pas d’hypertension, je préconise de garder la contraception hormonale prise depuis des années, quitte à changer de marque pour donner une pilule plus légère ou aux hormones naturelles ou passer à Cerazette.

Lorsqu’une patiente souffre de syndrome pré menstruel et qu’elle ne présente aucune contre indication aux hormones artificielles, je propose une pilule faiblement dosée bien sûr et Jasminelle me donne dans cette indication toute satisfaction. La Drospirenone est un progestatif qui empêche les ballonnements et la prise de poids et les sautes d’humeur.

La progestérone naturelle peut offrir un soulagement : donnée en deuxième partie de cycle, elle peut éviter les ballonnements, les mastodynies, le mauvais sommeil et les métrorragies pré menstruelles.

La progestérone naturelle en gel est à passer sur les seins deux fois par jour dès qu’ils sont douloureux.

La progestérone artificielle est à proscrire : elle aggrave les symptômes psychiques.

Mais dans beaucoup de cas, aucun médicament allopathique ne fonctionne.

Il faut se tourner vers :

L ACTIVITE SPORTIVE

Toutes mes patientes qui pratiquent régulièrement du jogging, du vélo, de la musculation, de la danse, de la natation, sont épargnées par le syndrome pré menstruel.

LA NUTRITION

Toutes mes patientes qui mangent macro biotique, celles qui ont exclu le gluten, celles qui sont végétariennes sont très peu touchées par les affres de la pré ménopause et une chose est sûre, elles prennent très peu de poids !

Une bonne nutrition est indispensable pour diminuer le syndrome pré menstruel: les envies de sucre sont fréquentes et la prise de poids intempestive aussi pas de mauvais gras, peu de sucre (la consommation de sucre appelle l’envie de sucre) !

LA MEDECINE NATURELLE

la phytothérapie : sauge contre les suées, onagre et bourrache 2 cp par jour les 15 derniers jours du cycle contre le ventre enflé et douloureux.

L’huile d’onagre , par exemple Ergyonagre deux cp par jour tous les jours sauf règles, rend de bons services en diminuant l’anarchie hormonale : le ventre ballonne moins, les seins sont moins douloureux , bref le cycle se passe mieux : c’est LA phyto indispensable à cette époque de la vie .

les probiotiques comme Bion sachet : 1 sachet dès que le ventre ballonne.

les oligo éléments (lithium, magnesium),

le calcium : 1 cp par jour

l’homéopathie (folliculinum, progesteronum)

et dans des cas rebelles, je passe la main à mes confrères qui pratiquent une médecine alternative : acupuncture , ostéopathie , homéopathie.

Quand la symptomatologie bruyante et douloureuse finit-elle par cesser?

L’irritabilité et le syndrome dépressif disparaissent quand s’éloignent les règles.

C’est facile à comprendre : les ovaires envoient des messages de défaillance à l’hypophyse qui répond par des giclées de FSH et LH. Les ovaires se remettent au travail, fabriquent des hormones féminines en grande quantité mais la fabrication de progestérone ne suit pas. Il y a un déséquilibre oestro progestatif en fin de cycle : le ventre ballonne, on prend des kilos, les seins enflent et sont douloureux , le moral flanche, la colère monte. L’arrivée des règles est un soulagement : les compteurs sont remis à zéro.

Et puis arrive le moment où les ovaires ne peuvent plus répondre présent aux sollicitations de FSH et LH, les hormones féminines sont produites en plus faible quantité, l’ovulation ne se fait plus, donc la progestérone n’est plus secrétée. Les cycles s’espacent, il n’y a plus de déséquilibre oestroprogestatif mais juste un manque d’ovulation et un déficit en hormones féminines….ce qui est beaucoup plus supportable !

Les seins ne sont plus sollicités par les hormones féminines, le ventre ballonne moins, les migraines s’estompent, le moral ne fait plus le yoyo…mais la sécheresse vaginale commence à faire son apparition, le désir sexuel baisse, les bouffées de chaleur s’intensifient.

Cependant tous ces symptômes liés à la baisse de réduction du taux d’hormones féminines sont bien plus faciles à soigner que ceux liés au déséquilibre oestroprogestatif. C’est la différence entre le taux d’oestrogènes et celui de progestérone qui entraîne le plus de désagrément. Quand la progestérone disparaît, la patiente se sent mieux dans son corps…et dans sa tête !

