Le streptocoque B : l’angoisse de l’obstétricien

Le streptocoque B a la particularité de se loger dans les intestins de certaines femmes et de passer coloniser le vagin de temps à autre. Il est impossible d’éradiquer le portage du streptocoque B , au grand désespoir des obstétriciens car ce petit microbe peut être mortel pour un nouveau né fragile.

Dans la vie de tous les jours, ce microbe donne des pertes blanches (leucorrhées) brûlantes que l’on peut confondre avec une mycose, qui surviennent par épisode, et qui entravent la vie sexuelle par les brûlures post coïtales qu’elles entrainent.

Le diagnostic ne se fait que par le prélèvement car il est impossible à l’oeil nu de différencier des pertes blanches mycosiques banales de celles liées à un streptocoque. L’interrogatoire nous met sur la piste car le candida démange avant de brûler et le strepto B brûle et pique sans jamais démanger.

Lorsque le prélèvement revient positif au stepto B, il faut prévenir la patiente :

qu’il pourra y avoir d’autres crises avec des intervalles de survenue variables

qu’elle doit prévenir son accoucheur lors d’une future maternité qu’elle est porteuse du Strepto B

que le traitement est court : deux jours de penicilline per os suffisent (les ovules anti fungiques seuls sont rarement opérants alors qu’ils sont sensés lutter et contre le candida et contre le streptocoque)

mais que les rechutes sont possibles, avec ou sans symptômes.

Comment organiser au mieux la vie d’une femme porteuse de strepto B ?

Je prescris avec succès de l’homéopathie pour celles qui sont sujettes aux « crises » de strepto B ( streptococinum 30 CH un tube dose tous les mois pour l’année) mais, attention, l’homéopathie supprime les symptômes  gênants du microbe mais ne peut servir de protection pour le nouveau né lors de l’accouchement.

Pour les femmes enceintes, j’inscris dans leur dossier, à la première page qu’elles sont porteuses du strepto B. Lors de l’accouchement, elles bénéficieront, dans tous les cas, d’une perfusion de penicilline afin que le bébé ne « respire  » pas le microbe.

Toutes les femmes enceintes doivent avoir un prélèvement vaginal

à la visite des 7 mois

lors de chaque plainte : pertes blanches abondantes, brûlures vulvaires, saignements en début de grossesse.

Une de mes patientes n’a pas eu le temps d’avoir son prélèvement des 7 mois de grossesse. Elle a rompu les membranes à 7 mois moins deux jours et a perdu les eaux. L’accouchement de son nouveau né prématuré s’est bien passé mais dans les heures qui ont suivi, le bébé a commencé à se cyanoser : il avait les plus grandes difficultés à respirer. Il est décédé d’une septicémie foudroyante à streptocoque B : les poumons et le coeur ont lâché malgré les soins intensifs et les antibiotiques.

Le sang du bébé portait du streptocoque B, le même que celui retrouvé dans le prélèvement vaginal fait à la mère en début de travail. Malheureusement, il faut plusieurs heures pour obtenir un résultat. Des équipes travaillent sur un test de détection rapide du strepto B qui nous aiderait à mettre en route une antibiothérapie le plus tôt possible.

Une autre de mes patientes a failli voir mourir son bébé de la même façon. Pourtant, le diagnostic de strepto B vaginal avait été fait, une perfusion posée mais le travail a été plus long que prévu, la sage-femme a oublié de renouveler la perfusion d’antibiotiques et le nourrisson a été infecté par le streptocoque B.

Il a fait une très grave insuffisance cardiaque mais a pu être réanimé et sauvé.

Lorsque je découvre du streptocoque B pendant la grossesse, il est inutile que je prescrive de la penicilline sur deux jours car le microbe risque de revenir. Il faut prévenir la patiente, la convaincre de l’inutilité d’un traitement immédiat et la rassurer en lui disant qu’elle bénéficiera d’un traitement le jour J.

Mon prochain billet va être consacré au Chlamydiae Trachomatis, un microbe qui peut rendre stérile s’il passe inaperçu ….et c’est souvent le cas.

Quand ça démange et que ce n’est pas une infection

Il existe une cause très fréquente de démangeaisons vulvaires : l’eczéma.

Notre peau est en contact avec de nombreux produits allergisants : savons parfumés, protège slips, serviettes hygiéniques parfumées, papier toilette, adoucissants. mais aussi sous vêtements synthétiques, caleçons en lycra, pantalons en élasthane.

Lorsque nous restons assises des heures durant, la vulve peut souffrir : nos pertes blanches collent à la peau, on sue et la sueur aggrave la macération. Arrivent alors les démangeaisons qui peuvent être violentes, on se gratterait jusqu’au sang.

Si nous prenons ces démangeaisons pour une mycose et qu’on applique une crème antifungique, le remède est pire que le mal. La vulve brûle, la peau desquame.

Ce n’est pas évident de faire soi même le diagnostic différentiel (le différentiel, dirait le Dr House) entre eczéma et mycose car si la mycose démange, c’est que vous faites une allergie à la candidine libérée par le champignon candida albicans. Il existe une grande intrication entre terrain allergique et prurit mycosique.

En consultation, on fait le diagnostic par le prélèvement vaginal qui revient stérile en cas d’eczéma  et par l’observation de lésions vulvaires caractéristiques de l’eczéma : des points rouges et de toutes petites bulles. On évoque aussi le diagnostic d’allergie….quand le traitement anti fungique auto prescrit n’est d’aucune efficacité, voire même aggrave les brûlures !

Le traitement est simple : nettoyer avec un produit désinfectant comme la Bétadine mousseuse (flacon rouge) puis appliquer une crème à la cortisone comme LOCOÏD . Lorsqu’il existe une mycose associée à un eczéma, je prescris deux crèmes : une à la cortisone ( BETNEVAL) et une antifungique ( FAZOL) et je dis à ma patiente de mettre une noisette de chaque crème dans le creux de la main et de l’appliquer matin et soir sur la vulve 6 jours de suite. Lorsque le pharmacien prépare ce mélange, les produits ne sont plus remboursés.

Le traitement est très vite efficace mais, si la cause de l’eczéma n’est pas trouvée, les démangeaisons reprendront. Il faut lister, avec la patiente, tous les produits  qu’elle utilise (savons, lessive, serviettes hygiéniques) et les vêtements qu’elle porte (strings, pantalons moulants).

Il est indispensable de bien faire comprendre à la patiente qu’il est nécessaire d’utiliser un savon anti allergique ( Saugella bleu, dermopain Klorane à la mauve, gel Aderma, savon d’Alep), des serviettes hygiéniques en coton ( cotton touch de Saugella), de porter des slips en coton pur (et pas uniquement fond coton) et  sans protège-slips (ou alors en coton ) et des vêtements larges (pas de caleçon, de leggins, de jean trop ajusté) et en fibres naturelles.

Lorsque les produits allergisants sont mis de côté, il existe une véritable amélioration de la vie de la patiente. Cependant, il peut survenir des crises d’eczéma vulvaire lors d’un stress par exemple, mais la patiente a toujours une crème appropriée sous la main pour réaliser son traitement sans attendre la consultation.

Il existe une variante très fréquente de l’eczéma vulvaire : l’eczéma anal qui donne un prurit qui s’aggrave sous crème anti hémorroïdaire. Cet eczéma survient exclusivement au stress. Bien sûr, il peut être aggravé par le port de pantalons serrés mais l’étiologie majeure est le stress, aussi, le diagnostic fait, faut -il recommander l’usage, à la demande, d’une pommade à la cortisone (Nerisone, Locoïd)  à utiliser deux à trois jours, deux fois par jour. La patiente doit toujours avoir un tube d’avance dans sa pharmacie.

Une troisième cause de prurit vulvaire non infectieux est la sécheresse vaginale qu’elle soit post ménopausique ou liée à une pathologie thyroïdienne. J’ai déjà traité dans un précédent billet des produits adaptés pour y remédier : crèmes hormonales mais aussi gélules d’omega 3. Il faut se méfier des crèmes hormonales et ne jamais les prescrire si on soupçonne une origine mycosique ou allergique au prurit. Lorsque l’on hésite, il vaut mieux préconiser du Monasens ou une crème douceur Saugella en attendant les résultats des prélèvements.

La dernière raison qui peut expliquer un prurit vulvaire est le lichen scléro atrophique dont j’ai déjà parlé. Le diagnostic se fait par l’observation de la vulve : le LSA modifie l’anatomie de l’orifice vulvaire qui se rétrécit, se durcit, devient scléreux. Les petites lèvres diminuent de volume et blanchissent jusqu’à avoir un aspect nacré. Le traitement est une application fréquente de crème corticoïde en alternance avec un baume surgras (baume Lipicar)

Conclusion : parfois, la cause d’un prurit vulvaire est évidente et les soins vite efficaces mais souvent, le diagnostic n’est pas facile et il faut plusieurs consultations et quelques erreurs thérapeutiques pour trouver la bonne étiologie et donc le bon traitement qui soulagera, enfin, la patiente.

Quand ça démange et que ce n’est pas une mycose

Ce n’est pas parce que ça démange qu’il s’agit d’une mycose !

Il existe quelques infections vaginales et vulvaires qui provoquent un prurit plus ou moins intense.

LE TRICHOMONAS

C’est un petit parasite uniquement sexuellement transmis. On fait le diagnostic de certitude par un examen cytobactériologique mais il est assez facile de diagnostiquer la présence de ce parasite à la qualité des pertes blanches. Une mycose donne des pertes blanches « lait caillé », acides, et toujours inodores. Le trichomonas donne des pertes blanches certes prurigineuses, mais très mousseuses, bulleuses et très malodorantes.

Le traitement est simple : une cure de Fasigyne 500 pour la femme et son partenaire

L’infection à trichomonas est assez rare et sans aucun danger.

LE GARDNERELLA

C’est un microbe que notre corps développe. Ce n’est pas une infection sexuellement transmise. La présence de ce microbe signifie que notre système écologique vaginal est perturbé.

Lorsque notre bacille de Doderlein disparait, une flore de substitution colonise notre vagin et le Gardnerella prolifère.

L’infection à Gardnerella a une symptomatologie très proche de celle du candida : pertes blanches, prurit vulvaire, mais il existe une différence notoire : la mauvaise odeur, mauvaise odeur exacerbée par le sperme à la fin du rapport sexuel.

Je le répète : une mycose ne donne pas de mauvaise odeur.

Le traitement du Gardnerella est à la fois facile (le microbe meurt en une seule administration de FLAGYL ovule ou comprimé) et difficile (il repousse très vite si les conditions écologiques locales n’ont pas été améliorées).

C’est pourquoi le Gardnerella est si difficile à faire partir pour de bon. Voici ma recette préférée qui permet à une patiente d’être débarrassée de ce microbe pour de longs mois : Flagyl ovules pendant 6 jours suivis par Terlomexin 6 jours (pour enrayer une mycose développée à la suite du Flagyl, un antibiotique) suivis par Trophigil un soir sur deux pour réensemencer le vagin en bacilles de Doderlein, notre bacille protecteur, et le tout accompagné de Bion 3, un probiotique pour rééquilibrer la flore intestinale. Le Bion 3 n’est pas remboursé et certaines de mes patientes ne le prennent pas. Et bien la différence d’efficacité est flagrante.

J’ai traité par quatre fois une de mes patientes jusqu’au jour où elle a accepté d’associer le Bion 3 à la thérapeutique antibiotique ….et elle n’a jamais rechuté en plus de trois ans !

Le Geliofil est aussi un très bon produit pour enrayer le Gardnerella. Il peut agir seul, par cure de 6 jours, et supprimer le microbe en favorisant la croissance d’un bon bacille de Doderlein.

Le Gardnerella est accusé de favoriser la rupture des membranes chez une femme enceinte et causer un accouchement prématuré. Le Geliofil est alors très utile pour prévenir les infections chez les femmes sujettes au Gardnerella.

Le savon favorise ce microbe : il est donc conseillé aux femmes sujettes à cette infection de ne pas prendre de bains moussants et d’utiliser des savons sans savon pour l’hygiène intime comme Saugella bleu ou, encore mieux, Jaïlis qui est un soin de peau régénérant. Il existe dans cette gamme un soin de lavage intime, un baume régénérant et, surtout une brume déo protectrice qui rend un sacré service à toutes mes patientes qui redoutent de sentir mauvais.

La ménopause est un état qui défavorise la mycose mais qui encourage le développement du Gardnerella…sauf si l’on utilise un traitement hormonal général ou par voie locale. Les ovules Colpotrophine, la crème Trophicrème empêchent la formation du Gardnerella en aidant au développement du Doderlein.

PS : il existe un traitement souvent proposé pour traiter le Gardnerella : le SECNOL.  C’est un antibiotique, pas toujours bien toléré au niveau digestif, présenté en granulés en sachet à prise unique. J’ai abandonné la prescription de ce produit car il n’est pas plus efficace que les ovules de Flagyl, bien mieux tolérés !

LE CHLAMYDIAE

Lorsqu’une femme se plaint de mycoses à répétition ou lorsqu’il existe une rechute après un traitement bien conduit, il faut rechercher le Chlamydiae. C’est parfois ce microbe, uniquement sexuellement transmis, qui favorise la mycose : lorsque l’on supprime ce microbe, les mycoses ne réapparaissent plus.

Le Chlamydiae se recherche par un prélèvement dans l’endocol ou alors dans le premier jet urinaire et j’aurai l’occasion de consacrer un billet entier à ce microbe.

LE MYCOPLASME

Il ne favorise pas les mycoses mais plutôt les cystites. Il ne provoque aucune perte blanche mais on soupçonne sa présence car il donne une mauvaise odeur à la glaire qui coule par l’orifice cervical. Seul le Mycoplasma Hominis est uniquement sexuellement transmis.