Ce qui est douloureux, c’est le déséquilibre. Lorsque la ménopause arrive, il s’agit d’un nouvel équilibre avec lequel le corps finit par apprendre à vivre.

La pré ménopause : une étape difficile

Je pense sincèrement que, pour certaines femmes, il n’y a pas pire dans la vie que la pré ménopause.

Nous, les femmes,  naissons avec quelques handicaps : des règles souvent douloureuses et hémorragiques, la contraception qu’il faut assumer si on ne veut pas passer par la fort déplaisante case IVG, la fatigue de la maternité, les douleurs de l’accouchement, la déformation du corps après chaque grossesse, les examens en position peu avantageuse pour le dépistage des cancers du col et puis vient la pré ménoapuse dont les tourments peuvent être pire que ceux de la ménopause.

Certaines patientes passent une pré ménopause si difficile que l’arrivée de la ménopause est un soulagement. J’ai connu quelques patientes dans un état de nerf proche de la dépression  retrouver la forme et le sourire trois ans après l’arrêt des règles.

Qu’est-ce que la pré ménopause ?

C’est une étape de la vie génitale qui se situe avant l’arrêt définitif des règles.

C’est une période pendant laquelle les ovaires commencent à donner de discrets signes de faiblesse. L’hypophyse, alertée, envoie une giclée de FSH et LH pour relancer la machine. Les ovaires se mettent alors à travailler trop fort. Et ces périodes de « stress hormonal » avec des hauts et des bas sont particulièrement éprouvantes chez des patientes qui ne sont pas sous pilule.

Celles qui ont la chance de supporter la pilule, sont régulées grâce aux hormones contenues dans les oestroprogestatifs et ne se rendent pas compte que leurs ovaires déclinent lentement. La pilule bloque l’hypophyse qui ne fait plus le yoyo. La pilule ne repousse pas l’âge de la ménopause mais en efface tous les signes avant coureurs.

Combien dure cette mauvaise période ?

Au moins dix ans mais avec une amélioration les trois dernières années avant la ménopause.

Quand commence la pré ménopause ?

Vers la quarantaine

Quels sont les premiers signes de la défaillance des ovaires ?

Ce sont des signes mineurs :

augmentation de la sudation des aisselles avec mauvaise odeur. Jusqu’alors, la patiente n’avait pas de problème de transpiration excessive et puis, tout à coup, la patiente trouve qu’elle coule l’eau sous les bras dès qu’il fait un peu chaud et, surtout, que cette transpiration sent fort et qu’il faut changer de déodorant.

raccourcissement des cycles : il ne se passe que 22 jours entre chaque règles

migraines cataméniales

douleurs ovulatoires

dysménorrhée qui réapparaît comme à l’adolescence

modification de la durée des règles et de leur volume

petit écoulement de sang prémenstruel

règles en deux temps : on a ses règles, elles s’interrompent un jour puis reprennent

augmentation de la durée des douleurs de seins en prémenstruel

Puis les signes majeurs apparaissent :

prise de poids intempestive : on prend deux kilos à chaque écart de régime, on n’arrive plus à les perdre aussi facilement, et les kilos se logent sur le ventre.

bouffées de chaleur nocturnes : on se réveille trempée puis on grelotte

syndrome prémenstruel : c’est le plus embêtant car il existe peu de traitements efficaces.

Qu’est-ce que le syndrome pré menstruel ?

Il se qualifie par :

un ballonnement désagréable qui peut durer jusqu’à quinze jours avant les règles

et surtout une modification de l’humeur dans un sens dépressif.

Mes patientes souffrant d’un syndrome pré menstruel me racontent toujours la même histoire : elles ont envie de pleurer pour un rien, ont des idées noires et, surtout, ne supportent plus leur entourage familial, mari ou enfants, et se mettent souvent en colère contre eux et le regrettent aussitôt.

Peut-on remédier aux difficultés liées à la pré ménopause ?

C’est ce que je vous apprendrai dans mon prochain billet.

Quand les règles sont hémorragiques, que se passe-t-il ?

On parle d’hémorragie menstruelle ou ménorragies quand les règles durent plus de 8 jours

et/ ou qu’il faut se changer toutes les heures.

Il faut bien sûr consulter son gynécologue pour savoir la cause des hémorragies.