L EXCES DE BACILLES DE DODERLEIN

Notre bacille de défense peut parfois nous jouer des tours. Lorsque nous sommes stressées, il peut proliférer en quantité trop importante et nous gêner par de petites brûlures, de petites démangeaisons et des irritations lors des rapports sexuels.

On croit à une mycose, on va chercher un ovule en pharmacie qui soulage pour quelques jours et puis la symptomatologie recommence et on s’imagine avoir une mycose mal soignée. Le prélèvement vaginal objective une absence totale de levure  et un excès de bacilles de Doderlein . Il faut prescrire un ovule de Gynopevaryl et puis des cures de Geliofil pour restaurer l’équilibre de la flore ….et prévenir la patiente qu’il pourra y avoir une nouvelle crise lors d’un stress : le baume reflorant Jailis est alors le soin qu’il convient de préconiser. Je n’ai pas l’expérience des tampons Florgynal dans cette « pathologie « .

LE STREPTOCOQUE B

Il ne donne jamais de démangeaisons mais de petites brûlures. Je parlerai dans un prochain billet de ce microbe très dangereux pour un nouveau né le jour de l’accouchement.

Mais le prurit vulvaire peut être dû à des causes non infectieuses, c’est ce que je vais vous expliquer dans mon prochain billet.

Quand ça démange : la mycose

Les démangeaisons vulvaires sont une cause fréquente de consultation.

Dans ce premier billet, je vais vous parler de la cause majeure de prurit vulvaire : la mycose vaginale.

Le candida albicans est partout dans la nature. Nous ne pouvons pas y échapper. Ce qui est anormal, ce n’est pas d’avoir du candida albicans au fond du vagin, mais d’en souffrir.

Pourquoi, tout à coup, le candida albicans nous fait-il souffrir ? Parce que nos défenses immunitaires locales sont débordées.

Comment se fait-il que nos défenses soient débordées ? Alors là, les causes sont nombreuses.

Nos défenses naturelles sont débordées quand notre système immunitaire local fait momentanément défaut en cas de :

stress

état de grossesse

prise de cortisone

fatigue thyroïdienne pas facile à dépister : les dosages sanguins des hormones thyroïdiennes sont grossiers et « loupent » des mini déficiences de cette glande dont l’action est primordiale pour nous protéger

état allergique : ce qui provoque les démangeaisons, ce n’est pas le candida mais la candidine qu’il libère : cette substance est allergisante, c’est pourquoi les personnes souffrant d’allergie (asthme, eczéma) auront des manifestations plus violentes de l’infection à candida. Parfois, la mycose n’est même pas repérée par la femme, c’est son partenaire, allergique, qui se plaint de rougeurs. La gêne du partenaire fait le diagnostic de mycose féminine car il n’existe que le candida pour donner des rougeurs sur le pénis d’un partenaire à la suite d’un rapport sexuel !

Nos défenses immunitaires sont aussi  débordées lorsque les levures se multiplient au millier en cas de :

prise d’antibiotiques : les antibiotiques tuent les mauvais microbes mais aussi les bons, notre vagin n’est plus protégé par sa flore de défense, le candida albicans devient le seul maître des lieux et prolifère

lavages trop fréquents : la mycose est la maladie de la femme propre

port de vêtements serrés ou/et en synthétique : les strings, mais aussi les maillots de bain en lycra, les caleçons, les tenues de sport

augmentation des hormones féminines : certaines patientes ont des mycoses à répétition tous les deux mois jusqu’à la pré ménopause, où les crises s’espocent quand les règles s’espacent aussi

augmentation du taux de sucre dans le sang : les patientes diabétiques sont sujettes plus que les autres aux mycoses

Il existe des « épidémies » de mycose : depuis trente ans que j’exerce, je constate qu’il y a une augmentation des consultations pour mycose par périodes de deux mois. Le candida prolifère à la saison des asperges puis à celle des fraises puis aux vacances avec les baignades puis à la saison des raisins puis lors des épisodes de grippe ou de gastro entérites (avec prise d’antibiotiques).

La mycose est-elle sexuellement transmise ? Oui et non.

Oui, vous pouvez contaminer votre partenaire qui peut faire une réaction allergique à la candidine et présenter des boutons rouges sur le sexe mais la candida n’aime pas la peau des hommes et ne reste pas chez eux : il préfère la cavité chaude et humide qu’est notre vagin.

Non, un homme ne peut pas vous transmettre du candida : le traitement d’un partenaire asymptomatique est inutile.

Oui, un rapport sexuel favorise la mycose car l’échauffement du vagin lors du rapport fait proliférer le candida préexistant et la mycose latente devient alors  symptomatique.

Comment prévenir le candida ou plutôt sa prolifération (puisque vous avez compris qu’il est naturel d’avoir du candida dans nos intestins et dans notre vagin en faible quantité) ?

L’alimentation joue un grand rôle : il faut éviter les laitages frais (yaourts, fromages blancs) et préférer le lait de soja, ne pas manger trop sucré, bien sûr.

L’habillement est aussi important : une de mes patientes qui faisait des mycoses à répétition, a cessé d’en faire du jour où elle a été contrainte par son métier de porter des jupes ! Evitez les protège-slips, ils empêchent votre peau de respirer. L’oxygène et le frais permettent à nos défenses naturelles de s’exercer.

La piscine est un facteur de mycose, non pas parce qu’il y a du candida dans l’eau, mais parce que le chlore favorise le développement de la levure et que l’on porte un maillot en fibre synthétique. Un conseil : en sortant de la piscine, lavez vous bien avec une base lavante,  séchez-vous bien et enfilez un slip en coton. Ne restez pas trop longtemps avec votre maillot si vous êtes sujette aux mycoses.

Evitez les antibiotiques et si vous êtes contrainte d’en utiliser, associez les avec six gélules d’ultralevure par jour ou demandez à votre médecin de vous prescrire de la Fungizone per os afin de débarrasser vos intestins du candida.

La pilule peut  être un facteur de mycose à répétition surtout les pilules oestroprogestatives; les pilules à la progestérone pure comme Cerazette peut rendre service en espaçant les mycoses (mais le résultat n’est pas certain).

Un DIU laissé en place trop longtemps peut garder du candida sur les fils et les traitements antifungiques sont incapables de stériliser un corps étranger. Aussi faut-il penser à changer de DIU en cas de mycoses récidivantes.

Existe-t-il un traitement préventif des mycoses ? Non, pas vraiment.

J’ai proposé à des patientes très gênées par des mycoses à répétition:

des cures de Florgynal : inutile

la pose de tampons Florgynal pendant les règles : inutile

la prise de probiotiques : inutile

Je n’ai trouvé qu’une seule solution efficace pour traiter les mycoses à répétition : un traitement antifungique de longue durée, sur six mois voire un an à base de TRIFLUCAN : 3 cp en prise unique trois fois par mois sur six mois. Ce traitement n’est pas autorisé lorsque l’on souhaite un enfant mais sinon, il est remarquablement efficace. Après six mois de traitement, on fait un break et les rechutes sont exceptionnelles, la patiente est enfin tranquille pendant plusieurs années. Si le traitement n’est pas respecté à la lettre, que la patiente oublie une fois ses comprimés, la mycose rechute et tout est à refaire. Pourquoi ce traitement au long cours est-il efficace ? Parce qu’il débarrasse les moindres recoins de notre corps du candida et que, pendant ce temps là, notre système de défense peut souffler un peu, recharger ses batteries et être opérationnel à la fin du traitement.