Voici les principales causes des hémorragies menstruelles :

LE FIBROME

C’est la cause la plus fréquente de ménorragies.

Quand il y a augmentation du volume des règles sous pilule, un fibrome est constamment retrouvé à l’échographie, car les autres diagnostics de ménorragies , endométriose, polype, troubles hormonaux sont exclus du fait de la prise du contraceptif oral qui empêche ces pathologies.

Il peut s’agir d’un fibrome qui pend dans la cavité (appelé fibrome sous muqueux, ce sont les pires même s’ils sont tout petits) ou d’un fibrome logé en plein dans le muscle utérin.

Il peut s’agir de tous petits fibromes multiples éparpillés dans tout le muscle utérin.

Tous les fibromes ne saignent pas : il existe d’énormes fibromes gros comme des melons qui ne donnent aucune augmentation du volume des règles…mais une augmentation du volume de l’abdomen.

Les fibromes se repèrent très bien à l’échographie sous la forme d’un ou plusieurs nodules noirâtres.

Il n’existe jamais de fibrome cancéreux : le fibrome est un tortillon de fibres musculaires ni plus ni moins, il ne peut cancériser.

Ce tortillon empêche la bonne cicatrisation lors des règles : le sang coule « à robinet ouvert » puis se forment de gros caillots.

Le manque de fer est immédiat ainsi que l’anémie entraînant fatigue, vertiges, teint pâle, picotements dans les doigts et les paumes de la  main.

Le traitement est

médical : LUTERAN 10(ou LUTENYL, si pas de problèmes veineux) 1 à 2 cp par jour pendant 20 jours sur 28

chirurgical : retrait du fibrome par les voies naturelles ou par coelioscopie ou retrait de tout le haut de l’utérus (hystérectomie sub totale) par coelioscopie ou mini ouverture au dessus du pubis

On peut aussi proposer une embolectomie qui permet de garder son utérus et de faire cesser les ménorragies.

Ou alors, on peut décider de ne rien faire sur le fibrome car il va sécher à la ménopause mais on prescrit des produits qui diminuent les hémorragies

EXACYL cp : deux cp matin, midi et soir avec ou sans

EXACYL ampoule : une matin, midi et soir

Ces produits sont interdits en cas de phlébite. Chaque patiente les utilise selon ses besoins et on ne les prend qu’en cas de flux abondant.

LE POLYPE ENDOUTERIN

Le polype du col ne donne jamais d’hémorragie, le polype de l’intérieur de la cavité oui.

Le polype est une excroissance de chair qui pousse, on ne sait pourquoi, à l’intérieur de la cavité utérine

Il existe deux sortes de polypes :

Le polype bénin, le plus fréquent, lié à un déséquilibre hormonal en faveur des oestrogènes. Les hormones féminines font pousser la muqueuse, s’il n’y a pas assez de progestérone, la croissance devient excessive et le polype apparaît. Lors de la desquamation de l’endomètre dès le début des règles, c’est l’hémorragie : le polype saigne à robinet ouvert.

Le polype malin est assez rare : il faut y penser toujours et le diagnostic d’un polype se fait par son analyse anatomopathologique.

L’échographie ne distingue pas polype bénin de malin aussi faut-il toujours pratiquer le retrait d’un polype sous anesthésie générale pour en faire l’analyse.

Une fois le polype bénin retiré, toutes les hémorragies s’arrêtent et il est rare qu’un polype repousse surtout si on prend la précaution de prescrire de la progestérone en deuxième partie de cycle et ce jusqu’à la ménopause qui signera la disparition définitive des polypes bénins.

Un polype découvert bien après la ménopause parce qu’il saigne,  sera malin. Heureusement, les polypes cancéreux sont très faciles à soigner car ils évoluent lentement, se découvrent très tôt, se propagent localement et jamais par métastases. La découverte d’un polype malin oblige à retirer tout l’utérus, les ovaires et les ganglions autour pour s’assurer qu’ils sont sains.

L ADENOMYOSE

Il s’agit d’une endométriose localisée au muscle utérin. Cette pathologie bénigne mais fort invalidante, démarre au plus jeune âge. Dès la puberté les règles sont abondantes, douloureuses et cela s’aggrave après chaque grossesse, chaque curetage, chaque IVG. Il existe un répit pendant la prise de la pilule. Le port du DIU au cuivre est un enfer, les hémorragies redoublent.

L’adénomyose est bien visible à l’échographie mais il faut avoir un oeil bien entraîné. Certains radiologues échographistes passent à côté du diagnostic.

Les images des caillots dans le muscle sont très petites, tantôt sous forme de taches noires tantôt sous forme de points très blancs. Dans l’adénomyose, le muscle utérin n’est pas gris homogène mais fait d’un piqueté de taches noires et blanches.

Le traitement est

médical avec LUTERAN ou LUTENYL ou une pilule adaptée assez puissante.

médical avec pose d’un MIRENA : on peut tenter cette approche mais on ne réussit pas à tous les coups.

chirurgical avec une hystérectomie sub totale et conservation des ovaires à pratiquer si la patiente ne souhaite plus d’enfants.

ou on utilise EXACYL cp et ampoules comme dans le cas du fibrome.

L’embolectomie ne fonctionne pas dans l’adénomyose.

L’ adénomyose disparait avec l’arrêt des règles à la ménopause mais se réveillera si l’on prescrit un traitement hormonal même léger. Seul le LIVIAL est autorisé pour traiter la ménopause chez des femmes ayant souffert d’ une adénomyose.

LE TROUBLE HORMONAL

On retrouve des problèmes hormonaux ovariens et chez les toutes jeunes filles récemment réglées et chez les femmes en périménopause.

Dans les deux cas, les règles sont hémorragiques car il y a eu production intense d’oestrogènes sans compensation par la progestérone. La muqueuse endoutérine ou endomètre a poussé sans retenue. Quand elle tombe lors des règles, c’est l’hémorragie.

Le diagnostic est facile à faire : il n’y a ni fibrome ni polype ni adénomyose à l’échographie et l’épaisseur de l’endomètre est supérieur à 8 mm. Une biopsie d’endomètre à la pipelle de Cornier chez les patientes qui ont passé la trentaine, permet de s’assurer que l’endomètre épaissi ne présente pas un début de cancer.

Le traitement repose sur de la progestérone donnée entre 10 et 15 jours par mois et ce pendant plusieurs mois ou, lorsque la patiente le souhaite et le peut, l’administration d’une pilule.

La pose d’un MIRENA peut être intéressante.

Lorsque la patiente a régulièrement des ménorragies et qu’elle ne souhaite ni Mirena, ni traitement progestatif, ni pilule (ou qu’elle ne supporte pas ces trois alt propositions thérapeutiques), il faut penser à l’endométrectomie. Il s’agit d’une thermocoagulation de l’endomètre qui se pratique en ambulatoire par les voies naturelles. Les résultats sont très satisfaisants dans 40% des cas, les règles sont très diminuées et la patiente peut vivre de nombreuses années sans souci d’hémorragie.

LA GROSSESSE PATHOLOGIQUE

Quand une femme saigne abondamment, il faut aussi penser à une fausse couche spontanée, une grossesse extra utérine à allure de fausse couche, ou à une tumeur placentaire que l’on appelle môle hydatiforme. Il est essentiel de faire le diagnostic de ces grossesses pathologiques car elles peuvent mettre en jeu la vie de la patiente.

Le dosage des beta HCG dans le sang est l’examen qui nous fait le diagnostic : un dosage bas, c’est une fausse couche ( le produit du curetage sera analysé et confirmera le diagnostic évoqué), un dosage moyen, attention ce peut être une GEU, un dosage explosif, c’est une tumeur placentaire bénigne qui peut se transformer en tumeur maligne.

Je me suis fait récemment piéger dans le diagnostic d’une hémorragie menstruelle chez une patiente de 50 ans : elle saignait abondamment, l’échographie laissait penser qu’il s’agissait d’un volumineux polype. J’ai adressé ma patiente à un chirurgien pour un curetage en urgence. Un mois après, ma patiente revenait en consultation avec une nouvelle hémorragie : ce n’était pas normal car un polype retiré ne repousse pas en un mois. Les beta hcg ont fait le diagnostic, ils étaient à 100 000 ce qui est pathologique : ma patiente était tombée enceinte malgré ses 50 ans, mais il s’agissait d’une grossesse sans embryon avec tumeur placentaire. La grossesse môlaire est très rare mais elle survient plus volontiers chez les femmes passé 45 ans et elle peut se transformer en choriocarcinome que l’on soigne bien avec une chimiothérapie. D’où l’intérêt d’une contraception efficace même en pré ménopause !