Le TRIFLUCAN 150 est vendu sur ordonnance et remboursé. Il existe le même produit vendu sur ordonnance et donc remboursé sous le nom de BEAGYNE que l’on prend trois fois par mois, 1 cp, pendant 6 mois. Autrefois, beagyne était non remboursé et on arrivait à s’en procurer sans ordonnance. Cela semble difficile aujourd’hui où le gouvernement a pris soin d’interdire toute vente de médicament en France par une pharmacie internet basée à l’Etranger.

Bien sûr, il faut utiliser une base lavante douce pour son hygiène intime (un lavage par un gel douche du commerce utilisé inopinément peut déclencher une mycose) mais il n’existe aucun soin d’hygiène intime qui prévient les mycoses à part, peut-être, le gel MYLEUCA : je le prescris depuis un an chez des patientes qui ont des crises fréquentes de prurit vulvaire avec de très bons retours.

Attention : l’industrie pharmaceutique n’a conçu aucun traitement nouveau contre le candida depuis des années. Nous proposons toujours les mêmes ovules depuis quinze ans : inutile de vous dire que le candida est devenu résistant à tous les ovules en vente libre ou non ! Lorsqu’on met un ovule au fond du vagin, seuls 40% des candida sont tués, notre immunité finit le travail.  La fungizone est un produit qui « marche » encore bien mais elle ne se fait pas en ovule. Alors, dans certains cas, je préconise l’apport de fungizone par voie locale en utilisant la fungizone nourrisson en pipelle à raison d’une pipelle au fond du vagin pendant 15 jours et pour certaines patientes allergiques aux ovules habituels, c’est un traitement peu commode mais remarquablement efficace.

Conclusion : le prurit vulvo vaginal mycosique est banal et sans danger, mais provoque un inconfort bien désagréable. Faire une mycose par an est presque normal mais se plaindre de mycose tous les deux mois ne l’est pas. Il faut alors, avant de prescrire le nième ovule, faire un bon diagnostic : un examen cytobactériologique vaginal avec recherche de chlamydiae peut montrer :

que votre mycose cache une infection à chlamydiae qu’il faut soigner pour éradiquer le candida

ou que votre soit disant mycose n’en est pas une !

Tous les prurits vulvaires ne sont pas des mycoses comme je vais vous l’expliquer dans mon prochain billet.

Quand ça saigne pendant la ménopause

Quand est-on considérée comme ménopausée ? Quand on a passé un an sans règles. Au bout de douze mois consécutifs sans avoir vu ses règles, une femme peut se dire ménopausée.

Comment juger que l’on est ménopausée quand on prend la pilule et que l’on a des règles artificielles ? En faisant un dosage de FSH la veille de reprendre sa pilule; il ne faut pas réaliser ce dosage pendant la prise de la pilule, il serait faussé. Un dosage au dessus de 20 indique une ménopause certaine.

Lorsque l’on entre en ménopause….on n’en sort jamais : la ménopause est un état qui ne nous quitte pas jusqu’à notre décès.

Lorsque l’on saigne plusieurs années après le début de sa ménopause, de quoi peut-il s’agir ?

LE RETOUR DES REGLES

est la première explication. Oui, il existe des femmes qui peuvent revoir une ou deux fois leurs règles jusqu’à six ans après la ménopause. Les saignements sont précédés de ballonnements douloureux, de tension des seins, de pertes glaireuses, d’une disparition des bouffées de chaleur. Bien sûr, ce diagnostic ne peut se faire qu’après élimination d’autres causes plus graves de saignements post ménopausiques.

Lorsqu’une femme a eu de l’endométriose ou de l’adénomyose, les saignements seront douloureux comme autrefois. C’est important d’interroger la patiente car ces petits détails orientent sur une cause bénigne : un cancer de l’utérus saigne mais sans aucune douleur.

LE CANCER DU COL DE L UTERUS

C’est une raison exceptionnelle de métrorragies post ménopausiques car, lorsque l’on pratique ses frottis tous les deux ans, il est impossible de faire un cancer du col invasif. Le cancer du col se voit à l’oeil. Le col est fragile, saigne quand on le touche . Il suffit de faire une biopsie pour établir le diagnostic : toujours préférer la biopsie à un frottis qui  peut -être faussement rassurant. Une patiente de 75 ans s’est présentée à mon cabinet pour des saignements : son col était fragile, ses frottis sont revenus normaux, seules les biopsies ont fait le diagnostic…au grand désespoir de ma patiente qui avait été faussement rassurée par les premiers résultats.

LE CANCER DE L INTERIEUR DE L UTERUS ou carcinome de l’endomètre

C’est un cancer de bon pronostic, très facile à dépister par une biopsie de l’endomètre. Il s’agit d’un prélèvement fait au cabinet, un peu douloureux, grace à une sonde à usage unique appelée Pipelle de Cornier. On aspire des morceaux d’endomètre que l’on dépose dans un flacon à remettre au laboratoire d’anatomo pathologie.

Parfois, le col est sténosé : impossible de passer la pipelle à travers l’orifice du col pour aller recueillir de l’endomètre. Il faut confier alors la patiente au chirurgien afin qu’il procède à une hystéroscopie curetage sous anesthésie générale.

L’échographie peut faire suspecter un cancer de l’endomètre : l’endomètre d’une femme ménopausée sans TSH est fin comme une feuille de papier à cigarette. Lorsque cet endomètre est épaissi, irrégulier, il faut penser à une prolifirétion tumorale et faire biopsie ou hystéroscopie curetage pour confirmer le diagnostic. Le diagnostic de certitude est toujours anatomopathologique.

L’IRM est un très bon outil de dépistage mais la certitude est, encore et toujours, du ressort de l’anapath !

LE CANCER DE L OVAIRE

C’est un mauvais cancer, pas facile à dépister. Lorsque tous les examens : frottis, biopsies, hystéroscopie, reviennent négatifs et que les métrorragies reprennent, il est impératif de pousser les investigations jusqu’à débusquer une tumeur de l’ovaire qui sera retirée par une intervention chirurgicale. Le dosage d’un marqueur tumoral spécifique des pathologies de l’ovaire peut être utile : si la CA 125 est élevé, il faut aller jusqu’au P.E.T. Scan voire à l’intervention chirurgicale exploratrice.

LA SECHERESSE VAGINALE

C’est une cause très fréquente de métrorragies post ménopausiques, bien plus fréquente, heureusement, que le cancer de l’utérus ou de l’ovaire.

Le diagnostic est évident : au spéculum, le vagin pleure le sang, littéralement  !

Il suffit de donner POLYGYNAX un ovule pendant 6 jours puis un traitement de fond de la sécheresse par COLPOTROPHINE, un ovule un jour sur deux puis deux fois par semaine à vie pour faire disparaitre à jamais ce problème !

CICATRIDINE un ovule chaque soir pendant 6 jours interrompt les saignements en 48 heures …mais ce traitement n’est pas remboursé.

Il est évident que sous traitement, les métrorragies doivent cesser dans les huit jours et ne jamais se reproduire.

CAUSES RARISSIMES

le cancer de la trompe qui ne se voit qu’à l’IRM

le polype du col

le polype du méat urinaire qui se traite par des applications quotidiennes de crème Colpotrophine

CAUSES IMPOSSIBLES

le fibrome : un fibrome s’éteint avec l’absence des règles. Sans THS, un utérus fibromateux qui saigne est possiblement cancéreux.

l’endométriose : aucune raison que cette pathologie revienne à la surface…sauf retour inopiné des règles !

Conclusion : les saignements post ménopausiques sont le plus souvent bénins, le cancer de l’endomètre arrive troisième position des origines d’un saignement mais c’est un cancer de bon pronostic qui se soigne très bien.

Dans un prochain billet, je vais vous parler des causes d’un prurit vulvaire et des traitements possibles.

Quand ça saigne lors des rapports sexuels : le polype

Les polypes du col passent le plus souvent inaperçus mais peuvent donner des métrorragies provoquées.

Le polype se découvre lors de l’examen du col au spéculum :

Il suffit de prendre une pince adaptée, de pincer le polype entre les mors de la pince et d’effectuer plusieurs rotations : on tire et le polype se détache du col. C’est une manoeuvre totalement indolore. On dépose ensuite le polype dans un flacon pour l’examen anapath. En 30 ans de carrière, je n’ai jamais découvert de polype de l’endocol cancéreux.

Il existe une autre forme de polype : le polype fibreux accouché par le col.

Ce polype porte le nom impropre de polype : il s’agit en fait d’un petit fibrome pédiculé qui a poussé dans la cavité utérine et qui sort par le canal endocervical. Ce polype fibreux est plus gros que le polype muqueux de l’endocol et ne peut être retiré que sous anesthésie générale par un chirurgien, et sous hystéroscopie.

Il existe de rares cas de cancers de l’intérieur de l’utérus qui se présentent comme des polypes accouchés par le col.

Lorsque je découvre un polype du col, je dois rechercher un polype à l’intérieur de l’utérus : c’est facile grâce à l’échographie. Voici des échographies de polype intra utérin:

Tout polype intra utérin doit être retiré chirurgicalement par curetage ou par hystéroscopie, car il peut s’agir d’un début de cancer de l’endomètre.

Nous avons vu plusieurs causes de saignements lors des rapports sexuels: l’ectropion fragile, l’infection cervicale, le polype, le cancer du col. Il faut ajouter à la liste le nodule d’endométriose du col. L’endométriose peut se nicher n’importe où : une cicatrice d’appendicectomie, la cloison entre le vagin et le rectum, l’intérieur du muscle utérin et aussi le col de l’utérus donnant des petits nodules rouges ou bleutés (parce qu’ils sont remplis de sang) qui s’écorchent au moment des rapports, surtout en deuxième partie de cycle : c’est à ce moment que les nodules sont le plus gorgés de sang. Le traitement médical est une contraception par progestatifs purs et puissants comme le Lutenyl.

Il existe aussi des saignements dont on ne trouve pas l’origine : toutes nos explorations (frottis, examen attentif du col au spéculum, prélèvements bactériologiques, biopsies ) sont négatives. Un traitement cicatrisant par les ovules de CICATRIDINE ne donne aucun résultat. Un traitement antibiotique par CIFLOX  8 jours non plus. Alors il faut proposer le LUTENYL 20 jours sur 30 : c’est remarquable, le col ne saigne plus, ni à l’écouvillonage ni lors des rapports sexuels.

Il est nécessaire de poursuivre ce traitement pendant plusieurs années. A la ménopause, le col ne saignera plus …mais ce sera peut-être le vagin qui prendra le relais !

Mon prochain billet sera consacré aux saignements chez les femmes ménopausées.

Quand ça saigne lors des rapports sexuels : l’infection du col

L’infection du col est une cause très fréquente de saignements spontanés ou lors des rapports sexuels. Lorsqu’une patiente se plaint de métrorragies provoquées, il faut penser immédiatement à la possibilité d’une infection et faire les prélèvements adéquats pour rechercher la cause majeure de la fragilité du col : l’infection du canal cervical par la bactérie chlamydiae trachomatis. Il faut aussi faire le diagnostic de cette infection sournoise quand on saigne spontanément et ne pas toujours penser qu’il s’agit de la pilule qui ne convient plus !

Cette petite bactérie passe souvent inaperçue et il faut savoir la repérer à de petits signes

du pus sort de l’orifice du col ou

le col se met à saigner dès qu’on le touche avec un écouvillon

mais, parfois, il n’y a aucun signe clinique : il faut rechercher le chlamydiae dès qu’une patiente présente des saignements même si son col nous parait normal.

On fait alors un prélèvement bactériologique à apporter immédiatement au laboratoire car le chlamydiae est fragile. Hélas, les résultats ne sont pas toujours probants car cette bactérie à la particularité d’avoir des cycles : un cycle « d’incubation » où on ne peut la dépister et un cycle de « sortie »où on la piège au laboratoire. C’est pourquoi, quand un col saigne à l’écouvillonnage,  je prescris volontiers un traitement antibiotique ( zithromax monodose, ciflox, oflocet) afin d’enrayer l’infection à son tout début….même si les résultats bactériologiques reviennent négatifs. Le chlamydiae est un microbe qui peut remonter dans l’utérus puis les trompes et les boucher rendant la patiente stérile. L’infection à chlamydiae se prévient fort bien par le port du préservatif….mais la plupart de mes patientes n’utilisent plus les préservatifs dès que le test HIV de leur partenaire revient négatif, mais le chlamydiae n’est pas le HIV, il ne se dépiste pas par prise de sang ! Le chlamydiae passe inaperçu chez l’homme et c’est en tout innocence qu’il contamine sa partenaire.

Voici un col infecté avec du pus qui coule de l’endocol

Il faut, en voyant un tel col, faire un prélèvement à la recherche de chlamydiae et traiter immédiatement.

Les infections vaginales à candida, trichomonas, colibacilles, streptocoque, ne donnent jamais un col friable. Ces infections restent dans le vagin et ne remontent pas dans l’utérus.

Le mycoplasme est aussi une petite bactérie qui se loge dans le col de l’utérus mais elle ne le fait jamais saigner.

L’herpès est un virus qui peut s’accrocher au col de l’utérus et il est très difficile à repérer dans ses formes frustres. L’infection herpétique du col passe souvent inaperçue. Il est vraisemblable qu’il existe des saignements du col liés à des infections herpétiques qu’on ne dépiste pas toujours.