CONCLUSION

Les ménorragies sont une cause fréquente de consultation.

Il faut et traiter l’hémorragie au plus vite afin de ne pas laisser s’installer une anémie et en faire le diagnostic afin de trouver le traitement le plus adéquat et afin de ne pas passer à côté de causes qui mettent en jeu le pronostic vital : une GEU (exceptionnel), une môle hydatiforme (rarissime), un polype cancéreux (cause plus fréquente).

Quand ça saigne sous DIU, que se passe-t-il ?

SAIGNEMENTS SOUS DIU AU CUIVRE

Quand ça saigne en dehors des règles sous DIU au cuivre que se passe -t-il  ?

Tout d’abord, sachez qu’il est assez fréquent de saigner sous DIU au cuivre.

D’abord des saignements à mi cycle liés à l’ovulation. La muqueuse s’épaissit et se fragilise lors de l’augmentation du taux d’oestrogènes du pic ovulatoire. Comme il existe une inflammation locale liée à la présence du corps étranger, la muqueuse plus fragile peut saigner un jour ou deux pas plus.

Et puis des petits saignements préparatoires au déclenchement des règles ne sont pas rares sous DIU ainsi que des petits saignements post règles car la cicatrisation tarde à se faire avec un corps étranger dans l’utérus. Avoir en tout et pour tout 10 jours de règles sous DIU n’est ni rare ni pathologique.

Cependant des saignements qui dureraient au delà des deux jours à mi cycle et des 10 jours de règles indiquent une pathologie.

Ce peut être une simple intolérance au corps étranger. Tous les utérus ne suportent pas le port d’un DIU. Les saignements sont alors souvent accompagnés de douleurs pelviennes, douleurs spontanées ou provoquées. Le seul traitement est le retrait du DIU pour un autre mode de contraception.

Ce peut être aussi le signe d’une infection sur DIU. Les infections utérines saignent souvent sans donner forcément de douleur et de fièvre. Il est impératif de rechercher une infection à chlamydiae par prélèvements locaux et prise de sang. Si le chlamydiae est retrouvé, il faut donner des antibiotiques et retirer le DIU.

Parfois on suspecte une infection et on ne la retrouve pas. Il faut retirer le DIU, laisser reposer l’utérus trois mois. On repose un DIU neuf et les métrorragies ne réapparaissent pas. Le précédent DIU était-il porteur d’un candida ou d’un microbe banal ? Comme on ne fait pas d’analyse bactériologique du DIU et on a tort, on n’a pas le fin mot de l’histoire.

Il est évident que tout saignement sur DIU doit faire rechercher les causes habituelles des saignements

grossesse pathologique

fibrome

adénomyose

polype

cancer

SAIGNEMENTS SOUS DIU MIRENA

Ils sont possibles alors que beaucoup de patientes sont persuadées que ce stérilet va leur épargner saignements et règles.

D’abord ce stérilet ne bloque pas forcément les règles. Il existe des petits saignements à la place des règles. Ces saignements sont de survenue irrégulière.

Bien sûr, il convient de rechercher toutes les autres cause de saignements sur stérilet avant de conclure à des saignements ordinaires: infection, cancer, fibrome, kyste de l’ovaire. Jusqu’à présent, je n’ai jamais décelé une grossesse sur Mirena. On peut donc être rassuré : pas de GEU ni de fausse couche possible avec ce type de DIU.

Quand ça saigne sous pilule, que se passe-t-il ?

Il ne se passe pas une semaine sans que je reçoive un coup de fil d’une patiente affolée parce qu’elle saigne sous pilule. Il faut bien sûr faire venir la patiente en consultation afin de l’interroger et de l’examiner pour ne pas passer à côté d’une cause grave de saignement.

L OUBLI D UN COMPRIME

C’est la cause la plus fréquente de saignements sous pilule. Certaines patientes sont très surprises de constater des saignements un mois alors que le mois précédent, elles avaient aussi fait un oubli …mais il ne s’était rien passé. Le corps a des réactions surprenantes. Lorsque l’on a oublié sa pilule des métrorragies de privation, des fausses règles, surviennent. Si elles sont abondantes, elles empêcheront les métrorragies de privation de venir à date habituelle.