Le virus HPV ne fait jamais saigner le col. Vous le savez maintenant, c’est une infection asymptomatique même au stade du cancer in situ ! Ce n’est que lorsque le cancer est invasif qu’il fait saigner le col. Voici une image de col porteur d’un cancer : la lésion va saigner, et lors des rapports sexuels, et lors de mon examen.

Je vous rappelle qu’il est impossible de présenter un tel cancer si on réalise ses frottis tous les ans voire tous les deux ans. Cette image est celle d’un col d’une femme qui n’a pas été correctement suivie. Le diagnostic se fait par les frottis et par une biopsie.

Voici donc trois causes de métrorragies provoquées : deux causes très fréquentes (l’ectropion et l’infection endocervicale) et une cause très rare de nos jours (le cancer invasif du col)  Dans le billet suivant, je vais vous exposer une quatrième cause de saignements lors des rapports sexuels : le polype.

Quand ça saigne lors des rapports sexuels : première partie

Parfois, il existe des saignements lors des rapports sexuels, c’est ce qu’on appelle dans notre jargon médical, des métrorragies provoquées.

Je laisse volontairement de côté les hémorragies liées à

la déchirure d’un hymen charnu lors de la défloration

ou à la déchirure d’une paroi vaginale lors d’un rapport un peu trop puissant

Non, je veux évoquer des saignements plus ou moins importants qui surviennent pendant l’acte sexuel et qui sont dérangeants pour les deux partenaires.

Il existe plusieurs causes à ces saignements et, à chaque cause, son remède.

L ‘ ECTROPION

La muqueuse qui recouvre le col de l’utérus est la même que celle qui tapisse le vagin. C’est une muqueuse très solide aussi solide que celle de l’intérieur de nos joues.

Voici l’image d’un col normal : vous voyez la muqueuse beige rosée qui recouvre l’extérieur du col jusqu’à l’orifice externe qui marque l’entrée dans le canal cervical.

Dans le canal cervical, la muqueuse est totalement différente : elle est de couleur rouge, il s’agit d’une muqueuse riche en glandes (celles qui fabriquent la glaire), très fragile, aussi fragile que la muqueuse qui tapisse l’intérieur de nos paupières.

Lorsque cette muqueuse glandulaire sort du canal cervical pour tapisser l’extérieur du col, elle se fragilise au contact des microbes, de l’air et lors des rapports sexuels. Cette muqueuse peut s’infecter avec des germes de passage totalement bénins, des globules blancs viennent faire le ménage . L’ectropion donne alors des pertes abondantes parfois sanguinolentes. Il existe une inflammation chronique absolument bénigne (l’ectropion ne favorise pas l’infection à papilloma virus) mais très dérangeante à cause des pertes…et des saignements possibles lors des rapports sexuels.

Voici l’image d’un col normal suivie de celle d’un col porteur d’un ectropion

Pourquoi la muqueuse de l’endocol quitte-t-elle sa localisation première pour gagner la surface externe du col? Nous ne le savons pas bien mais la présence d’un ectropion est toujours en corrélation avec les hormones féminines. Lorsqu’une femme s’approche de la ménopause, la muqueuse glandulaire regagne l’endocol et l’ectropion disparaît.

Comment soigne -t-on un ectropion ? Il faut brûler la muqueuse glandulaire . A la repousse, c’est une muqueuse normale, solide, qui couvrira le col. On brûle l’ectropion par thermocoagulation ou par cryothérapie ou par vaporisation laser. Toutes ces méthodes sont indolores mais ne doivent être effectuées qu’après s’être assuré qu’il n’y a pas une infection HPV avec dysplasie sur cet ectropion!

L’ectropion est favorisé par les hormones féminines, les grossesses, les accouchements par voie basse. Les femmes qui ont, depuis leurs premiers rapports, une contraception à base de progestérone pure ne développeront pas d’ectropion…et celles qui approchent de la ménopause le verront disparaître

Pour résumer, l’ectropion est une anomalie fort bénigne du col de l’utérus mais qui entraîne de petits désagréments : pertes blanches (ou jaunes) abondantes, métrorragies provoquées et frottis toujours inflammatoires.

Les ovules de CICATRIDINE peuvent être précieux car ils soignent le col et limitent les saignements mais le traitement radical reste l’électrocoagulation.

Il n’est pas facile de trouver un gynécologue ayant le matériel d’électrocoagulation aussi beaucoup de femmes sont obligées de prendre leur mal en patience.

Sachez qu’il existe des tampons vendus sur Internet, nommés Soft tampons, que la femme peut utiliser juste avant le rapport sexuel. Ce sont des tampons de mousse qui font barrière et permettent au sang de ne pas couler lors du rapport ce qui le rend plus confortable !

Dans mon prochain billet, je parlerai d’une autre cause de saignements lors des rapports sexuels : l’infection du col.

Les fibromes et la douleur

Qu’est ce qu’un fibrome ? C’est, pour le dire très simplement, un tortillon de fibres musculaires.

Les fibres musculaires de notre utérus sont rangées de façon parallèle. Pour des raisons encore mal connues, ces fibres peuvent s’entortiller sur elle mêmes et former un nodule fibromateux. Voici une échographie d’un utérus normal et celui d’un utérus porteur d’un fibrome :

La  différence de texture du muscle est évidente.

Ces noyaux fibromateux peuvent être uniques ou multiples et se localiser dans toutes les parties de l’utérus : en haut, au milieu, au centre touchant alors la cavité utérine

Selon la localisation du ou des noyaux, il y aura des signes cliniques (des hémorragies si les noyaux sont situés près de la cavité utérine ) ou rien du tout : le diagnosctic de fibrome se fera lors de l’examen gynécologique. Au toucher vaginal, l’utérus est dur, bosselé et augmenté de volume. Une échographie montre le nombre des nodules fibromateux, leurs dimensions et leur localisation. En répétant l’échographie chaque année, on mesure l’évolution, ou non, des fibromes.

La conséquence principale de la présence de nodules fibromateux, c’est l’hémorragie menstruelle appelée dans notre jargon médical, ménorragie.

Tous les utérus fibromateux ne donnent pas de ménorragies mais lorsqu’une patiente se plaint de l’augmentation récente du volume de ses règles, on doit penser immédiatement à la présence d’un ou de plusieurs nodules fibromateux dans l’utérus et les repérer par échographie. Je parlerai dans un billet prochain consacré aux hémorragies plus longuement du fibrome. Aujourd’hui, je consacre ce billet à la douleur pelvienne et la participation d’un fibrome dans l’origine de la douleur.

Les fibromes sont très rarement douloureux.

La douleur brutale, violente dans le bas du ventre d’une femme porteuse d’un utérus fibromateux doit faire penser à la nécrobiose aseptique d’un noyau fibromateux. C’est une complication très rare d’un nodule fibromateux. Qu’est-ce qu’une nécrobiose aseptique ? Il s’agit d’un infarctus du noyau fibromateux : brutalement, la circulation sanguine s’interrompt et le noyau meurt. Cet infarctus du myomètre est l’équivalent de l’infarctus du myocarde….sans le même pronostic vital mais avec la même intensité douloureuse.

Le diagnostic se fait à l’interrogatoire et à la palpation. Les anti inflammatoires sont les seuls traitements efficaces avec repos et glace sur le ventre. Quand cet infarctus survient sur un fibrome pendant une grossesse, la patiente doit hélas supporter sa douleur car les anti inflammatoires sont interdits pendant la grossesse. Il est tout à fait possible d’être enceinte avec un utérus porteur d’un fibrome mais il faut prévenir la patiente que les hormones de la grossesse augmenteront la taille du fibrome et qu’il deviendra peut-être douloureux voire très douloureux.

Il existe aussi des douleurs pelviennes chroniques sur certains utérus fibromateux, douleurs qui entraînent une dyspareunie profonde. Je considère qu’il existe 20 % d’utérus fibromateux douloureux alors que l’adénomyose est, à 80%,une pathologie utérine douloureuse.

Les douleurs liées à un fibrome, que ce soit des douleurs aigues, des douleurs chroniques, des dysménorrhées, sont accessibles aux anti inflammatoires (Cebutid, Naprosyne, Toprec, Ponstyl) mais ces produits ne sont pas sans danger pour la fonction rénale.

Existe-t-il un traitement contre les fibromes ? Pas vraiment, nous savons aller sur la Lune et bientôt nous irons sur Mars, mais nous n’avons pas trouvé de médicament efficace pour faire régresser les fibromes. La ménopause, non traitée par des hormones, va faire régresser le fibrome car l’absence d’hormones féminines  fait fondre le fibrome comme neige au soleil. Des chercheurs ont découvert une molécule anti progestérone très prometteuse pour soigner les fibromes mais il se trouve que cette molécule a des propriétés abortives. Il est donc impossible de la commercialiser pour un usage banal car la prescription serait détournée de son usage.

Que peut-on proposer pour éviter qu’un fibrome ne grossisse et ne devienne gênant ?

Un traitement homéopathique de FOLLICULINUM 30 CH , trois granules tous les soirs est intéressant mais très astreignant : j’ai constaté par échographie,  des arrêts de progression d’un fibrome chez des patientes utilisant cette thérapeutique.

L’ostéopathie est inconstamment efficace mais peut être proposée chez des patientes rétives à tout traitement médical ou chirurgical. J’ai observé dans ma carrière un cas de fibrome hémorragique dont on a reculé la date d’intervention puis annulé la chirurgie grâce à deux séances d’ostéopathie.

La progestérone a des résultats inconstants : disons qu’elle soigne dans un cas sur deux et permet d’attendre la ménopause qui réglera définitivement cette pathologie toujours bénigne. Le LUTERAN 10 donné 20 jours par mois est plus efficace que le LUTENYL qui peut parfois majorer les hémorragies.

La chirurgie conservatrice ( myomectomie) ne peut être proposée que

chez la femme jeune

lorsqu’il n’existe qu’un seul noyau fibromateux

L’avantage de ne retirer que le fibrome est de garder l’utérus, le désavantage c’est que l’intervention est délicate, à ne réserver qu’à des chirurgiens entraînés…et que le fibrome peut repousser à l’identique deux ans plus tard ! Les hémorragies récidivent et tout est à refaire. On retire le noyau fibromateux par coelioscopie s’il est situé à proximité de la surface utérine ou, le plus souvent, par hystéroscopie : il s’agit, alors, d’une intervention délicate. Un simple curetage serait totalement inefficace.

L’embolisation utérine : il s’agit de bloquer la circulation utérine des fibromes par des petites billes de silicone. On réalise un infarctus utérin pour faire « mourir » le fibrome. L’intervention se fait en ambulatoire mais avec une prescription de morphine après. Tous les fibromes ne sont pas susceptibles de bénéficier d’une telle intervention. Je ne suis pas une fan de cette intervention car les résultats ne sont pas exceptionnels : il existe des récidives dans un cas sur deux aussi je ne propose cette alternative à la chirurgie radicale qu’aux patientes qui refusent obstinément de perdre leur utérus.

La chirurgie radicale consiste en une hystérectomie simple, en laissant le col de l’utérus s’il est sain, et les ovaires. Cette intervention se fait sous coelioscopie avec une petite incision sus pubienne pour faire passer l’utérus fibromateux sans son col ou sans incision si on retire tout l’utérus que l’on extrait alors par voie vaginale.

Après l’hystérectomie, la patiente n’a plus de règle ni de douleur mais conserve son cycle hormonal (pas de bouffées de chaleur, pas de prise de poids, pas de troubles sexuels, pas de sécheresse vaginale, parfois des douleurs des seins périodiques ou des ovulations douloureuses).

Il existe trois types de patientes

Celles qui souffrent tellement d’hémorragies menstruelles douloureuses, qu’elles ont hâte d’être débarrassée de leur utérus à problème et me réclament une chirurgie radicale. 99% de mes patientes qui se sont fait opérer, sont ravies de leur choix et certaines m’ont dit « Docteur, si j’avais su, je l’aurais fait plus tôt ! ».

Celles qui souffrent, mais refusent de perdre leur utérus, symbole de leur féminité. Ces femmes là, si on les force, risquent de faire une dépression grave en post opératoire. Je suis une patiente de 44 ans qui porte un volumineux utérus polymyomateux de la grosseur d’un pamplemousse, utérus qui lui provoque des hémorragies épuisantes de 10 jours par mois : impossible de lui faire entendre raison, elle refuse l’intervention. Il faut dire qu’elle n’a pas eu d’enfant et je crois que le fait de garder son utérus l’empêche de faire le deuil d’une maternité qu’elle ne connaîtra jamais. Elle est attachée sentimentalement à cet utérus et tant pis pour les hémorragies. Il faut respecter ce choix puisque l’on sait qu’un fibrome ne cancérise jamais. Certaines patientes arrivent à la ménopause sans qu’on ait eu besoin d’un geste radical et me sont reconnaissantes des soins que je leur ai prodigués. D’autres, chez qui les traitements conservateurs ont échoué, se résignent à l’intervention et tout le temps passé en traitements médicaux a permis au projet de mûrir.

Le troisième type de patientes est le plus fréquent : des femmes indécises

A nous de dialoguer avec nos patientes, de bien vérifier leur plein et entier consentement à l’intervention sinon gare à la dépression ! Il faut parfois un an pour faire le deuil d’un utérus, un an de mini déprime qui va donner une fatigue inexpliquée et une libido dans les chaussettes !

C’est notre utérus par le sang des règles qui nous fait femme, c’est l’utérus qui par le nid de l’embryon nous fera mère, c’est donc un organe de première importance symbolique à ne pas considérer comme l’appendice ! Mais ce n’est pas non plus une raison de garder ce précieux organe s’il est abîmé à nous en rendre malade !