Je rappelle que lorsqu’on a oublié sa pilule, le plus sage est de prendre le comprimé oublié et de continuer sa pilule en se protégeant jusqu’à la prochaine plaquette.

Certaines pilules très dosées acceptent les oublis, pas les autres.

LA PRISE D UN  GENERIQUE

C’est devenu la deuxième cause de saignement sous pilule après l’oubli d’un comp

rimé

Le passage d’une molécule princeps à un générique peut occasionner chez certaines femmes une perturbation hormonale avec métrorragies et parfois douleurs pelviennes et mastodynie.

Le traitement est simple : reprise de la molécule princeps.

L INSUFFISANCE HORMONALE

Certaines pilules sont trop légères pour l’utérus de certaines femmes et au bout d’un certain temps de prise , des saignements intercurrents apparaissent appelés spottings. Il suffit de changer de marque de pilule pour obtenir une cicatrisation de l’utérus. En attendant la consultation, je demande à ma patiente de doubler les doses en prenant deux comprimés au lieu d’un seul. Bien sûr, il faut utiliser une deuxième plaquette pour bien respecter les jours et les couleurs de comprimés.

LES AUTRES CAUSES A TOUJOURS RECHERCHER

une grossesse sous pilule : faire un beta HCG

une infection à chlamydiae : faire une recherche de ce microbe dans l’endocol et dans le sang. Beaucoup de généralistes changent la marque de la pilule quand une patiente saigne et oublient le chlamydiae, ce qui est bien dommage pour la fertilité des femmes.

une lésion du col :  examen au spéculum pour débusquer un ectropion fragil et frottis obligatoire à la recherche d’une verrue,

une adénomyose ou un fibrome : échographie indispensable pour éliminer ces deux diagnostics qui demanderont des traitements spécifiques.

En conclusion : les causes les plus fréquentes de saignements sous pilule sont très banales (oubli de pilule, inadéquation pilule utérus) mais ne doivent pas nous faire négliger la recherche de causes plus graves ou nécessitant un traitement spécifique.

Quand les règles ne viennent pas sous contraceptif, que se passe-t-il ?

Tout d’abord, excluons le cas du port du DIU au cuivre. L’absence de règles a les mêmes origines que sans DIU : voir mon billet à ce sujet.

Ensuite notons tous les contraceptifs qui effacent les règles ou les espacent :

Cerazette

Tous les macroprogestatifs : Lutényl, Luteran, Androcur

Nexplanon

Mirena

Qlaira

Ces contraceptifs étant très fiables, il n’y a aucune raison de s’alarmer quand on ne voit pas ses règles.

Sous pilule oestroprogestative classique, que se passe -t-il quand on n’a pas ses règles ?

LA GROSSESSE

Il faut y penser même s’il est rare de tomber enceinte sous pilule. Un test de grossesse fait quinze jours après la reprise de la pilule doit rassurer.

Il ne faut jamais arrêter sa pilule quand on ne voit pas ses règles mais continuer comme si de rien n’était. On appelle alors sa gynéco et on fait le test en attendant la consultation.

La pilule ne donne aucun problème au foetus. Bien sûr, il faut arrêter la pilule dès que l’on se sait enceinte mais il n’y a pas lieu de craindre une malformation foetale pour cause de pilule.

Existe-t-il des contraceptifs plus fiables que d’autres ? Oui

Mirena, Nexplanon, les macroprogestatifs, Zoely, Cerazette, Stediril sont très fiables.

J’ai vu quelques grossesses sous Microval, Trinordiol, Adepal mais peut-être parce que la patiente a manqué un comprimé sans s’en rendre compte et que ces pilules ne tolèrent pas un écart.

LA SECHERESSE UTERINE

C’est la cause la plus fréquente d’aménorrhée sous pilule.

La pilule bloque l’ovulation et tarit les secrétions hormonales des ovaires. Au bout d’un certain temps, qui est variable selon les femmes, les ovaires se mettent au repos complet : plus de secrétion d’oestrogènes, le faux nid du bébé ne pousse pas, les règles ne viennent donc pas à l’arrêt de la pilule puisqu’il n’y a rien à faire tomber.

Que faire ? Souvent, le fait de changer de pilule fait repartir la production hormonale. Certaines pilules ne donnent jamais d’aménorrhée comme Stediril ou alors très rarement comme Jasmine.

Il n’y a aucun danger pour la santé de ne pas avoir de fausses règles sauf que cela signifie qu’il y a manque d’oestrogènes. Parfois cette hypo oestrogénie donne des signes fort désagréables : brûlures vulvaires et vaginales, cystites à répétition, contraction utérines douloureuses.

Arrêter la pilule trois mois est un excellent remède pour retrouver son équilibre hormonal naturel.

LA GROSSESSE NERVEUSE

Sous cette appellation, je veux évoquer le désir inconscient d’avoir un enfant, désir contrarié par la réalité économique ou affective. La patiente est partagée entre deux sentiments antagonistes : le désir d’avoir un enfant et la peur de s’engager dans la maternité. Le corps se bloque un mois ou deux. Le fait de faire le point avec son médecin résout le problème dans un sens (on arrête la pilule) ou dans l’autre (on la continue et les règles reviennent ).

LE KYSTE DE L OVAIRE

C’est très rare d’en retrouver un à l’échographie car la pilule assure une protection contre l’apparition des kystes fonctionnels.

CONCLUSION

Il n’existe aucune pathologie grave donnant une aménorrhée sous pilule oestro progestative.

Cependant, il faut se soucier de cette aménorrhée tout en n’arrêtant pas sa pilule : on réalise d’abord un test de grossesse et si celui ci revient négatif, on patiente un mois ou deux. Si les règles ne reviennent pas, il faut consulter afin de voir avec son médecin quelle meilleure contraception adopter.

Sous pilule progestative pure, les aménorrhées sont habituelles, mais attention à la pilule Microval qui n’a pas l’efficacité des autres pilules progestatives.

Quand on n’a plus ses règles, que se passe-t-il ?

Une femme est toujours inquiète de ne pas voir ses règles : que peut-il se passer ?

Eliminons un premier diagnostic : celui de cancer gynécologique. Aucun cancer ne bloque les règles, bien au contraire, les cancers, même débutants, saignent toujours.

LES AUTRES DIAGNOSTICS

LA GROSSESSE

C’est la première cause d’absence de règles.

Il existe des tests urinaires très fiables à acheter en pharmacie pour savoir si on est enceinte…et de combien de semaines. Le test urinaire se positive dès six jours de grossesse. Le dosage sanguin de beta HCG est très performant car il se positive à cinq jours de grossesse. Un bon dosage ne signifie pas que votre grossesse va bien. Seule l’échographie montrant un embryon avec le coeur qui bat, peut prouver la bonne évolutivité de votre grossesse.

Attention, il existe des grossesses avec règles régulières les premiers mois ! Quand je vous dis que la Médecine n’est pas une science exacte ! Heureusement, ces cas sont rarissimes mais ils expliquent certaines grossesses non désirées découvertes tardivement.

Il existe aussi le cas inverse : la femme n’a pas ses règles, est mariée, ne prend aucune contraception et vient consulter au bout de quatre mois en demandant :  » Docteur, que peut-il bien se passer ? » Mais Madame, dis-je, c’est que vous êtes enceinte  » « Moi, enceinte ? ce n’est pas possible ! »  Je pratique alors une échographie qui montre un foetus qui bouge et dont le coeur bat. La patiente sort alors de son déni, le ventre se détend, sa silhouette devient celle d’une femme enceinte de quatre mois….et les nausées arrivent alors qu’elles avaient été totalement absentes jusqu’au diagnostic. C’est très déroutant de faire un diagnostic de grossesse lors d’un déni mais c’est fort rare : je n’ai vu qu’un seul cas de vrai déni de grossesse dans ma carrière.

J’ai vu, en revanche, beaucoup de retard de diagnostic, notamment chez de jeunes adolescentes qui se savaient enceintes mais faisaient tout pour le cacher à leur famille : pantalon serré, ample sweat shirt, tricherie lors du test de grossesse (on dit qu’on a fait la prise de sang, qu’elle est négative alors que l’on ne s’est pas rendue au laboratoire …)

LE KYSTE DE L OVAIRE

Le kyste fonctionnel de l’ovaire est comme une poche remplie d’eau qui bloque l’ovulation et les règles. On ne sait pas pourquoi ce kyste se forme. Il est très peu douloureux : la patiente ressent comme une sorte de ballonnement, avec parfois les seins enflés, des nausées aussi. Elle pense à une grossesse débutante mais l’échographie montre un utérus vide avec une poche bien noire sur un des ovaires : c’est le kyste que l’on va faire disparaître en prescrivant du LUTENYL entre 12 et 20 jours. A l’arrêt du Lutenyl, les règles arrivent dans les dix jours et le cycle naturel repart.