Sachez que si vous gardez votre utérus fibromateux, il vous faudra renoncer au traitement substitutif hormonal même le plus léger, car les hormones féminines sont des engrais à fibromes et vous redonneront douleurs et, surtout, métrorragies voire hémorragies. Le Livial peut être proposé mais il est cher et la DHEA ,  sans incidence sur les fibromes, ne traite pas les bouffées de chaleur. Paradoxalement, pour rester femme le plus longtemps possible, il faut parfois accepter de se séparer de son utérus…

Ovaires micro kystiques et dyspareunie

Ce billet est consacré à la douleur pelvienne et à la dyspareunie profonde conséquences d’ovaires micropolykystiques. La présence d’une grande quantité de follicules peut rendre l’ovaire excessivement douloureux et spontanément et au toucher vaginal et lors des rapports sexuels.

Pourquoi certaines femmes ont des ovaires micropolykystiques et pas d’autres ? Nous n’en savons rien.

Les ovaires sont censés fabriquer un ou deux ovules à partir d’une quarantaine de follicules qui se mettent à grossir dès la fin des règles sous influence de LH et FSH,  deux  hormones hypophysaires de commande des ovaires. Pour qu’il y ait une ovulation réussie, il faut que la plupart des follicules qui ont démarré leur croissance ce cycle ci, cessent de le faire pour ne laisser grandir qu’un ou deux follicules qui deviendront des ovules. Si tous les follicules grandissent en même temps, qu’il n’y a pas prééminence d’un follicule sur les autres, il n’y aura pas d’ovulation ou alors une ovulation douloureuse. Tous ces follicules qui poussent en même temps , ce sont les fameux microkystes dont je parle.

Des règles pourront arriver à bonne date mais sans ovulation préalable. La commande hypophysaire est très fine et le travail des ovaires très pointu pour qu’une ovulation réussisse !

Quand les ovaires fonctionnent bien, la femme ne ressent aucune douleur pendant son cycle ou alors de très vagues douleurs. Quand les ovaires sont paresseux et ne lancent aucun départ de follicule, la femme n’a aucune douleur mais n’a pas ses règles puisque ses ovaires sont au repos. Quand les ovaires travaillent trop, quand de multiples follicules se pressent sous « l’écorce » des ovaires, ces derniers seront douloureux et s’il y a ovulation, elle sera très douloureuse et la douleur persistera de l’ovulation jusqu’au règles. C’est ainsi que des femmes ayant des ovaires hyperactifs, polykystiques, ne ressentent de bien être que les cinq premiers jours de leur cycle. Les règles sont douloureuses puis il y a une accalmie et enfin les douleurs repartent un peu avant l’ovulation jusqu’aux règles suivantes.

Ces ovaires polykystiques sont fréquents chez les jeunes filles en post puberté : c’est normal, la commande hypophysaire n’est pas encore au point. La plupart du temps, les mamans inquiètes font soigner leur fille et la pilule, qui bloque les ovaires, résoud transitoirement le problème. Sous pilule, les microkystes disparaissent…et les douleurs aussi. Mais pas toujours pour longtemps.

Il existe des jeunes femmes qui souffrent de leur ventre au bout de cinq ans d’une pilule jusque là bien tolérée : les microkystes sont revenus : il faut alors penser au diagnostic très facile à faire puisque l’échographie est parlante comme vous pouvez le constater sur les images ci après.

Voici un ovaire et un utérus normaux

Voici des échographies d’ovaires polykystiques

Certains de ces follicules peuvent éclater ce qui provoque une douleur violente qui amène souvent la patiente aux Urgences.

Il est donc très facile de faire le diagnostic d’ovaires polykystiques et de proposer un traitement bloquant des ovaires. Il faut proposer un progestatif puissant comme le LUTENYL 20 jours par mois sur un mois ou six mois et prendre le relais par une pilule. La pilule agit sur les ovaires en freinant considérablement la secrétion hypophysaire de FSH et LH ce qui bloque la formation de ces kystes; les douleurs pelviennes et la dyspareunie disparaissent.

Lorsqu’ une patiente a déjà fait un passage aux Urgences pour kyste fonctionnel rompu, il faut lui conseiller une contraception adaptée. Le DIU au cuivre n’est pas du tout le bon moyen de contraception d’une femme aux ovaires polykystiques : d’ailleurs certaines patientes qui ont abandonné la pilule pour un stérilet, sont parfois obligées de faire retirer leur DIU et reprendre la pilule car leurs ovaires se sont mis à être très douloureux. Il existe, sous DIU, des douleurs violentes que l’on nomme coliques expulsives : elles sont aussi intenses que des douleurs d’accouchement et surviennent un ou deux jours par mois en milieu de cycle. Les anti inflammatoires sont efficaces mais pas la paracétamol ni le spasfon. Quand on examine ces patientes au décours de l’épisode douloureux, on voit bien des ovaires porteurs de multiples follicules. Les ovaires kystiques fabriquent beaucoup d’oestrogènes à l’ovulation et cette poussée hormonale peut déclencher des contractions utérines, brèves mais violentes.

Les ovaires kystiques sont des ovaires hyperactifs. Avec le temps qui passe, les ovaires travaillent moins et retrouvent une activité normale donc indolore. Il existe cependant quelques cas de femmes en préménopause qui présentent des douleurs pelviennes brutales alors que, jusqu’alors, leurs cycles se passaient sans problème majeur. Il s’agit, bien sûr, de patientes ne prenant pas la pilule. J’ai un traitement radical à leur proposer : des injections de Décapeptyl pour provoquer une ménopause chimique avec apport hormonal léger afin d’éviter les bouffées de chaleur (c’est ce qu’on appelle une « add back thérapie »). Les douleurs cessent dès le premier mois de traitement, mes patientes peuvent alors mener une vie normale.

Quelques mois d’injections suffisent et on prend le relais jusqu’à la ménopause par une pilule. Ces cas de violentes douleurs ovariennes en préménopause sont très rares, heureusement, car mon traitement très efficace, est fort coûteux pour notre malheureuse sécurité sociale… et je le prescris hors AMM car seule l’endométriose est une pathologie gynécologique ayant l’autorisation d’utilisation du Décapeptyl, et la pathologie des ovaires kystiques douloureux (et terriblement douloureux) des femmes de la cinquantaine n’ont pas cette autorisation de traitement.

Peut-on proposer une médecine alternative dans cette pathologie bénigne mais douloureuse des ovaires kystiques ? Oui, il existe des traitements phytothérapiques à base d’huile d’onagre et d’huile de bourrache qui soulagent les patientes. Les résultats sont satisfaisants sans égaler la thérapeutique hormonale. Ces thérapeutiques douces sont sans effet sur les douleurs des kystes des ovaires des femmes de la cinquantaine.  Je les réserve aux femmes plus jeunes qui ressentent des douleurs pelviennes d’intensité moyenne…et à toutes celles qui souhaitent un enfant puisque tout traitement hormonal puissant bloque les ovulations.