LES MICROKYSTES DES OVAIRES

Quand les ovaires sont immatures chez la jeune fille en post puberté ou même chez la femme plus âgée mais dont les ovaires fonctionnent mal, il se produit des microkystes à la surface des deux ovaires. Ces microkystes sont comme des ovules rentrés qui ne s’évacuent pas. Il y a blocage de l’ovulation donc arrêt des règles.

Ces microkystes peuvent entraîner de violentes douleurs en coup d’aiguille ou en coup de poignard, à couper le souffle pendant quelques instants mais souvent ne donnent que des douleurs pelviennes vagues et une dyspareunie profonde bien handicapante. On en fait le diagnostic par échographie.

La prescription de Lutenyl ou d’une pilule bien dosée permet de sécher les microkystes. Lorsque la patiente souhaite un bébé, il faut utiliser un traitement homéopathique à base de Folliculinum et de Progesterinum associé à une association huile d’onagre et huile de bourrache.

LA PRE MENOPAUSE

Quand nos ovaires vieillissent, ils ne travaillent plus avec la régularité d’avant et on peut manquer un cycle. C’est le top départ pour la préparation de la ménopause. Quand une patiente, qui a passé quarante ans, me dit qu’elle vient de sauter un cycle, je peux lui affirmer qu’elle sera ménopausée cinq ans plus tard. Je vous rappelle que la ménopause se définit comme douze mois consécutifs sans règles. Toute la phase préparatoire avec cycles trop rapprochés puis trop éloignés s’appelle la pré ménopause. Lorsque les cycles naturels se rapprochent jusqu’à 16 jours d’écart, on peut dire que la ménopause sera là dans sept ans et quand on saute son premier mois, la ménopause sera là dans cinq ans.

Existe-t-il des tests sanguins pour nous dire où on en est ? Les hormones FSH et LH ne s’élèvent que lorsque la ménopause est vraiment là. Une FSH supérieure à 20 indique que nous sommes désormais infécondes mais que des règles irrégulières peuvent encore survenir.

LES TROUBLES HORMONAUX PSYCHOLOGIQUES

C’est notre hypophyse qui commande les ovaires. L’hypophyse est sous la domination du cerveau. Tout choc psychologique, toute contrariété, tout début de dépression nerveuse, vont donc influencer la commande de l’hypophyse. L’hormone LH qui assure les ovulations et la production d’hormones, s’effondre et ne stimule plus les ovaires qui se mettent au repos provisoire. La panne ovarienne se traduit par une absence de règles. Il n’y a pas de remède sauf la patience.

Beaucoup de médicaments qui agissent sur le cerveau peuvent bloquer l’hypophyse et donc les ovaires et donner une absence de règles.

Il existe aussi une autre cause hypophysaire, assez fréquente, de panne ovarienne :la fabrication en excès , par l’hypophyse, de l’hormone de la lactation appelée prolactine. On ne sait pas toujours pourquoi une femme fabrique de la prolactine en trop, Cette prolactine bloque les ovulations et la femme se retrouve en aménorrhée. C’est très facile de faire le diagnostic d’hyperprolactinémie : il faut doser la prolactine par une prise de sang, le matin, à jeun. Si la PRL (prolactine) est supérieure à la normale, on prescrit une IRM de l’hypophyse à la recherche d’une tumeur bénigne à PRL, assez rare, et on prescrit Dostinex 1 cp une fois par semaine. Les règles se normalisent dans les deux mois et…bébé arrive.

Conclusion : il existe différentes causes à une absence de règles

grossesse

kyste ou microkystes des ovaires

troubles hormonaux liés à la post puberté, la préménopause, un choc psychologique ou une hyperprolactinémie

Le diagnostic est facile à faire avec

une échographie

une prise de sang comportant beta HCG, FSH, LH, PRL

Les résultats de ces examens nous donnent l’origine de l’aménorrhée nous permettant un traitement adapté.